Delegación de la Unión Europea en Costa Rica

Cérémonie de signature de deux contrats de subventions avec le CEDEM et la Fondation Joseph Lagesse pour des actions de prévention des violences à l’égard des filles et des grossesses précoces et des actions pour l’autonomisation des filles

Mauritius , 24/11/2020 - 08:00, UNIQUE ID: 201124_2
Speeches of the Ambassador

Madame Moorghen, Secrétaire Permanente, représentant Kalpana Devi Koonjoo-Shah, Ministre de l’Egalité de genre et du Bien-être de la famille

Madame Rita Venkatasamy, Ombudperson for Children 

Madame Hossen Saeb du Centre d’Éducation et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM)

Madame Martine de Souza de la Fondation Joseph Lagesse

Chers Représentants de la presse

Il y a un an, nous parcourrions ensemble les rues de Port Louis dans le cadre d'une marche blanche contre la violence faite aux femmes. Madame la Ministre tout juste nommée était des nôtres comme de nombreuses femmes parlementaires de tous les bords politiques, regroupés pour exprimer notre indignation face à ces crimes choquants et en invitant la société et chacun de nous à agir selon ses moyens et responsabilités.

Aujourd'hui, je vous remercie donc de votre présence à cette cérémonie qui va marquer un engagement concret de l'UE par la signature de deux contrats de subventions pour la prévention de la violence à l'égard des femmes et des filles et l'autonomisation des filles.

Ces subventions sont octroyées au titre de notre appel à projets « Appui aux organisations de la société civile », qui a été lancé précisément à la fin de l’année dernière. Cela a pris un peu de temps, car il a suscité beaucoup d’intérêt parmi les ONGs, à en juger par le nombre important de demandes que nous avons reçues.

L'égalité entre les femmes et les hommes est un principe fondamental de l'Union européenne

L'égalité entre les femmes et les hommes est un principe fondamental de l'Union européenne. C'est un thème  clé de notre action extérieure. 

Nous sommes convaincus que tout individu, quel que soit son sexe, doit pouvoir vivre à l'abri de la violence et poursuivre la voie qu'il ou elle a choisi dans la vie.

Nous nous sommes engagés à poursuivre et intensifier nos efforts en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes dans le monde entier, dans le cadre de la mise en œuvre des objectifs de développement durable des Nations Unies.

Nous avons établi depuis trois ans déjà un dialogue politique avec le gouvernement de Maurice sur le genre, signe de notre engagement commun dans ce domaine clé du développement durable. Lors du troisième dialogue que j'ai eu l'honneur de coprésidé avec la Ministre en juin dernier, une de nos priorités a été la lutte contre la violence envers les femmes et les filles et leur accompagnement précisément vu la croissance alarmante des cas de féminicides à Maurice fin 2019 et début 2020. 

Avec la signature des deux contrats de subvention aujourd'hui en présence de la représentante de la ministre et de l'Ombudsperson pour les enfants, un de nos principaux partenaires institutionnels mauriciens, est le signe de notre engagement concret pour protéger les femmes et les filles et leur permettre de développer leur plein potentiel.

Force est de constater que l'égalité entre les femmes et les hommes n'est pas encore une réalité dans notre société. Les femmes n'ont pas encore développé pleinement leur potentiel. Leur chemin est jonché de nombreux obstacles.

En Europe et au-delà, les femmes continuent d'être la cible de violences, de stéréotypes et de discours de haine à caractère sexiste.

De plus, nous devons tous reconnaître que la crise sanitaire internationale issue de l’épidémie liée au Covid-19, en sus d'avoir eu un impact sur les différentes sphères de la société, a également eu un impact sur l'égalité des sexes.

Qu’est-ce que nous avons constaté? Une augmentation des violences conjugales et intrafamiliales et un accès réduit à la contraception, soulignant combien les droits des femmes sont profondément touchés.

Les mesures de confinement introduites pour freiner la pandémie de COVID-19 ont forcé tous les humains à se retrancher dans leurs domiciles, avec pour résultat une hausse inquiétante des actes de violence perpétrés à l’encontre des femmes et de jeune filles, une violence qui atteignait déjà des niveaux pandémiques dans beaucoup de pays.

Les leçons apprises de la pandémie du COVID-19 nous montrent que nous devons redoubler d'efforts pour lutter contre les inégalités auxquelles les femmes sont encore confrontées.  Il y a beaucoup à faire pour assurer qu’elles mènent leur vie dans les meilleures conditions.

La signature de deux contrats de subventions

Nous célèbrerons demain la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Comme vous le savez, cette journée internationale marque également le début de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre qui prendra fin le 10 décembre prochain avec la Journée des droits de l’homme.

Cet engagement de l'Union européenne et de ses Etats membres auprès de la société civile en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes ne date pas d'hier. Depuis plus de quinze ans, à travers le Decentralised Cooperation Programme, l'UE a soutenu plus de 400 projets de la société civile pour un montant global de près de Rs 642 million. Une centaine de ces projets ont porté sur l’égalité de genre, la lutte contre la violence domestique, l’autonomisation des femmes et des filles entre autres. Mais ce combat nécessite de la constance et de la persévérance!

Chers membres de la presse,

C'est pourquoi j’ai le plaisir maintenant d’annoncer les heureux bénéficiaires de ces subventions:

Le Centre d’Éducation et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM) pour leur action - intitulée “Learning to brave the odds: A specialised empowerment programme for vulnerable adolescent girls living in residential care” – qui porte sur l’épanouissement des jeunes filles qui ont subi la violence familiales, l’exclusion sociale et la pauvreté et qui habitent le centre résidentiel ;

Contribution UE : EUR 280 810 – (près de Rs 13 millions).

La Fondation Joseph Lagesse  pour leur action - “Horizon 2024: A teenage pregnancy prevention initiative“ – dont  l’activité principale sera concentrée sur la réduction des cas de violence domestique et grossesse précoce – phénomène croissant dans la région de Bois Marchand (connue pour être une poche de pauvreté) ;

EU contribution : EUR 265 000 (près de Rs 12,2 millions).

Je tiens à féliciter ces deux organisations dont le plaidoyer et l'action concrète pour la cause de l’égalité des sexes, pour l’épanouissement des femmes et des filles et contre la violence domestique, sont connus et reconnus de tous. 

J'ai aussi le plaisir d'annoncer que nous ne nous arrêterons pas là: nous avons deux autres subventions dans le domaine du genre que nous prévoyons d'octroyer d'ici la fin de l'année. 

Au total c'est plus de 55 millions de roupies que l'Union européenne investit dans la lutte contre la violence à l'égard des femmes et des filles et dans l'autonomisation des femmes pour cette priorité.

Pour conclure, je souhaite également profiter de l’occasion pour vous annoncer que l’Union européenne présente aujourd’hui son nouveau plan d'actions pour l'égalité entre les femmes et les hommes (communément appeler le Gender Action Plan - GAP) III pour la période 2020 – 2025.  Ce plan d’actions établit des lignes directrices pour l’UE et ses Etats membres pour contribuer à l’atteinte de l’objectif de développement durable no 5 (Egalité entre les sexes) en Europe et dans tous les pays partenaires.

L'adoption de ce plan est le signe que l'égalité entre les femmes et les hommes est véritablement une priorité forte et  constante de l'Union européenne et de ses Etats membres.

Ce plan, qui vise à promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, nous guidera dans notre action à Maurice.

Le GAP III fournit un cadre politique permettant à l'UE de faire la différence dans ses pays partenaires (incluant Maurice) surtout dans un contexte où les conséquences sanitaires et socio-économiques de la crise COVID-19 sont particulièrement dévastatrices pour les femmes et les filles.

A travers ce plan, nous comptons intensifier nos actions dans les domaines stratégiques tels que:

  • la lutte contre toutes les formes de violence fondée sur le sexe ;
  • le droit de santé sexuelle et reproductive ;
  • les droits économiques et sociaux et autonomisation des filles et des femmes ;
  • la participation et prise de responsabilité à part égale
  • les femmes, paix et sécurité, et
  • les transformations écologiques et numériques.

Ce nouveau plan d’action sur le genre (le GAP III) sera un outil d’une grande importance, car il guidera notre future intervention sur le terrain et surtout auprès de la société civile.  Mais plus important, il sera un outil de référence essentiel pour notre dialogue politique sur le genre avec le gouvernement mauricien et avec Madame la Ministre.

Je vous remercie de votre attention.

 

 

Secciones editoriales: