Delegation of the European Union to The Gambia

Jean Lamy : “Je quitte votre pays dont nous, Européens, avons tant à apprendre ; je resterai l'ami du Burkina Faso”

08/08/2019 - 12:28
Interviews

Jean Lamy, Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union européenne au Burkina Faso (UE), arrivé à Ouagadougou en septembre 2015, est en fin de mission. Ce 29 juillet 2019, il a accordé une interview-bilan des relations et de la coopération UE-Burkina Faso. Des investissements, de l’appui aux secteurs sociaux au domaine sécuritaire, Jean Lamy détaille l’impact de sa mission au pays des Hommes intègres. Burkina 24 (B24) : Comment vous sentez-vous à la fin de votre séjour au Burkina Faso ?

Jean Lamy : Au terme de ces quatre années passées au Burkina Faso, je suis à la fois triste de quitter le Burkina Faso et en même temps heureux de ce qui a pu être réalisé dans la coopération euro-burkinabè  au cours de cette période, même si je suis conscient qu’il reste encore tant de choses à faire.

La période qui a correspondu à ma mission, de l’automne 2015 à l’été 2019, renvoie à une période particulière de l’histoire du Burkina. Je suis arrivé au moment de la Transition. Une semaine après mon arrivée, il y a eu le  coup d’Etat du 16 septembre 2015. Quelle entrée en matière! Ensuite, ce furent les élections de fin novembre 2015, qui se sont très bien passées, l’élection du Président Kaboré, la mise en place des nouvelles équipes, et aussi l’aventure du PNDES (Plan national de développement économique et social, ndlr), que l’Union européenne a décidé d’accompagner de façon majeure, comme l’UE avait soutenu la Transition et les élections.

B24 : Plus de 400 milliards de FCFA d’appuis au Burkina Faso ; à quel niveau en est-on avec la promesse de financement du PNDES par l’Union européenne ?

Jean Lamy : Quand la conférence de Paris a eu lieu pour le financement du PNDES à la fin de l’année 2016, M. Neven Mimica, Commissaire européen au développement a annoncé une aide sur l’ensemble de la période du PNDES 2016-2020, à hauteur de 800 millions d’Euros. Ce qui était déjà sensiblement plus que ce qui était initialement prévu en 2014 lors de la signature du programme d’appui pluriannuel pour le Burkina Faso jusqu’en 2020.

Financement du PNDES : “Aujourd’hui, je peux dire que nous sommes au-delà de la promesse”

Aujourd’hui, je peux dire que nous sommes au-delà de cette promesse. Et ceci en raison des nouveaux programmes que j’évoquais. L’essentiel de nos appuis sont mis en œuvre sous forme d’appuis budgétaires sectoriels. Cela veut dire que l’Union européenne n’appuie pas seulement tel ou tel projet, mais les politiques du pays menées par le Gouvernement sur l’ensemble du territoire, comme la politique agricole, de santé, d’accès à l’eau et à l’assainissement, le fonctionnement des services publics…

Cette modalité d’aide budgétaire donne beaucoup plus de latitude au pays récipiendaire que la modalité de l’aide-projet plus traditionnelle, et elle permet au partenaire de “coller” aux objectifs du pays en étant plus efficace, dès lors que cette aide s’accompagne d’un dialogue de politique avec les ministères et acteurs concernés tout au long de la mise en œuvre des différents programmes.

B24 : En termes d’impact des différents financements, êtes-vous satisfait des résultats ?

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