European Union Office in Kosovo 
European Union Special Representative in Kosovo

Récits d'espoir: reconstruire des vies brisées par la guerre en Syrie

21/08/2019 - 14:51
News stories

Faites la connaissance de Shirin, Nizar, Seiran, Diana, Yousef et Khaboor, six personnes parmi les milliers de Syriens et d'Iraquiens qui bénéficient de projets financés par le fonds fiduciaire régional de l'Union en réponse à la crise syrienne dans la région du Kurdistan iraquien.

Duhok Hospital, EU Regional Trust Fund, Irak

Shirin pesait moins de 600 grammes lorsqu'elle est née à la maternité de l'hôpital de Dohuk. Le poids d'un paquet de spaghettis. Dans cet hôpital surpeuplé du Kurdistan iraquien, ces bébés meurent généralement en quelques jours. "Pour les normes locales, elle est un miracle", déclare l'infirmière, qui se bat tous les jours pour fournir un service de qualité à des patients de plus en plus nombreux. "Elle a maintenant atteint 2 kg, et elle n'a plus besoin d'oxygène ni d'aucun traitement lié à une détresse respiratoire". La poursuite du conflit syrien a conduit ces dernières années plus de 1,5 million de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDI) et plus de 250 000 réfugiés syriens à se rendre au Kurdistan iraquien. Les besoins en matière de soins de santé ont été multipliés par quatre alors que les ressources ont diminué de moitié, et l'hôpital de Dohuk dessert actuellement au moins 2 millions de personnes. "Tous les services fournis dans cet hôpital sont gratuits. Pour les Kurdes, pour les PDI, pour les Yézidis... pour tout le monde", ajoute l'infirmière.

Le fonctionnement quotidien de cet hôpital repose sur le soutien d'AISPO, une ONG italienne financée par le fonds fiduciaire régional de l'UE en réponse à la crise syrienne. Grâce aux équipements fournis, le nombre de lits de la maternité est passé de 18 à 25. C'est toujours insuffisant pour un hôpital qui a vu naître 21 000 bébés en 2017, soit une moyenne de 57 par jour. "L'association a commencé à nous aider en améliorant les infrastructures et en mettant en place des activités visant à renforcer les capacités, puis en modernisant nos services et en y intégrant davantage de technologie", explique Nizar Al-Tayyeb, directeur général de la santé à l'hôpital de Dohuk. Les infrastructures restent vétustes et l'hôpital manque de personnel - il estime qu'il y a 4 médecins et 9 infirmières pour 10 000 patients, ce qui est bien en-deçà de l'objectif de 14 médecins et 13 infirmières - mais M. Al-Tayyeb constate que le projet soutenu par l'UE "a des retombées positives pour les gens". "Le service pédiatrique de l'hôpital dispose de 50 lits supplémentaires, la capacité d'accueil des patients a augmenté et le taux de mortalité infantile a diminué", ajoute-t-il.

Shirin, Duhok Hospital, EU Regional Trust Fund

Shirin à la maternité de l'hôpital de Dohuk

L'hôpital de Dohuk n'est qu'un bénéficiaire parmi d'autres d'un vaste projet d'assistance en matière de soins de santé financé par l'UE dans la région du Kurdistan iraquien. Depuis septembre 2016, le fonds fiduciaire régional de l'UE en réponse à la crise syrienne a distribué 5,7 millions d'EUR qui ont également accru les capacités d'accueil et amélioré les conditions de travail des urgences hospitalières à Aqra ainsi que dans 72 centres de soins de santé primaires. Près de 1,5 million d'Iraquiens et de Syriens ont déjà bénéficié du projet.

"Nous faisons des études pour pouvoir reconstruire notre pays"

 

Lorsqu'en 2015 Seiran est partie avec sa famille pour la ville de Shaqlawa, dans le Kurdistan iraquien, elle a dû interrompre ses études à l'université. La détérioration de la situation à Derik, la ville où elle habitait, dans le nord-est de la Syrie, l'a privée de son rêve d'obtenir un master, mais elle n'a jamais baissé les bras en dépit des nombreux obstacles rencontrés. "Au début, quand nous sommes arrivés, tout était différent. C'était un nouveau pays, avec une langue différente. C'était un nouveau dialecte et nous ne comprenions pas un mot. Mais avec le temps, nous nous y sommes habitués", se souvient cette jeune fille de 20 ans. Des connaissances lui ont parlé de la bourse d'études SPARK pour les réfugiés syriens, financée par le fonds fiduciaire de l'UE: elle a fait une demande et est devenue l'une des premières étudiantes à bénéficier de ce projet, qui a commencé en 2016. Doté d'un budget de 18,5 millions d'EUR, SPARK a jusqu'à présent permis à 2484 étudiants iraquiens, libanais, syriens et turcs touchés par le conflit syrien d'accéder à des études supérieures.

Seiran est maintenant en troisième année à l'université et elle sait très précisément quel sera son principal objectif lorsqu'elle aura obtenu son diplôme: aider à reconstruire la Syrie. "Si j'approfondis mes études, je trouverai des idées pour aider mon pays".

Seiran, SPARK scholarships, EU Regional Trust Fund, Irak, Syria

Seiran, 20 ans, a été l'une des premières réfugiées syriennes à obtenir une bourse d'études SPARK financée par le fonds fiduciaire de l'UE.

Diana, 19 ans, n'a pas eu autant de "chance" que Seiran. Elle aussi a fui la Syrie avec sa famille mais ils n'ont pas pu louer de logement parce qu'il leur manquait des papiers. Ils se sont finalement retrouvés dans le camp de Berika, où ils ont passé les quatre dernières années. De plus, Diana a dû attendre deux ans avant de pouvoir reprendre ses études en raison d'incompatibilités entre les systèmes universitaires syrien et iraquien. Que souhaiterait-elle faire? Elle est devenue bénévole pour le projet FURSA financé par le fonds fiduciaire, un programme doté d'un budget de 4,4 millions d'EUR visant à ouvrir des perspectives d'avenir pour les réfugiés en les aidant à subvenir à leurs besoins et en leur proposant des offres d'emploi. Grâce à ce projet, Diana a participé à de nombreuses activités de loisirs et a appris à exprimer sa créativité en s'adonnant à la peinture murale. Actuellement, elle apprend l'anglais et espère pouvoir se spécialiser dans la communication à l'université, mais son rêve serait de devenir musicienne: "Oui, j'aime les études théoriques, mais mon rêve, c'est la musique".

EU Regional Trust Fund, Syrian crisis

Faire entrer la lumière dans des vies plongées dans l'obscurité

 

Farhan Ahmed Hassan s'est enfui de Mossoul avec ses trois enfants lorsque l'EIIL/Daech a pris le contrôle de la région. Si tous étaient vulnérables, l'un d'entre eux, le petit Yousef, avait littéralement besoin que son père le prenne par la main pour le guider vers leur nouvelle vie, à Dohuk. Il a perdu la vue à l'âge d'un an, à cause d'un cancer.

Préoccupé par son éducation, M. Hassan s'est rendu avec Yousef à l'institut Roonahy, un établissement qui bénéficie d'un financement au titre de l'initiative régionale QUDRA soutenue par l'UE et qui s'occupe principalement des enfants et des jeunes présentant des troubles de la vue ou de l'audition et des problèmes de santé mentale ou cognitive, y compris les personnes autistes.

"Ils m'ont proposé un logement et m'ont dit qu'il était possible d'aider mon fils, ils lui ont donné des cours en arabe la première année pour qu'il puisse apprendre le kurde et se mêler à ses camarades", explique M. Hassan. Aujourd'hui, Yousef est un enfant heureux qui parle couramment le kurde, qui mémorise facilement les concepts et qui aime apprendre la musique. "J'ai senti qu'il avait du talent, il sait distinguer la bonne musique de la mauvaise", dit son père fièrement.

FARHAN, Roonahy Institute, QUDRA  project, EU Regional Trust Fund

Farhan, très fier, est le père de Yousef, un enfant aveugle pris en charge par l'institut Roonahy subventionné par l'UE.

Ce sont des gens comme Khaboor Mohammad Ali, professeure de braille et aveugle elle-même, qui se sont occupés de Yousef. "Nous enseignons le braille à nos élèves dans trois langues différentes: l'arabe, l'anglais et le kurde. Nous enseignons également les mathématiques", explique-t-elle. L'objectif ultime: leur apprendre à surmonter leur handicap et à devenir indépendants dans une région où les personnes handicapées et leurs familles suscitaient traditionnellement la pitié et étaient traitées avec très peu de respect. "Mais j'ai constaté ces dernières années que la situation a beaucoup évolué. On leur témoigne maintenant du respect", affirme Khaboor.

Cette importante action sociale réalisée par l'institut Roonahy serait impossible sans le projet QUDRA, une initiative visant à "renforcer la résilience" des communautés locales, des réfugiés et des PDI et qui bénéficie d'un financement de 74,6 millions d'EUR alloué par le fonds fiduciaire régional de l'UE. Les financements octroyés par l'UE ont des répercussions concrètes dans un pays où non seulement les bâtiments, mais aussi les vies, ont besoin d'un peu d'aide pour être remis sur pied.

 

Toutes les photos: UE 2017-2018, Johanna de Tessières

Languages: