Delegation of the European Union for the Pacific
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Intervention de l'UE au Conseil de Sécurité des Nations Unies: la Force conjointe du G5 Sahel

New York , 16/05/2019 - 16:33, UNIQUE ID: 190516_22
Statements on behalf of the EU

16 mai 2019, New York - Intervention de S.E. M. Angel Losada, Représentant Spécial de l'Union européenne pour le Sahel, au Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la Force conjointe du G5 Sahel

Son Excellence, Monsieur le Président,

Excellences, Messieurs les Ministres des Affaires étrangères,

Excellence, Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire-Général,

Son Excellence, Monsieur le Haut-Représentant de l’Union Africaine,

Général, Commandant de la Force conjointe du G5 Sahel,

Membres du Conseil de Sécurité,

Mesdames et Messieurs,

 

Permettez-moi avant tout, Monsieur le Président, de vous remercier de l’opportunité donnée à nouveau à l'Union européenne de participer aux discussions sur la Force conjointe du G5 Sahel au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette réunion constitue une étape importante dans la montée en puissance de la Force conjointe du G5 Sahel, qu'il est, comme ceci a été souligné dans le rapport du Secrétaire général, impératif de soutenir.

En effet, nous constatons tous une dégradation de la situation sécuritaire au Sahel, et la sécurité au Sahel est, non seulement la sécurité des Etats de la région, la sécurité de l'Europe, mais aussi la sécurité de tous. L'UE soutient donc le rapport du Secrétaire Général et reste fortement mobilisée, comme nous venons de le faire il y a deux jours à Bruxelles avec les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des Etats-membres de l'UE et du G5 Sahel.

Je note, par ailleurs, que cette stabilité au Sahel a aussi un corolaire : il n'y aura pas de stabilité durable au Sahel sans une mise en œuvre totale, effective et inclusive des dispositions de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. L'UE s'y emploie et encourage le redéploiement des Forces de Sécurité et de Défense dans le nord du Mali ainsi que la mise en œuvre du DDR.

Depuis la création du G5 Sahel en 2014, l'Union européenne a soutenu activement sa montée en puissance aussi bien sur le volet sécuritaire que développement, en contribuant à mobiliser la communauté internationale. Ce soutien est l'une des priorités de la politique étrangère de l'Union européenne et de ses États membres.

 

1/L'Union européenne continuera à apporter son soutien à l'opérationnalisation de la Force conjointe du G5 Sahel, dans ses différentes composantes, y compris police. La poursuite de ce soutien devra s'accompagner d'une plus forte implication des Etats du G5 Sahel dans la réalisation des objectifs sur le terrain. C'est le message principal qui a été adressé à l'occasion des réunions ministérielles de Bruxelles cette semaine et la condition pour remobiliser le soutien international. L'effort doit aussi être maintenu sur la mise en œuvre du cadre de conformité au Droits de l'Homme et sur la judiciarisation de la Force.

Près de 800 experts européens au sein de trois missions de Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) – à savoir, EUCAP Sahel Niger, EUCAP Sahel Mali et EUTM Mali - sont présents aux côtés des Forces de Défense et de Sécurité sahéliennes en apportant conseil et formations. Avec nos partenaires sahéliens, nous nous sommes engagés dans un processus d'adaptation et de régionalisation de ces missions afin de mieux soutenir la Force Conjointe et répondre aux besoins des forces de sécurité et de défense de tous les pays du G5 Sahel. Une cellule de conseil et coordination régionale sera bientôt déployée à Nouakchott, pour mieux accompagner le Secrétariat permanent. Ces experts restent à la disposition de nos partenaires sahéliens pour les aider notamment à affiner/réviser le CONOPS de la Force afin de (i) prioriser les zones les plus instables ; (ii) permettre une mobilité accrue de la force dans lesdites zones ; (iii) assurer un transfert rapide aux forces de sécurité intérieure pour assurer la judiciarisation des personnes appréhendées (iv) dans le strict respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Concernant la composante police, l’UE travaille aux modalités de réponses aux besoins exprimés par les différents états du G5 Sahel pour l’opérationnalisation de leurs composantes de police nationales afin de leur permettre de remplir les trois missions désignées: d’investigation, de renseignement et de prévôté. Ce soutien se fera en coordination avec les Nations Unies.

Ensuite, l’UE soutient fermement le développement et la mise en œuvre opérationnelle de la Force conjointe du G5 Sahel avec un montant total de 100 millions d’euros. Ce soutien comprend des équipements, services et infrastructures (75 millions d'euros), un soutien aux structures de paix et de sécurité du G5 Sahel (5 millions d’euros), un soutien à la MINUSMA pour un appui opérationnel et logistique à la Force Conjointe en territoire malien (10 millions d'euros), un soutien au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) pour l’établissement et la mise en œuvre d'un cadre de conformité pour le respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire pour les opérations de la Force Conjointe (10 millions d'euros), ces deux derniers points étant partie de l'Arrangement technique UE-UN-G5 signé le 23 février 2018 à Bruxelles.

Sur le soutien à la Force conjointe via la MINUSMA, il convient de noter que la résolution 2391 permet à cette mission de fournir un appui opérationnel et logistique sur le territoire malien et non sur l'ensemble des pays du G5 Sahel, ce qui peut  limiter le soutien aux bataillons en opérations dans les pays extérieurs. Aussi, l'UE soutient la recommandation du Secrétaire Général qui autorise la MINUSMA à fournir des "life consumables" à tous les bataillons opérant dans le cadre de la Force conjointe et du cadre de conformité pour le respect des Droits de l'Homme et du droit international humanitaire.

2/Sur la mise en œuvre du cadre de conformité pour les Droits de l'Homme et le droit international humanitaire, il convient de souligner qu'une première tranche de préfinancement de 5M€ a été versée au HCDH en juin 2018 et que les premières activités ont commencé tels que le déploiement d'une équipe d'assistance technique au QG de la Force conjointe afin d’assister l’Etat-major dans la révision des documents clés ou des formations données aux Officiers d'Etat-major. C'est un système très positif, sans précédent, pour une opération africaine. Il convient maintenant de l'appliquer et de l'étendre afin d'éviter toutes formes d'exactions inacceptables et discréditant une opération aux yeux de la communauté internationale et des populations civiles sur le terrain.

 

3/Enfin, l’Union Européenne joue un rôle de premier plan dans la coordination du soutien international à la Force conjointe du G5 Sahel et se réjouit de l'opérationnalisation du Fonds fiduciaire du G5 Sahel.

Le Coordination Hub, instance ad hoc mise en place par l’Union Européenne et reconnue par la résolution 2391 du CSNU, facilite la coordination de l’aide bilatérale à la force conjointe en s’attachant à aiguiller les soutiens des donateurs vers les besoins de la Force conjointe du G5 Sahel. Suite à la mise en place du comité de soutien de la Force Conjointe du G5 Sahel, basé en Mauritanie, des premiers échanges ont eu lieu entre celui-ci et le coordination hub. La mise en place de la cellule de conseil et coordination régionale en juillet prochain à Nouakchott permettra de faire monter en puissance aussi le comité de soutien de la Force conjointe et le transfert du coordination hub sur Nouakchott pour une complète appropriation de ce processus par les pays du G5.

 

Je voudrais pour conclure réaffirmer que la coopération entre l'ONU et l'UE est excellente - en particulier entre nos missions de sécurité et défense, civiles et militaires, et la MINUSMA sur le terrain. L'UE soutient pleinement l'excellent, nécessaire et indispensable travail de la MINUSMA.

L'Union européenne et ses Etats membres sont déterminés à continuer à bâtir ce partenariat avec les pays du G5 Sahel, vital pour la sécurité et le développement de la région. L'Union est disposée à maintenir son soutien en 2019 et 2020 sous réserve d'une plus grande implication des Etats du G5 Sahel dans la réalisation des objectifs sur le terrain. Il s'agit aussi de remobiliser le soutien politique et financier des autres partenaires internationaux, comme nous venons de le faire au niveau européen avec les ministres du G5 Sahel. Cet effort mutuel doit en effet être partagé de part et d'autre et s'appuyer sur un dialogue franc et efficace avec le G5 Sahel et sur des progrès concrets sur le terrain. L'élan doit être poursuivi si nous voulons que l'effort soit maintenu et renforcé. Nous comptons sur l'appui du Conseil de Sécurité qui est indispensable à la poursuite de ces efforts, tant sur le plan politique que sur celui du soutien logistique et financier au G5 Sahel et à sa Force conjointe.

 

Je vous remercie, Monsieur le Président./.

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