La Délégation de l'Union européenne au Gabon, pour la Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe et la CEEAC 

Déclaration commune au nom des États membres de l’UE - 7e réunion ministérielle «Cœur de l’Asie»

Baku, Azerbaijan, 01/12/2017 - 11:59, UNIQUE ID: 171201_5
Statements on behalf of the EU

Déclaration commune au nom des États membres de l’UE - 7e réunion ministérielle «Cœur de l’Asie»

Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs les ministres, Excellences, éminents collègues,

J’ai l’insigne honneur de m’exprimer au nom de l’Union européenne, de ses États membres et du Royaume de Norvège, en remplacement de la haute représentante de l’Union, Madame Federica Mogherini.

Nous remercions sincèrement la République d'Azerbaïdjan d’avoir organisé cette 7e réunion ministérielle «Cœur de l’Asie». 

L’an dernier, à l’occasion de la conférence de Bruxelles sur l’Afghanistan, 75 pays partenaires et 26 organisations internationales s’étaient réunis pour réaffirmer leur engagement commun vis-à-vis de ce pays. À Bruxelles, la communauté internationale s’était engagée à verser plus de 15 000 000 000 USD jusqu’en 2020. Sur ce montant, l’UE et ses États membres contribuent à hauteur de 5 600 000 000 USD, ce qui fait d’eux, collégialement, le premier donateur pour l’Afghanistan. Ces promesses sont le gage de la poursuite de notre soutien économique et politique au processus de réforme de l’Afghanistan. Il va de soi que l’Afghanistan, co-organisateur de cette conférence, demeure au premier rang des priorités politiques de l'UE. 

L’UE a concrètement donné suite à ses engagements. Elle a ainsi adopté, le 16 octobre de cette année, une nouvelle stratégie à l'égard de l'Afghanistan, qui met l’accent sur quatre domaines d’action prioritaires: promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité dans la région; renforcer la démocratie, l'État de droit et les droits de l'homme et promouvoir la bonne gouvernance et l'autonomisation des femmes; soutenir le développement économique et humain; relever les défis liés aux migrations.  En août de cette année, l’UE a déboursé 100 000 000 EUR d’appui budgétaire dans le cadre de son contrat d'appui à la consolidation de l'État. L’accord de coopération en matière de partenariat et de développement entre l’UE et l’Afghanistan a été ratifié par le gouvernement afghan. Il s’appliquera à titre provisoire à compter d’aujourd’hui et constitue une base formelle pour les relations bilatérales entre l’UE et l’Afghanistan. Enfin, l’UE a créé une nouvelle fonction et nommé un envoyé spécial de l’UE, dont l’action vise à compléter, aux niveaux régional et international, celle du chef de délégation de l’UE basé à Kaboul. 

Forte de cette capacité améliorée, l’UE est prête à renouveler son soutien à la paix et au développement économique en Afghanistan et dans l’ensemble de la région.

Les récents progrès enregistrés sur le plan de la coopération économique régionale l’incitent à aller dans ce sens. La conférence régionale de coopération économique pour l'Afghanistan, qui s’est tenue le mois dernier à Achgabat, a vu la signature de l’accord sur le corridor Lapis-Lazuli par l'Afghanistan, le Turkménistan, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie. Les échanges commerciaux entre l’Inde et l'Afghanistan se développent grâce à la création d’un couloir aérien entre ces deux pays et à l’ouverture du port de Chabahar; la connectivité et le commerce avec l’Asie centrale progressent également. L’UE soutient la coopération régionale entre l'Afghanistan et l’Asie centrale en matière de gestion des frontières, mais aussi en ce qui concerne la lutte régionale contre le trafic de stupéfiants et la traite des êtres humains, la participation de l'Afghanistan au programme régional «Central Asia Invest» et la révision de la stratégie de l'Afghanistan en matière d’exportation.

Nous sommes encouragés en cela par les résultats de l’enquête sur l'Afghanistan réalisée en 2017 par l'Asia Foundation, qui révèle des Afghans un peu plus optimistes que l’an passé quant à l’avenir de leur pays et quant aux retombées des réformes entreprises par le gouvernement afghan. 

Nous félicitons ce dernier pour avoir combattu la corruption et amélioré la gouvernance, notamment pour ce qui est de l'émancipation politique et économique des femmes. Nous continuerons à axer notre action sur l’aide apportée au gouvernement afghan dans les efforts consentis en ce sens, en particulier dans la perspective des futures élections législatives et présidentielle, prévues respectivement pour 2018 et 2019. 

Nous sommes très préoccupés par le niveau de violence élevé que connaît actuellement l'Afghanistan, que ce soit contre les fidèles dans les mosquées, contre les forces de sécurité et leurs installations, notamment leurs structures de formation et les hôpitaux militaires, contre le personnel du gouvernement et plus encore peut-être contre les Afghans ordinaires, hommes, femmes et enfants, qui souffrent du conflit de multiples façons.

Seul un règlement politique négocié pourrait être la solution pour mettre un terme à la guerre en Afghanistan. L’obtention de la paix passe par un processus de paix dirigé et pris en charge par les Afghans et bénéficiant du soutien de la communauté internationale. Le 25 janvier 2018, le processus de Kaboul offrira la prochaine occasion de discuter tous ensemble et d’élaborer un plan d’action, une feuille de route pour la paix. L'UE est prête à appuyer ce processus.

La paix en Afghanistan est un objectif fédérateur, qui est dans l’intérêt de tous. Pour mettre fin à la violence, il est primordial de trouver un consensus régional entre voisins de l’Afghanistan et de faire en sorte que ceux-ci contribuent de manière constructive à la paix. Le processus du «Cœur de l'Asie» pour l'Afghanistan (processus d'Istanbul), fort de ses six mesures propres à restaurer la confiance, constitue une enceinte importante dans laquelle nous pouvons commencer à relever ensemble plusieurs des défis susmentionnés, qui font obstacle à l’avènement de la paix en Afghanistan et de la stabilité dans toute la région. 

La lutte contre le terrorisme et la lutte contre la drogue revêtent à cet égard une importance particulière. Le conflit en cours est exacerbé par des niveaux de production d’opium dont l’augmentation a été considérable depuis l’an dernier. Il s’ensuit des problèmes pour l’Afghanistan et l’ensemble de la région sur les plans de la santé publique, de la criminalité organisée et du financement des groupes terroristes.  

Il convient, enfin, de prendre acte des enjeux liés à la migration, aux personnes de retour et à celles qui ont été déplacées et d’agir en conséquence. La paix et la stabilité auront raison de leurs causes profondes. Nous sommes dès lors tous tenus de trouver une solution au problème de la migration, en particulier à celui représenté par les personnes de retour du Pakistan et de l’Iran. L’UE, pour sa part, a accru son soutien au gouvernement afghan en faveur de la réinsertion durable des ressortissants afghans de retour d’autres pays de la région.  

En soutenant la stabilité et en s’employant tout particulièrement à améliorer les perspectives économiques régionales, le processus du «Cœur de l'Asie» pour l'Afghanistan (processus d'Istanbul) peut contribuer à atténuer les pressions migratoires en faisant naître de nouveaux espoirs et en offrant de nouvelles possibilités de nature à inciter les gens à participer à la stabilité et au développement de leur pays d’origine, ainsi qu’à y retourner.

L’UE et ses États membres, de même que le Royaume de Norvège, se réjouissent de continuer à soutenir le processus du «Cœur de l'Asie» et saluent la forte participation de la région ici, ce jour, qui démontre bien l’importance de ce processus.

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