Délégation de l'Union européenne auprès de la République de Madagascar et de l'Union des Comores

Madagascar et l’UE

12/05/2016 - 14:21
EU relations with Country

Les relations entre Madagascar et l’Union européenne (UE) prennent place dans le cadre de l’accord de Cotonou qui établit un partenariat complet reposant sur la coopération politique, la coopération économique et commerciale et la coopération au développement.

Le cadre juridique des relations entre Madagascar et l’UE est régi par l’Accord de Cotonou entre l'UE et 79 pays d’Afrique, Caraïbes, Pacifique (Accord de Cotonou). L'accord est centré sur l’objectif de réduction et, à terme, d’éradication de la pauvreté tout en contribuant au développement durable et à l’intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale. Le respect des droits de l’homme, les principes démocratiques, l’Etat de droit et la bonne gouvernance sont les éléments essentiels de l'Accord.

La Délégation de l'Union européenne assure le suivi des relations bilatérales dans les domaines des relations politiques, économiques, commerciales et de coopération. Dans ce contexte elle mène un dialogue politique avec les autorités, défini à l’article 8 de l’Accord de Cotonou, pour échanger des informations, encourager la compréhension mutuelle, et faciliter la définition de priorités communes. Le dialogue porte en premier lieu sur les valeurs et principes fondamentaux partagés par l’UE et par Madagascar et sur toutes questions d’intérêt général ou régional, dans des domaines tels que la consolidation de la paix, la sécurité, la prévention des conflits, la réponse aux situations de fragilité, la migration, le terrorisme, le commerce des armes, la drogue et  la criminalité organisée.

Le dialogue politique régulier au titre de l’article 8 de l’Accord de Cotonou existe depuis 2003 sous forme de rencontres semestrielles entre les autorités malgaches et l’UE. La première réunion du dialogue politique entre l’UE et Madagascar depuis le retour à l’ordre constitutionnel au niveau du Président, a eu lieu le 6 février 2015. Ces réunions sont complétées par des réunions du dialogue politique au niveau du Premier Ministre, et par des réunions avec les ministres sectoriels.

Dans le domaine économique, l’UE entretient des relations étroites avec Madagascar à travers des instruments de coopération, de dialogue régulier, et des accords spécifiques. Ces relations prennent place dans le cadre de trois accords:

  • l’Accord de partenariat économique (APE), signé en 2009 et dont l'application provisoire de a commencé en 2012. l'Accord de Cotonou a prévu des accords commerciaux compatibles avec l'OMC et menant à la libéralisation des échanges entre les parties : les Accords de Partenariat Economique (APE). Les APE recherchent un nouveau type de relation commerciale entre l'UE et les ACP, fondée sur un partenariat pour le développement et non pas sur l'octroi de préférences non réciproques. Madagascar a signé cet accord en même temps que les Seychelles, Maurice et le Zimbabwe. L'APE précise que la libéralisation se fera de manière asymétrique et il couvre trois domaines principaux: l'accès au marché, la pêche, la coopération économique et au développement. Madagascar bénéficie actuellement de plusieurs appuis pour la mise en œuvre de l'APE.
  • l’Accord de Cotonou, signé en 2000, dont l’objectif est, à terme, d’éradiquer la pauvreté et de contribuer au développement durable et à l’intégration progressive des pays signataires dans l’économie mondiale.
  • l’Accord de pêche de 1986 auquel sont liés des protocoles d’accord.

Selon Institut National de la Statistique à Madagascar (INSTAT) : entre 2007 et 2015, l'UE reste le premier partenaire commercial de Madgascar. 39% des échanges se faisaient avec l'UE en 2007 contre 31% en 2015.

Près de 60% des exportations se font vers l'Europe en 2007 contre 44% en 2015. La part des produits miniers prend une place de plus en plus importante dans les exportations de Madagascar (de 20 à 25%) à partir de 2012. L'UE importe essentiellement des produits primaires de Madagascar (52%) et des produits manufacturés (Textile et habillement majoritairement) (47,4%).

27% des importations proviennent de l'UE en 2007 contre 21% en 2015. L'UE exporte des produits manufacturés (machines et équipement de transport, produits chimiques, etc.) (78,7%) et des produits primaires (17%) vers Madagascar.

Selon le Fonds Monétaire International (FMI), en 2014 les cinq premiers partenaires commerciaux de Madagascar sont: l'UE, la Chine, l'Afrique du Sud, l'Inde et les Etats-Unis. Madagascar se trouve au 96ème rang en termes d'échanges avec l'UE. Entre 2007 et 2013, la balance commerciale entre Madagascar et l'UE est excédentaire sauf en 2008.

Toujours en 2014, les cinq premiers partenaires à l'importation sont: la Chine, l'UE, l'Inde, Bahrein et Maurice. Les cinq premiers partenaires à l'exportation, en 2014, sont: l'UE, les Etats-Unis, l'Afrique du Sud, le Japon, la Corée du Sud. La Chine vient en sixième position.

L'APE intérimaire signé en 2009 entre Madagascar et l'UE couvre l’accès au marché, la pêche et la coopération au développement, et également des chapitres sur les règles d’origine, sur la défense commerciale et les mécanismes de règlements des différends.

L’Union européenne est l’un des premiers donateurs d’aide publique au développement à Madagascar, le Fonds européen de développement (FED) en étant le principal instrument financier. Le FED est mise en œuvre dans le cadre d’un document de programmation conjoint, le Programme indicatif national (PIN).

Le PIN lié au 11e FED couvre la période 2014-2020 pour un montant indicatif de 518 millions d'euros. Son objectif principal est de lutter contre la pauvreté, à travers le renforcement de la bonne gouvernance, et la promotion d'une économie durable au service de la population. Trois secteurs de concentration, complémentaires, ont ainsi été retenus:

  • la gouvernance et le renforcement des politiques publiques,
  • les infrastructures en support au développement économique,
  • le développement rural.

Dans le domaine du développement, l'UE est également présente à Madagascar à travers les interventions financées par la Banque européenne d'investissement (BEI), et les aides bilatérales de ses États membres. À ces aides s'ajoutent les financements de l'UE aux programmes verticaux dont bénéficie Madagascar, comme le Fonds global pour l'éducation et l'alliance GAVI pour la vaccination.

En conformité avec l'accord de Cotonou, le PIN réserve une allocation indicative de 8 millions d'euros destinée au soutien et à l'engagement des organisations de la société civile.

Les pays d’Afrique australe et de l’océan Indien sont régulièrement affectés par des catastrophes naturelles. Madagascar, qui est le 5ème pays le plus vulnérable au changement climatique (classement Maplecroft de 2012), fait face depuis plusieurs années à une multiplication d'évènements extrêmes liés aux variabilités climatiques qui génèrent régulièrement des situations d'urgence humanitaire. L’agriculture étant le principal moyen de subsistance pour la majorité des malgaches, les mauvaises saisons aggravent l'insécurité alimentaire et la malnutrition d'une grande partie de la population. Les cyclones, et les inondations qu’ils provoquent, contaminent les sources d’eau et les eaux stagnantes, ce qui augmente les risques d’épidémies, notamment de choléra et de paludisme.

La politique humanitaire européenne est mise en œuvre par la Direction générale de l’aide humanitaire et de la protection civile (DG ECHO). Depuis 2008, la DG ECHO soutient aussi des initiatives de réduction des risques de catastrophe et de renforcement de la résilience des populations. Il s’agit de mieux préparer les communautés et les institutions des zones exposées à:

  • prévenir les catastrophes et y répondre,
  • améliorer les systèmes d’alerte rapide et les capacités locales de réaction,
  • élaborer des mécanismes adaptés pour atténuer l’impact des catastrophes.

La DG ECHO soutient également l’introduction de techniques agricoles adaptées, de semences améliorées et de variétés nouvelles, en vue de renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, dans les zones de la région les plus touchées par l’insécurité alimentaire.

La DG ECHO, en coopération avec ses partenaires, assure le suivi régulier de la situation humanitaire à Madagascar. En cas d’urgence, et sur base d’une évaluation des besoins, elle peut décider de financer des opérations humanitaires pour subvenir aux besoins immédiats en termes de nourriture, d’accès à l’eau et à l’assainissement, aux soins de santé de base, ou encore pour aider la population à retrouver ses moyens de subsistance.

5,9 millions d’euros ont ainsi été consacrés, en 2016, aux efforts d'aide d'urgence à Madagascar. 

Languages:
Rubriques éditoriales: