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Le 36e cycle du dialogue UE-Chine sur les droits de l’homme a eu lieu les 9 et 10 juillet 2018 à Pékin. Au cours de ces deux jours, les deux parties ont abordé en toute franchise un large éventail de questions liées aux droits de l’homme en Chine, ainsi que la possibilité d’une future coopération sur les questions relatives aux entreprises, aux droits de l’homme, aux droits des personnes handicapées et au statut des femmes.

Les autorités chinoises ont obtenu des résultats positifs dans un certain nombre de domaines, dont la lutte contre la pauvreté, la création d’emplois et les réformes du filet de sécurité sociale. Les échanges sur l’évolution récente de la situation dans l’Union européenne se sont concentrés sur les questions de migration et la protection des droits fondamentaux, en particulier la protection des droits des migrants et des demandeurs d’asile.

L’UE, tout en reconnaissant pleinement les progrès réalisés par la Chine en matière de droits économiques et sociaux, a insisté sur l’universalité, l’indivisibilité et l’interdépendance des droits de l’homme et sur la nécessité de donner un poids égal aux droits politiques et civils. L’UE a rappelé que la Chine, vingt ans après avoir signé le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ne l’a toujours pas ratifié.

L’Union européenne a mis en exergue la détérioration de la situation en matière de droits civils et politiques en Chine, qui s’accompagne de la détention et de la condamnation d’un grand nombre de défenseurs chinois des droits de l’homme. Cette année, le dialogue sur les droits de l’homme s’est tenu à la date du troisième anniversaire de l’arrestation et du placement en détention de plus de 300 avocats et défenseurs des droits de l’homme, qui avaient commencé le 9 juillet 2015.

L’UE a une nouvelle fois abordé le cas de Liu Xia, veuve du lauréat du prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo. Le fait que Mme Liu ait entre-temps été autorisée à se rendre à l’étranger constitue une évolution positive qui était attendue depuis longtemps.

L’UE a aussi abordé d’autres cas individuels, y compris ceux de Gui Minhai et de Wang Quanzhang, qui est détenu depuis plus de trois ans sans avoir été inculpé et à qui on refuse des contacts avec sa famille et son avocat. L’UE a également demandé la libération des personnes suivantes:

  • les défenseurs des droits de l’homme Yu Wensheng, Wu Gan, Jiang Tianyong, Zhou Shifeng, Xia Lin et Gao Zhisheng;
  • les Ouïghours détenus en violation de leurs droits humains fondamentaux, dont Ilham Tohti, Eli Mamut, Hailaite Niyazi, Memetjan Abdulla, Abduhelil Zunun et Abdukerim Abduweli;
  • les personnes incarcérées pour avoir fait usage du droit universellement reconnu à la liberté de réunion pacifique et d’association, dont Guo Feixiong, Tang Jingling et Huang Qi;
  • les personnes persécutées pour leurs convictions religieuses, dont Zhang Shaojie, Hu Shigen, Li Yaping et Sun Qian;
  • les personnes incarcérées pour avoir fait usage du droit universellement reconnu à la liberté d’expression, dont Su Changlan, Zhen Jianghua, Lu Gengsong, Zhang Haitao, Lu Yuyu, Huang Zerong et Lee Ming Che;
  • les activistes, écrivains et personnalités religieuses tibétains qui encourent des poursuites pénales ou ont été emprisonnés pour avoir fait usage de leur droit à la liberté d’expression, dont Tashi Wangchuk et Tashi Dorje.

L’UE a également indiqué espérer que toutes les personnes détenues soient autorisées à être représentées par un avocat de leur choix, aient la possibilité de rencontrer les membres de leur famille, aient accès à une assistance médicale appropriée si nécessaire et voient les allégations de torture et de mauvais traitements à leur égard faire rapidement l’objet d’enquêtes.

Les participants ont également évoqué la promotion de la liberté de religion et de conviction et les droits des personnes appartenant à des minorités, en particulier les Tibétains et les Ouïghours. Le système de camps de rééducation politique qui a été mis en place dans la région du Xinjiang est particulièrement préoccupant.

Parmi les autres questions soulevées figurent la peine de mort, les problèmes systémiques au sein du système de justice pénale, y compris les cas de détention arbitraire, les restrictions à la liberté d’expression et d’association, ainsi que la mise en œuvre de la loi chinoise sur la gestion des activités des ONG étrangères.

La promotion des droits de l’homme dans les enceintes internationales et la nécessité de suivre les recommandations des organes internationaux de défense des droits de l’homme ont également été abordées, y compris dans la perspective du prochain examen périodique universel de la Chine, prévu pour novembre 2018.

L’UE était représentée par Mme Paola Pampaloni, directrice exécutive adjointe chargée de l’Asie et du Pacifique au sein du Service européen pour l’action extérieure. La Chine était représentée par M. Li Junhua, directeur général chargé des organisations et conférences internationales au sein du ministère des affaires étrangères de la République populaire de Chine, et par Mme Liu Hua, représentante spéciale pour les droits de l’homme et directrice générale adjointe chargée des organisations et conférences internationales au sein dudit ministère. Mme Paola Pampaloni a également rencontré le vice-ministre M. Zhang Jun au ministère des affaires étrangères de la République populaire de Chine pour discuter des résultats du dialogue.

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