Delegation of the European Union to Guinea

Discours de l'ambassadeur à l'occasion du lancemnt du programme de réforme du secteur de sécurité volet environnement

Conakry, 08/03/2018 - 12:15, UNIQUE ID: 180308_10
Speeches of the Ambassador

En dotant ce projet d’un budget de 5.7 millions d’euro, (plus de 60 milliards de francs guinéens) sur une durée de 4 ans, l’Union européenne a voulu mettre des moyens à la hauteur de cette ambition.

Madame la Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts ;

Monsieur le Secrétaire Général ;

Monsieur le Directeur de Cabinet ;

Monsieur le Directeur Régional de l’UNOPS ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Partenaires Techniques et Financiers ;

Madame et Messieurs les Conseillers Techniques ;

Messieurs les Directeurs Généraux et Directeurs du Ministère de l’Environnement ;

Mesdames et Messieurs les Conservateurs des Aires Protégées et Chefs de sites ;

Mesdames et Messieurs les représentants des Organisations Non Gouvernementales ;

Mesdames et Messieurs ;

Tout d’abord, je tiens à exprimer toute ma satisfaction de participer à l’atelier de lancement du Programme d’Appui à la Réforme du Secteur de Sécurité volet Environnement, le PARSS3-Environnement. Participer à l’atelier de lancement d’un nouveau projet est toujours un immense plaisir pour moi. Car l’atelier de lancement est la preuve que la phase de préparation du projet a été réussie.

Je sais que vous-même, Madame la Ministre, vos services et l’UNOPS, notre partenaire de mise en œuvre, avez beaucoup travaillé pour définir et préparer ce projet. Et ils ont travaillé main dans la main, en parfaite collaboration. Nous avons d’ailleurs participé ensemble à une réunion de validation du projet en décembre dernier, au cours de laquelle j’ai pu apprécier l’étroitesse de cette collaboration et la richesse des échanges.

C’est un très bon signe pour la réussite du projet. Et je profite de l’occasion pour remercier tous ceux qui ont participé à la phase préparatoire, et en particulier les directeurs de votre Ministère impliqués et M. Adama DAOU, le chef de projet d’UNOPS.

C’est aussi un immense plaisir car un atelier de lancement marque le démarrage de la phase de mise en œuvre, qui est la plus enthousiasmante, mais aussi la plus complexe et qui constitue un beau défi. Car le projet dont nous célébrons aujourd’hui le lancement est ambitieux tant par son objectif: contribuer à une gestion durable des ressources naturelles, que par sa couverture géographique: une dizaine de sites répartis sur toute l’étendue du territoire guinéen.

En dotant ce projet d’un budget de 5.7 millions d’euro, (plus de 60 milliards de francs guinéens) sur une durée de 4 ans, l’Union européenne a voulu mettre des moyens à la hauteur de cette ambition.

Ce projet poursuit, consolide et étend le Projet d’Appui à l’Opérationnalisation du Corps Paramilitaire des Conservateurs de la Nature, mis en œuvre par l’UNOPS avec le Ministère de l’Environnement entre Juillet 2013 et Juillet 2017. Il consistait à former, équiper et déployer des unités d’écogardes dans trois sites pilotes : le Parc National du Haut Niger, la réserve de biosphère de Ziama et la réserve de biosphère des Monts Nimba. Ce projet a été une réussite : grâce au déploiement des écogardes, ces réserves sont mieux protégées, des braconniers, des trafiquants d’espèces protégées et de bois sont arrêtés.

Mais il s’est avéré que la Guinée avait besoin de plus de soutien pour préserver ses richesses naturelles et sa biodiversité. C’est de ce constat qu’est né le projet que nous lançons aujourd’hui.

Ce projet, je le répète, a pour but d’aider la Guinée à protéger ses richesses naturelles.

Et vous le savez mieux que moi, Madame la Ministre, et Mesdames et Messieurs les cadres du Ministère de l’Environnement, que la biosphère, la nature de la Guinée est extrêmement riche. Le pays a 4 réserves de biosphères classées par l’UNESCO (Mont Nimba, Massif du Ziama, Parc National du Haut Niger et Parc National du Badiar), dont 3 ont bénéficié de l’appui du précédent projet et la 4ème, le Parc du Badiar, va bénéficier de l’appui du présent projet.

Une de ces réserves, les Monts Nimba, est classée dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. C’est d’ailleurs le seul site de la Guinée classé au patrimoine mondial, ce qui montre l’importance de la biosphère pour ce pays. La Guinée est également considérée comme le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, avec la source des trois plus grands fleuves de la région, les fleuves Niger, Sénégal et Gambie.

Mais malgré l’opérationnalisation du corps, cette biosphère reste menacée.

Elle est menacée par la pression démographique des communautés environnantes, qui pousse les villageois à aller chercher leurs ressources dans les aires protégées, en cultivant les bas-fonds, en pratiquant le braconnage, en coupant les arbres. Pour faire cesser ces pratiques, des activités génératrices de revenus doivent être développées, et les communautés doivent être sensibilisées à la protection de leur environnement.

C’est la raison pour laquelle le PARSS3-Environnement dispose d’un important volet de développement communautaire.

La biosphère de la Guinée est aussi menacée par l’exploitation forestière. La Guinée dispose encore de deux magnifiques forêts primaires : la forêt de Dieke et la forêt de Ziama, où vivent les derniers éléphants du pays. Mais le nombre d’éléphants est en nette diminution, et une exploitation de bois dans ces forêts, même limitée, entraînerait à coup sûr la disparition de la dernière population d’éléphants du pays, et une dégradation irrémédiable de cet exceptionnel patrimoine forestier, y compris sa capacité de rétention d’eau indispensable pour alimenter les cours d’eau qui y prennent leur source.

L’exploitation des aires protégées peut apporter un bénéfice à court terme. Mais la préservation entraine des bénéfices nettement plus grands et durables sur le long terme, grâce notamment à l’éco-tourisme, la préservation de la biodiversité, le potentiel hydro-électrique, etc. Un des objectifs du projet est de le démontrer, afin de lancer une dynamique de préservation. C’est la raison pour laquelle, le projet va soutenir des initiatives pilotes de développement touristique, dans la réserve de biosphère de Ziama et le parc de Diwasi dans la réserve naturelle de Kankan.

Madame la Ministre, la préservation de la biosphère et des richesses naturelles est une prérogative de votre département. Afin de vous aider à la mener à bien, le projet prévoit un appui institutionnel à votre Ministère. Un audit organisationnel de votre département va être mené, pour répondre à une demande que vous m’avez formulé lors d’une de nos rencontres. Cet audit proposera des recommandations pour renforcer et rationnaliser l’organisation de votre département afin qu’il soit mieux en mesure de remplir les missions qui sont les siennes, et en particulier celle de protéger le patrimoine naturel du pays.

Dans la même dynamique, le projet fournira un appui à la mise en œuvre des recommandations de la Convention CITES sur le commerce des espèces protégées, pour poursuivre les progrès réalisés par la Guinée depuis 2015 en réaction à l’exclusion de cette convention. Sur la même thématique, le projet va soutenir l’ONG GALF, qui fait un travail remarquable en lien avec votre département pour lutter contre le trafic d’espèces protégées.

 

Je vous prie de m’excuser d’avoir été si long, et encore, je n’ai cité qu’une partie des activités prévues par ce projet. Mais ces activités me tiennent particulièrement à cœur. Durant les deux jours de cet atelier, vous allez discuter et préciser les activités du projet, pour que vous ayez tous la connaissance nécessaire des actions à entreprendre et de ce qui sera attendu de vous.

Messieurs les cadres du MEEF, chefs de site et conservateurs, c’est de vous que dépendra le succès de ce projet. Je vous encourage à participer activement à ces discussions, et ensuite à ne ménager aucun effort pour mener à bien cet ambitieux et beau projet. Notre partenaire de mise en œuvre, l’UNOPS, se tient à vos côtés pour cela. Je n’ai aucun doute qu’avec la poursuite de l’esprit de collaboration qui a prévalu pendant la préparation du projet, la réussite sera au rendez-vous.

Enfin, permettez-moi, pour finir, de me projeter vers l’avenir. L’appui de l’Union européenne a pour but de préserver les richesses naturelles de la Guinée et de montrer que la préservation apporte plus de bénéfice à long terme que l’exploitation. Cet appui n’a de sens que si la Guinée continue dans la voix de la préservation, en protégeant notamment les dernières forêts primaires du pays. Et si, à l’issue du projet qui prendra fin en 2021, la Guinée s’approprie les acquis du projet, maintient les installations et pérennise les bonnes pratiques. Ainsi, la Guinée conservera sa biodiversité et ses richesses naturelles exceptionnelles pour le bénéfice des générations futures.

Je vous remercie.

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