Delegation of the European Union to the Dominican Republic

La Côte d’Ivoire et l'UE

11/05/2016 - 16:16
EU relations with Country

L’Union européenne entretient depuis 1961 des relations politiques et économiques privilégiées avec la République de Côte d’Ivoire.

Les relations politiques et économiques entre l’Union européenne et la Côte d’Ivoire, sont inscrites dans le cadre de l’Accord de Cotonou. Cet accord, révisé en 2005 et en 2010, a pour objectifs de promouvoir une approche stratégique commune pour la réduction de la pauvreté et l’intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale. Il instaure un dialogue politique bilatéral afin d’échanger des informations, favoriser la compréhension commune et la définition d'engagements mutuels.

L'engagement de l'Union européenne auprès de la Côte d'Ivoire a été constant malgré les périodes de crises et les changements de gouvernement. Ce partenariat, inscrit dans la durée, repose sur le respect des valeurs et des intérêts fondamentaux partagés. L’UE s’est ainsi fortement engagée en faveur de la paix et de la démocratie, notamment durant la crise survenue après les élections de 2010, où elle a pris des mesures pour faire respecter le choix démocratique du peuple ivoirien appelé aux urnes.  

L’UE travaille en étroite collaboration avec le Gouvernement ivoirien afin de redonner à la Côte d’Ivoire son rôle de pôle régional de stabilité et de croissance. Elle soutient les efforts du Gouvernement en faveur de la réconciliation nationale, du renforcement de l’état de droit et de la bonne gouvernance, ainsi que la relance socio-économique du pays.

Au niveau régional, l’UE appuie la Côte d’Ivoire dans sa volonté de reprendre toute la place dans les instances sous-régionales et régionales.

L’Union européenne est le premier partenaire commercial et le premier investisseur privé de Côte d’Ivoire.

D’un point de vue économique et commercial, la Côte d’Ivoire, le pays du cacao, joue, un rôle moteur dans la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Elle est également l'un des principaux acteurs, avec le Ghana, de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA).

Dans le cadre de l’Accord de Cotonou, les relations commerciales évoluent d'un régime préférentiel unilatéral à des Accords de Partenariat économique (APE), qui établissent le libre échange commercial réciproque entre l'Union européenne et les pays ACP.

La Côte d‘Ivoire et l’Union européenne ont signé le 26 novembre 2008 un Accord de Partenariat économique Intérimaire, en attendant l'avancement des négociations de l’Accord de Partenariat régional (APE) entre l'Afrique de l'Ouest et l’UE.

C’est en 2014 que l’APE régional a été conclu, après dix ans de discussions, entre 15 États membres de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et la Mauritanie, l’UEMOA l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest) et l'UE. L'APE intérimaire de la Cote d'Ivoire a été ratifié par l'Assemblée Nationale le 12 Août 2016 et est rentré en application provisoire depuis le 3 Septembre 2016.

L’entrée en vigueur de cet Accord de Partenariat va permettre aux pays de la CEDEAO de profiter des bénéfices relatifs aux sujets commerciaux. En outre, l’Accord contient des dispositions d’un partenariat pour le développement (PAPED) afin de soutenir et préparer les pays de la région à une ouverture progressive et partielle des marchés.

Dans ce cadre de développement, le Gouvernement de Côte d’Ivoire a mis en œuvre, avec le soutien de l’Union européenne, un ambitieux « Programme d’Appui au Commerce et à l’Intégration Régionale », le PACIR. Ce programme permet d’améliorer le cadre des affaires, de renforcer la compétitivité des entreprises ivoiriennes, de faciliter les échanges commerciaux avec des résultats tangibles.

En outre, l'UE et la Côte d'Ivoire ont convenu d'un Accord de partenariat dans le secteur de la pêche pour la période du 1er juillet 2007 au 30 juin 2013.

L’Union européenne maintient un partenariat solide avec le Gouvernement ivoirien, qui se veut structurel et permanent, indépendamment des changements et aléas politiques. En 2016, elle demeure un partenaire incontournable de la Côte d'Ivoire, avec un portfolio qui couvre des domaines aussi variés que les infrastructures, la bonne gouvernance, le genre, la santé, l'agriculture, l'énergie, ou encore, l'aide humanitaire.  

Le Programme Indicatif National (PIN) pour la période 2014-2020 prévoit une enveloppe de 273 millions d'euros pour la Côte d'Ivoire, répartis entre trois secteurs principaux :

  • Renforcement de l'État et Consolidation de la Paix (€ 60 millions)
  • Agriculture et Sécurité Alimentaire (€ 60 millions)
  • Énergie (€ 139 millions)

Le programme inclut aussi des enveloppes spécifiques pour des mesures d'appui et de renforcement de la société civile (€ 14 millions pour la période mentionnée).

Outre la contribution du Fonds européen de Développement (FED), des lignes spécifiques pour la protection des droits humains (IEDDH), ou encore pour l'appui à la société civile (OSC) et aux autorités locales (AL), complètent ces outils mis à disposition de la Côte d'Ivoire par l'UE.

L’orientation des fonds communautaires destinés à la Côte d’Ivoire est décidée en partenariat avec le Gouvernement ivoirien, dans le cadre du Plan National de Développement (PND 2016-2020). 

La société civile est un acteur indispensable dans un système démocratique participatif. Une société civile forte, riche et diversifiée, représente un facteur essentiel de cohésion sociale et de défense des droits et des libertés.

L'action de l'Union européenne et de ses Etats Membres en Côte d'Ivoire est guidée par la 'Feuille de route Société Civile 2016-2020' signée le 21 juillet 2016. Cette feuille de route est axée autour de trois priorités : i) promotion d'un environnement propice au développement de la société civile; ii) établissement d'un dialogue entre la société civile, l'Etat et les institutions de coopération internationale et iii) renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles des organisations de la société civile comme acteurs de développement et de contrôle citoyen.

L’Union européenne soutient les Organisations de la Société Civile (OSC) par le biais du projet Leadership et Initiatives des Acteurs Non Etatiques (LIANE 1 et LIANE 2) et le renforcement de leurs capacités d’action. Elle souhaite voir s'établir des conditions devant permettre à ces organisations de la société civile de participer au dialogue et au développement politique, économique, social et environnemental du pays.

Les organisations de la société civile ont également un rôle d’agents d’exécution des programmes et projets de l’Union européenne. La coopération avec la société civile permet de promouvoir l’appropriation locale des processus de développement à tous les niveaux et ainsi d’assurer une exécution et un suivi plus efficace des projets.

L’Union européenne a développé en Côte d’Ivoire un cadre de dialogue et d’échanges avec les organisations non gouvernementales sur des questions fondamentales, telles que la défense des droits de l’homme, l’évaluation des besoins humanitaires ou le renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance. Ce dialogue a permis aux organisations non gouvernementales de jouer un rôle essentiel, notamment dans l’observation électorale, lors des élections présidentielles et des législatives, et aujourd’hui, dans les projets de réconciliation et de renforcement de la démocratie et de l'Etat de droit.

De même, l'Union européenne a favorisé un exercice de réflexion et plaidoyer en vue de la révision du cadre législatif qui régit la vie associative en Côte d'Ivoire (Loi des Associations de 1960). Dans ce sens, un cahier de charges qui regroupe les propositions et recommandations émanant de la société civile a été transmis au gouvernement pour sa prise en compte.

L'Union européenne compte parmi les premiers donateurs d'aide humanitaire au monde. L'Office Humanitaire et de la protection civile, ECHO, de l'Union européenne s'engage à apporter une assistance significative aux victimes de conflits ou dans le cadre de catastrophes naturelles. Faire face aux besoins vitaux des victimes tout en préservant leur dignité est un impératif moral pour l'Union européenne.

L’Union européenne a ainsi apporté une aide humanitaire d'urgence à la Côte d’Ivoire dès le début de la crise postélectorale, en décembre 2010. Près de 40 milliards de Fcfa (60 millions d’euros) ont ainsi été débloqués pour assister les populations ivoiriennes victimes de la crise en Côte d'Ivoire et dans les principaux pays voisins.  Cette assistance a permis de fournir rapidement un accès aux soins de santé, de la nourriture, de l’eau potable, et des abris aux populations vulnérabilisées par le conflit.  L'assistance ECHO a permis à près de 1,8 millions de personnes de bénéficier de cette aide humanitaire. 

Un bureau permanent d’ECHO a été ouvert au sein de la Délégation de l'Union européenne de 2011 à 2016 pour continuer de répondre aux besoins humanitaires les plus pressants tout en développant une stratégie de relance à moyen terme et ainsi assurer le lien entre l'urgence et le développement : le Partenariat pour la Transition. Les domaines prioritaires d'intervention étaient la santé primaire, la sécurité alimentaire et l'appui aux moyens d'existence et enfin l'assistance au retour des populations (à travers des actions d'éducation et de cohésion sociale).

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