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EU Maritime Security Factsheet: The Gulf of Guinea

Bruxelles, 25/01/2021 - 11:57, UNIQUE ID: 181022_1
Factsheets

Le Golfe de Guinée est une région vaste et diversifiée qui s’étend du Sénégal à l’Angola et couvre environ 6,000 km de côtes. Il s’agit d’une importante zone maritime du transport de pétrole et de gaz, ainsi que de marchandises à destination et en provenance de l’Afrique centrale et australe. Chaque jour, environ 1 500 navires de pêche, navires-citernes et cargos naviguent dans ses eaux. La piraterie, les vols à main armée en mer, les enlèvements de marins, la pêche illicite, la contrebande et le trafic, ainsi que la criminalité transnationale organisée constituent une menace majeure pour la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée et, en fin de compte, pour le développement économique de l’ensemble de la région. Le plan d’action relatif à la stratégie de sûreté maritime de l’UE ainsi que la stratégie et le plan d’action de l’UE pour le Golfe de Guinée définissent la réponse de l’UE à ces défis.

1. Politique de sûreté maritime de l’UE

1.1. La stratégie de sûreté maritime de l’UE et le Golfe de Guinée

Le plan d’action relatif à la stratégie de sûreté maritime de l’UE comporte une section axée sur la région, avec une série d’actions consacrées au Golfe de Guinée.

Il invite notamment l’UE à continuer de soutenir la mise en oeuvre de la stratégie et du plan d’action pour le Golfe de Guinée, ainsi que les efforts nationaux et régionaux déployés dans le cadre de l’architecture de Yaoundé (voir carte).

1.2. La stratégie de l’UE pour le Golfe de Guinée

En 2014, l’UE a adopté une stratégie de l’UE pour le Golfe de Guinée afin de soutenir les objectifs de l’«architecture de Yaoundé» — l’engagement intrarégional entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la Commission du Golfe de Guinée (CGG), signé lors du sommet des chefs d’État de Yaoundé en juin 2013 pour lutter contre la criminalité maritime au sens large.

Le plan d’action de l’UE pour le Golfe de Guinée a ensuite été lancé pour soutenir la mise en oeuvre de la stratégie de l’UE pour le Golfe de Guinée. Par l’intermédiaire de la stratégie et du plan d’action, l’UE vise à soutenir les efforts déployés au niveau régional pour relever les nombreux défis que représentent la sécurité maritime et la criminalité transnationale organisée dans le cadre de ses travaux avec l’Afrique occidentale et centrale.

Comme indiqué dans le plan d’action, l’UE s’emploie à sensibiliser et à comprendre la menace que représente la sécurité maritime, à renforcer les organisations travaillant aux niveaux régional et national, à renforcer la coopération entre les acteurs nationaux, régionaux et internationaux et à promouvoir des économies et communautés côtières plus prospères et résilientes.

2. Coopération régionale dans le Golfe de Guinée

En 2020, selon le Bureau maritime international, le Golfe de Guinée a connu 84 attaques contre des navires, 135 marins enlevés pour rançon. Le Golfe de Guinée a connu une augmentation de près de 50 % des enlèvements de rançon entre 2018 et 2019 et d’environ 10 % entre 2019 et 2020. La région représente aujourd’hui un peu plus de 95 % de l’ensemble des enlèvements de rançon en mer.

Le renforcement de la coopération entre les pays de la région et les organisations régionales compétentes devrait contribuer à réduire ces menaces en mer ainsi que ses sources terrestres. À cette fin, l’UE collabore étroitement avec les États côtiers et entretient une coopération avec des organisations régionales telles que la CEDEAO et la CEEAC. Elle travaille également en étroite collaboration avec des organisations internationales clés telles qu’Interpol et le programme mondial de lutte contre la criminalité maritime de l’ONUDC.



En outre, le G7 + Amis du Golfe de Guinée (G7 + + FOGG) joue un rôle important dans la promotion du programme de sécurité maritime dans la région en rassemblant les États côtiers, les acteurs privés et les acteurs régionaux et internationaux dans les efforts qu’il déploie pour promouvoir une coopération internationale accrue.

2.1. Le code de conduite de Yaoundé et le partage régional d’informations

En juin 2013, les gouvernements des pays du Golfe de Guinée et des pays voisins du Golfe de Guinée ont signé le « Code de conduite concernant la répression de la piraterie, Armed Robbery against Ships and Illicit Maritime Activity in Western and Central Africa », plus largement connu sous le nom de « Code de conduite de Yaoundé ».

Son objectif est de promouvoir la coopération maritime régionale et un environnement maritime stable qui puisse contribuer à la prospérité régionale. Conformément au code de conduite, les signataires mettent en place des centres régionaux pour le partage et la coordination de l’information. Il s’agit notamment du centre de coordination interrégional (ICC) à Yaoundé, au Cameroun; Le Centre régional pour la sécurité maritime de l’Afrique de l’Ouest (CRESMAO) à Abidjan, Côte d’Ivoire; et le Centre régional pour la sécurité maritime d’Afrique centrale (CRESMAC) à Pointe Noire, Congo.

 

L'architecture de Yaoundé - Organigramme

Des centres multinationaux de coordination maritime (CMMC) ont également été créés sous la forme de centres zonaux, dont celui de Douala couvrant le Gabon, la Guinée équatoriale et le Cameroun (zone D); Cotonou, couvrant le Nigeria, le Bénin et le Togo (zone E); et Accra, couvrant le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée (zone F). Des plans sont en place qui devraient bientôt permettre l’achèvement d’autres centres zonaux à Luanda couvrant l’Angola, le Congo et la RDC (zone A) et à Praia, couvrant la Guinée-Bissau, le Sénégal, la Gambie et le Cap-Vert (zone G).

 

L'architecture de Yaoundé - Carte

3. Que fait l’UE pour promouvoir la sûreté maritime dans le Golfe de Guinée?

L’UE est déterminée à améliorer la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée et à contribuer activement au développement des capacités des États côtiers dans la région. Un ensemble de programmes et de projets axés sur le cadre juridique, les règles opérationnelles, le partage d’informations, la formation et le renforcement des capacités sont tous axés sur la mise en oeuvre de la stratégie et du plan d’action pour le Golfe de Guinée. Le financement provient à la fois de l’instrument contribuant à la sécurité et à la paix (IcSP) et du Fonds européen de développement (FED).

3.1. Programmes et projets de l’UE dans le Golfe de Guinée

Le mécanisme de surveillance, de soutien et d’évaluation des routes maritimes critiques (CRIMSON) est un projet global de 2 millions d’euros reliant et promouvant la compréhension de toutes les composantes du programme pour les routes maritimes critiques actuellement mis en oeuvre dans le Golfe de Guinée et dans l’océan Indien. Il assure la cohérence, la visibilité et la communication, le suivi et l’évaluation, l’analyse des politiques et les recommandations d’experts pour les projets couverts par ce programme-cadre.

Le réseau interrégional du Golfe de Guinée (GoGIN), lancé en décembre 2016, est un projet d’un montant de 9.3 millions d’euros qui vise à améliorer la sûreté et la sécurité maritime dans 19 pays de la région, principalement en soutenant la formation et la mise en place du réseau régional de partage d’informations de l’architecture de Yaoundé — YARIS — qui contribuera à renforcer la sensibilisation au domaine maritime. Le Danemark cofinance le projet avec une contribution de 1.8 millions d’euros.

Le soutien à la sécurité maritime intégrée en Afrique de l’Ouest (SWAIMS), qui a débuté en 2019 avec une enveloppe de 28 millions d’euros, vise à soutenir la mise en oeuvre de la stratégie maritime intégrée de la CEDEAO et à améliorer la sécurité et la sûreté maritimes dans le Golfe de Guinée, en accordant une attention particulière à l’amélioration des cadres, des capacités et de la mise en oeuvre de l’application de la loi et de la gouvernance.

Le programme d’appui à la stratégie de sécurité maritime en Afrique centrale (PASSMAR), lancé en 2019, apportera un soutien de 10 millions d’euros à la région de l’Afrique centrale en renforçant le cadre institutionnel, juridique et opérationnel de la coopération maritime transfrontalière, y compris avec le secteur privé et la société civile.

L’amélioration de la gouvernance régionale des pêches en Afrique de l’Ouest (PESCAO), lancée en 2018 avec un budget de 15 millions d’euros, vise à renforcer l’approche régionale de l’utilisation et de la gestion durables des ressources halieutiques, y compris la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN). La gestion globale est menée avec la CEDEAO en étroite collaboration avec le Comité des pêches pour le Golfe de Guinée Centre-Ouest (FCWC) et la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), et implique le soutien de l’Agence européenne de contrôle des pêches (AECP).

Le projet de sûreté portuaire de l’Afrique occidentale et centrale (WeCAPS), qui a débuté en 2019, pour un montant de 8.5 millions d’euros, vise à améliorer la sûreté portuaire dans les pays partenaires ciblés d’Afrique occidentale et centrale. Il remédiera aux vulnérabilités liées à la sûreté portuaire en aidant à se conformer aux normes internationales en matière de sûreté des navires et des installations portuaires (ISPS) et en soutenant le renforcement de la résilience et de la préparation en cas de crises telles que des attaques ou des explosions.

L’amélioration de l’efficacité des douanes et des opérations portuaires dans les ports africains (IPCOEA) a débuté en 2019 avec un budget de 1.88 millions d’euros dans le but d’améliorer l’efficacité des procédures douanières, de dédouanement des marchandises et administratives dans les ports de la région de la CEDEAO par la mise en oeuvre d’un système de guichet unique fournissant tous les services dans un seul espace. À l’heure actuelle, le projet couvre le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Sénégal et la Sierra Leone.

Le projet de coopération portuaire (SEACOP), lancé en 2015, pour un montant de 6 millions d’euros, vise à renforcer les capacités et la coopération en matière de lutte contre le trafic maritime illicite dans les pays et les réseaux criminels associés sur la route transatlantique de la cocaïne. Le projet vise à renforcer les capacités dans les ports maritimes en soutenant la mise en place d’unités conjointes de contrôle maritime dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, d’Amérique latine et des Caraïbes. Un autre programme SEACOP est en cours de préparation pour 2021-23.

Le renforcement de la coopération en matière d’enquêtes pénales et de justice pénale le long des routes du trafic de drogue (CRIMJUST), qui a lieu depuis 2016, est un projet de 12 millions d’euros mis en oeuvre par l’ONUDC, qui vise à renforcer les capacités et l’intégrité des institutions de justice pénale pour la coopération régionale et interrégionale visant à lutter contre le trafic de drogue et la criminalité transnationale organisée en Afrique de l’Ouest, entre autres régions.

 

Coopération UE-ONUDC en matière de sécurité et de surveillance maritimes dans le Golfe de Guinée

Le programme mondial de lutte contre la criminalité maritime (GMCP) de l’ONUDC a soutenu plusieurs exercices maritimes qui ont fait appel aux produits satellitaires du programme Copernicus de l’UE. Grâce à la technologie fournie par Copernicus de l’UE et mise en oeuvre par l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM), un soutien a été apporté à un certain nombre d’agences chargées de faire appliquer la loi maritime contribuant à accroître leurs capacités opérationnelles en matière d’application de la législation maritime. Des images satellites ont été utilisées dans des exercices de formation avec la Côte d’Ivoire, le Ghana, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal, le Togo et le Cap-Vert.

 

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