1ère session de Dialogue de Partenariat entre Madagascar et l’Union européenne

Un dialogue de partenariat entre Madagascar et l’Union européenne s’est tenu ce 14 avril 2026 au Ministère des Affaires étrangères, conformément à l’Accord de Samoa encadrant les relations entre l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) et l’Union européenne et ses Etats membres.

La rencontre a été ouverte par M. Rajaonarison Mamitiana, Premier ministre, Chef du gouvernement de la Refondation de la République de Madagascar et coprésidée par Mme N’Diaye Alice, Ministre des Affaires étrangères, et M. Olof Skoog, Secrétaire général adjoint du Service européen pour l’Action extérieure. Elle a réuni les membres du gouvernement malagasy et les ambassadeurs de l’Union européenne et de sept de ses Etats membres (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Portugal, République tchèque).

Le dialogue de partenariat a permis de donner un nouvel élan aux échanges entre les Parties sur le plan institutionnel, et d’approfondir les perspectives de coopération entre Madagascar et l’Union européenne.

Madagascar occupe une place particulière dans le partenariat avec l’UE et ses États membres, ces derniers constituant les premiers partenaires en termes d’échanges commerciaux, d’investissements privés et en tant que partenaires de développement.

Les discussions ont porté sur trois axes principaux : les questions politiques, la coopération économique et commerciale, et les enjeux internationaux.

Le gouvernement malagasy a présenté les avancées du processus de refondation en cours, qui trouve son origine dans les revendications légitimes de la population, en particulier de la jeunesse. La partie européenne a salué la volonté affirmée de répondre, dans une démarche inclusive, à ces aspirations et encouragé les efforts visant à restaurer la confiance dans les institutions, réformer le pays, opérer une rupture avec les pratiques du passé et remettre l’Etat au service du bien commun, notamment en luttant activement contre la corruption et la mauvaise gouvernance. Elle a réaffirmé son plein soutien à la poursuite d’un processus démocratique devant aboutir à l’organisation d’élections libres et transparentes dans le cadre du calendrier établi. La partie européenne a salué la remise du Programme de refondation à l’Union africaine et à la SADC.

L’UE a présenté les initiatives “Equipe Europe”, menées conjointement par l’UE, ses États membres et la Banque européenne d’investissement dans le cadre de la stratégie Global Gateway, qui appuient les efforts du gouvernement visant à moderniser les infrastructures (énergie, eau et assainissement, transport) et à investir dans le capital humain, en particulier la jeunesse (employabilité des jeunes) et la société civile. Les actions visant à préserver l’environnement et la biodiversité tout en développant l’agriculture et la pêche constituent aussi des priorités partagées. Face à des phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus destructeurs, l’Union européenne et Madagascar restent engagés en faveur d’une plus grande capacité d’anticipation et de résilience. La partie malagasy a salué les soutiens apportés par l’UE et ses États membres, en particulier la France, l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, suite aux cyclones Fytia et Gezani.

L’Accord de partenariat économique (APE) élargi, dont la signature est attendue prochainement, et l’accord de pêche entre l’UE et Madagascar constituent autant de vecteurs de coopération mutuellement bénéfiques contribuant à l’accroissement des investissements productifs, à la création d’emplois et à la compétitivité de l’économie. Pour aller plus loin, les deux parties sont convenues de continuer à avancer ensemble sur l’amélioration du climat des affaires, un cadre plus sécurisé et attractif pour les investissements et un dialogue porteur de réformes concrètes entre secteurs privé et public.

Dans un contexte de crises internationales multiples, les deux parties ont fait le constat de l’impact important des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient sur la sécurité et la stabilité économique mondiales. Elles se sont accordées sur leur engagement commun à promouvoir un multilatéralisme effectif reposant sur le droit international, y compris la Charte des Nations unies ainsi que la déclaration universelle des droits de l'Homme, et la recherche d’une paix juste et durable pour mettre fin à ces conflits.

L’une des réponses concrètes face à ces enjeux tient dans l’attachement commun aux valeurs du multilatéralisme et se traduit par une coopération au sein des organisations continentales et régionales telles que la Commission de l’océan Indien, la SADC et l’Union africaine, dont l’UE est le premier partenaire. La continuité des réflexions communes sur l’espace indopacifique est aussi cruciale sous des angles d’intérêt communs tels que la transition écologique, la gouvernance des océans, la connectivité et la sécurité maritimes.

Les deux parties ont salué l’appui de l’Union européenne et de ses Etats membres dans l’opérationnalisation de l’Architecture régionale de sécurité maritime, et dans la sécurisation de la zone.

En conclusion, les deux parties ont discuté des défis et perspectives d’un partenariat Madagascar – Union européenne plus efficace et mieux ancrée dans les réalités nationales, avec pour ambition partagée d'en amplifier durablement les impacts. 

Les deux parties sont convenues d’entretenir un dialogue régulier sur l’ensemble de ces sujets, notamment par des coordinations sectorielles renouvelées dans les secteurs d’intérêt commun.