Delegation of the European Union to Malaysia

Éthiopie: déclaration à la presse du haut-représentant/vice-président Josep Borrell à la suite de la visite qu'il a effectuée à Addis-Abeba pour un projet financé par l'UE

Addis Ababa, 28/02/2020 - 18:57, UNIQUE ID: 200228_42
Press releases

Seul le texte prononcé fait foi!

Il y a toujours des critiques à faire, quand on voit qu’ici à Addis Abeba 80% des jeunes gens n’ont pas de travail, voir qu’on a la possibilité d’offrir pour un salaire sans doute bas par rapport à nos standards mais digne par rapport aux standards éthiopiens, c’est un pas en avant. Et puis la migration doit être un phénomène régulé, on ne peut pas accepter l’immigration irrégulière, il faut faire un « dow desk » il faut aider au développement d’une façon que les jeunes éthiopiens puissent rester travailler chez eux. C’est de cela que le pays a besoin, c’est cela que les autorités nous demandent. Nous ne vivons pas dans un monde parfait. Essayer de réguler les migrations en échange de l’aide au développement c’est une des façons d’aider ce pays à aller de l’avant.

 

Q. Si on donne de l’argent pour que les gens restent ici ils vont plutôt venir en Europe parce qu’ils ont de l’argent pour faire le voyage.

 

On peut toujours chercher des contre-indications à ce que l’on fait. Il n’y a pas de politique parfaite. Il faut donner du travail aux gens ici. Et plus ils seront contents ici, moins ils auront envie d’aller en Europe. Ou alors qu’est-ce qu’on propose ? On propose de les garder dans la pauvreté pour les empêcher de voyager ? Non. Il faut les aider au développement local. Tous les Ethiopiens n’ont pas de place en Europe. Nous avons besoin de beaucoup [d’Ethiopiens] mais beaucoup doivent rester ici, il faut leur donner les outils de travail, il faut leur donner le capital, le savoir-faire. La force de travail est là mais les bras à eux seuls ne sont pas capable de développer une économie quantitative, compétitive. Ils ont besoin de machines, ils ont besoin de [formation] et c’est cela que la coopération européenne peut apporter.

 

Q. Puis-je vous poser une question au sujet de votre intervention d'hier sur le fonds pour la paix et la fourniture d'armes pour faire taire les armes? Pour certains, cela peut paraître très controversé puisqu'il ne s'agit pas du rôle habituel de l'UE, mais ce que vous avez dit hier a été particulièrement interpellant.

 

Nous ne sommes pas ici pour faire la guerre, mais pour aider les gens à se défendre. Vous savez, quand un camion arrive dans un village et se met à tuer tout le monde à coup de rafales de mitrailleuse, ce n'est pas en faisant des sermons qu'on va les arrêter. Faisons preuve de moins d'angélisme et ayons les pieds sur terre. C'est une guerre que nous menons, et quand on est en guerre, on doit la faire. Bien entendu, nous voulons y mettre un terme, et nous voulons la gagner en gagnant la paix. Mais vous ne parviendrez pas à attirer des investissements et à bâtir un pays s'il n'y a pas de sécurité. Or la sécurité passe par la force et la force passe par des armes. L'Union européenne n'est pas une union militaire, elle n'est pas là pour faire la guerre, mais puisque nous entraînons des soldats et les envoyons se battre, il ne vaut pas mieux qu'il soient équipés comme il faut?

 

Q. Et qu'en est-il du fonds pour la paix?

 

Le fonds pour la paix sera en mesure de fournir des équipements [aux partenaires]. Nous sommes en train d'organiser des entraînements, mais vu le nombre de blessés, il apparaît clairement que pour se battre, il faut être équipé correctement - ce qui n'est pas le cas. Quand on voit que les troupes au Sahel ont perdu 1 500 hommes et femmes au combat l'année dernière, cela signifie qu'il leur faut plus d'entraînements, mais aussi plus d'équipements. Quand on va se battre, on doit disposer du matériel adéquat, sinon cela relève un peu de l'hypocrisie.

 

Lien vers la vidéo: https://audiovisual.ec.europa.eu/fr/video/I-185524

 

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