Delegation of the European Union to Honduras

Lancement de la 19° campagne nationale de sensibilisation pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles : « La sensibilisation dans le milieu scolaire à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles »

Rabat, 25/11/2021 - 16:13, UNIQUE ID: 211125_18
Speeches of the Ambassador

Discours de Madame Patricia LLOMBART CUSSAC, ambassadrice de l'Union européenne au Maroc au lancement de la 19° campagne nationale de sensibilisation pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles : « La sensibilisation dans le milieu scolaire à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ».

Madame la Ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille,

Mesdames les ambassadrices de Belgique et du Canada,

Madame la représentante résidente des Nations Unies, 

Monsieur le représentant du FNUAP, 

Chers Partenaires,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis particulièrement ravie de m’exprimer devant vous pour participer auprès de Madame et Messieurs les ministres, et des partenaires, au lancement des 16 jours d’activisme contre toutes formes de violence contre les filles et les femmes au Maroc.

Comme vous le savez, la crise sanitaire a accru les inégalités partout dans le monde. Le confinement a mené à l’emprisonnement des victimes dans un huis-clos avec leurs agresseurs. La conséquence a été une recrudescence des violences psychologiques, économiques et physiques intra familiales. En même temps, une part importante de la charge domestique et de la prise en charge des enfants a pesé sur les femmes et les filles. Nombreuses femmes ont dû quitter leur travail pour gérer ce nouveau défi. De même les travailleurs de l’économie informelle et ceux occupant des emplois peu qualifiés (dont une majorité de femmes) ont vu leurs emplois menacés. Le taux de participation des femmes au marché du travail au Maroc, est tombé en dessous de 20%. En outre, les fermetures d’écoles dans le monde ont exposé les filles à un risque accru de violences. C’est ce qu’ONU femmes a appelé « la pandémie fantôme », non visible depuis le monde extérieur. Le défi que nous partageons est immense mais impératif : une relance post-COVID inclusive doit être construite sur un accès égal aux droits et une tolérance zéro vis à vis des violences contre les filles et les femmes.

La promotion de l’égalité est inscrite au cœur du partenariat entre le Maroc et l’Union européenne. Nous devons ensemble assumer cette responsabilité, pour que nos engagements se concrétisent en actions sur le terrain, aussi bien au sein de l’Union européenne qu’au Maroc.

Notre partenariat accompagne les efforts du Maroc pour mettre en place une stratégie globale de prévention, de protection et de prise en charge qui respecte la dignité des femmes et des filles.

Prévenir et lutter contre les violences faites aux femmes, c'est diffuser la culture de l'égalité des genres, c’est permettre aux filles et aux femmes de s’exprimer et de faire des choix en toute liberté. Prévenir la violence passe par l’éducation des garçons et des filles à travers le rôle que jouent leurs pères et leurs mères et également leurs enseignants. L’enseignement et la pratique de l’égalité à l’école contribuent au changement des mentalités. Je suis heureuse, pour ma première intervention au Maroc, d’être ainsi auprès de jeunes et de professeurs et de manifester notre solidarité dans ce chantier. Vous êtes des acteurs de changement au sein des écoles, des familles et des communautés.

Pour avancer ensemble vers une égalité effective, nous devons déconstruire, dans les discours et les représentations, y compris dans les médias, toute référence aux stéréotypes.  L’Union européenne est engagée auprès d’acteurs clés tels que les Ministères de l’Education, avec ses Académies Régionales d’Education et de la Formation, et le Ministère de la Jeunesse, ainsi qu’avec la société civile et les organisations féministes pour mener ces actions de prévention et de sensibilisation.

Mieux accompagner les femmes, c’est aussi respecter leur dignité à tout moment avec des hébergements d’urgence et une prise en charge, afin de permettre une reconstruction. Nous accompagnons ainsi le Ministère de la Solidarité pour la mise en place des espaces multifonctionnels et le Ministère de la Santé pour la prise de charge de plus de 20.000 femmes victimes de violence au sein des hôpitaux publics. De nombreux efforts ont été faits et de nombreux défis demeurent. La généralisation de la protection sociale, que l’Union européenne va appuyer, mettra l’accent sur les services d’assistance sociale de qualité sur le terrain afin de rendre ces droits effectifs.

Au-delà de la prévention, il s’agit de lutter contre l’impunité. Au travail, à l’école, à l’université, dans l’espace public, sur les réseaux sociaux, l’impunité est trop souvent la règle pour les coupables de violence contre les femmes.

Au Maroc, en 2019, seulement 10,5 % des victimes de violences auraient déposé une plainte auprès de la police ou d’une autre autorité compétente. Au sein de l’UE, en 2014, seulement 14% des femmes qui sont victimes de violences perpétrées par leurs partenaires intimes signalent ce fait à la police. Il faut briser le silence de la vaste majorité des victimes et permettre aux femmes de témoigner.

Nous travaillons avec les acteurs du secteur de la justice et la chaine pénale, et en particulier la Présidence du Ministère Public qui mène un rôle clé dans la protection des victimes et la poursuite et pénalisation des coupables.  Nous appuyons l’accès aux droits des victimes, à travers les cliniques juridiques, comme ici à l’Université Mohamed V,  ou avec les associations de défense des droits de l’Homme.

La lutte contre les violences contre les filles et les femmes est une responsabilité de tous les Etats qui doivent confirmer leurs engagements par des ressources adéquates. C’est aussi une responsabilité sociétale qui appelle un engagement de tous les citoyens. L’heure est venue d’en faire davantage dans le monde entier,  et je réitère ainsi l’appui de l’Union européenne à tous les acteurs institutionnels et de la société civile dans ce défi commun !

Ensemble brisons le silence, écoutons les filles et les femmes et agissons !

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