Delegation of the European Union to Central African Republic

Discours d'ouverture de Federica Mogherini à la Conférence de Bruxelles pour la République centrafricaine

Bruxelles, 17/11/2016 - 11:30, UNIQUE ID: 161117_11
Remarks

Discours d'ouverture de la Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité / Vice-Présidente de la Commission européenne Federica Mogherini à la Conférence de Bruxelles pour la République centrafricaine

Bruxelles, 17 Novembre

Seul le texte délivré fait foi !

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Vice-présidents et les Ministres,

Excellences, Mesdames, Messieurs, chers amis,

La République centrafricaine vit aujourd'hui un moment clé de son histoire.

Il y a seulement trois années, la République centrafricaine était au bord du gouffre. Mais le peuple centrafricain a tourné la page. Il a accompli des progrès impressionnants avec le soutien de la communauté internationale. La République Centrafricaine s’est fièrement tournée vers la démocratie et l’état de droit. Ceux qui disent que l’Afrique ne peut pas progresser, qu’il n’y a pas d’espoir en Afrique, ils ont été démentis par les évènements en Centrafrique.

Et l'Union européenne s’est rangée clairement du côté du changement et de la paix.

Le gouvernement et le parlement issus des élections ont reçu un mandat clair. Le Président Faustin-Archange Touadéra parle avec conviction de la nécessité de rompre avec les divisions du passé, pour une vraie réconciliation nationale. Monsieur le Président, je peux vous le garantir, vous avez le plein soutien de l'Union européenne - et je peux dire de toute la communauté internationale -  pour cette approche.

Toutefois, les progrès en République Centre Africaine n’iront pas de soi. Les défis demeurent immenses. La moitié de la population centrafricaine dépend encore de l’aide humanitaire pour survivre. Plus de 380,000 hommes, femmes et enfants sont déplacés à l’intérieur du pays, et des milliers de centrafricains se trouvent encore dans les pays voisins. Je voudrais ajouter, en tant qu'Européenne, que lorsque nous parlons en Europe ou ailleurs dans le monde de « crises de réfugiés », nous devons toujours nous rappeler que la plupart des réfugiés dans le monde sont en mouvement à l’intérieur du continent africain. En continuant à répondre à leurs besoins immédiats, nous devons aussi construire ensemble les conditions pour qu’ils puissent rentrer chez eux.

Les tensions récentes dans le pays et les attaques contre les camps de déplacés ont montré que le chemin vers la réconciliation nationale et la reconstruction ne sera pas facile. La situation sécuritaire, en dépit de certains progrès, reste fragile. Le revenu national brut par habitant est encore le plus faible au monde. Maintenant les Centrafricains s’attendent à juste titre à voir les fruits de la démocratie se concrétiser.

C’est le désir de paix et de prospérité des Centrafricains et Centrafricaines qui constitue le principal facteur de succès pour faire face à ces défis. Le gouvernement, je voudrais le remercier pour cela, s’est engagé dans un ambitieux programme de réformes dans deux documents clés : D'abord un plan de relèvement et de consolidation de la paix, et également un cadre d’engagements mutuels avec la communauté international, qui va être signé dans la matinée d'aujourd'hui.

Ensemble, ces deux documents présentent un programme ambitieux de reformes et d'investissement. Ils incluent une stratégie pour la réconciliation nationale, qui est la base de tout développement soutenable. Ils comprennent une stratégie pour le désarmement, la démobilisation, la réintégration et le rapatriement des combattants étrangers, ainsi qu’une indispensable réforme des secteurs de la sécurité et de la justice. Il est complété par une stratégie pour le retour des personnes déplacées. C’est un programme vaste et ambitieux, une feuille de route claire et agréé ensemble.

La communauté internationale a un rôle fondamental à jouer dans la mise en œuvre de ce plan. Les besoins en termes de reconstruction sont immenses – ils sont estimés à 1.6 milliards de dollars sur les trois prochaines années. C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui, tous ensemble. Parce que c'ensemble que nous sommes plus forts et nous pouvons soutenir l’espoir de la population centrafricaine. 

L'Union européenne est le plus grand fournisseur d’aide internationale en Centrafrique. Notre fond fiduciaire pour la Centrafrique s’appelle « Bêkou », ce qui signifie précisément « espoir » dans la langue Sango. C’est le tout premier fonds fiduciaire européen multi-bailleurs, qui est et restera dans les années à venir, à la disposition de tous les partenaires comme outil permettant de canaliser leur aide. C’est un outil innovateur, qui nous permet d’agir plus rapidement et avec une meilleure coordination.

Mais notre engagement comprend aussi trois missions militaires et une mission d'observation électorale. Ainsi, nous mettons ensemble des outils de développements originaux avec notre travail sur la sécurité, sur les réfugiés, sur les réformes. La situation en République centrafricaine nous a inspirés pour proposer une nouvelle initiative sur les renforcements de capacités sur la sécurité et le développement, qui comprend aussi le soutien aux forces armées- nous avons discuté de cela avec le Président en juin dernier. C’est le type d'approche conjointe que l’Union européenne peut offrir, conformément à notre Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité.

Permettez-moi aussi de souligner l'importance dans ce cadre de la contribution déterminante de la France à travers l'opération Sangaris.

Je suis honorée de présider nos travaux ce matin conjointement avec Son Excellence, le Président Touadéra, qui va dans quelques instants partager avec nous sa vision de l'avenir de la République centrafricaine. Ensuite, les Nations unies, dont je salue le Vice-Secrétaire General, Jan Eliasson, mais aussi le Représentant spécial du Secrétaire-General, Parfait Onanga. Et après la Banque mondiale, représentée par son Vice-Président Jan Walliser, et l'Union africaine, représentée par le Commissaire Smail Chergui, qui vont ouvrir le premier tour de table des interventions des partenaires de la République centrafricaine. Mon collègue, le Commissaire Stylianides va compléter ces interventions en rappelant les défis humanitaires persistants.

Je suis heureuse aussi de reconnaitre plusieurs ministres des pays de la région. La région de l'Afrique centrale a joué un rôle clé en soutien de la République Centrafricaine et nous continueront à soutenir les efforts des organisations régionales CEEAC et CEMAC.

Je tiens aussi à souligner que nous avons la chance d'accueillir des représentants de la société civile aujourd'hui.  Cette voix du terrain nous aidera sans doute à mieux comprendre comment assoir le soutien des citoyens pour la mise en œuvre des réformes. Dans l'après-midi, mon collègue le Commissaire Mimica présidera conjointement avec le Président Touadéra la deuxième session des interventions des partenaires.

Et finalement, je voudrais souligner que nous comptons sur vous tous pour annoncer des contributions financières durables et réitérer la détermination politique de vos pays à aider le peuple centrafricain. Je laisserai mon collègue, le Commissaire Mimica, cet après-midi annoncer la contribution considérable, très considérable de l'Union européenne.

Car le changement ne se fera ni tout seul ni tout de suite, mais seulement avec nos efforts collectifs dans la durée. Les Centrafricains ont tourné une page de leur histoire.  Même le pape François a mis la République Centrafricaine au cœur du Jubilé de la Miséricorde, qu’il a ouvert officiellement en Novembre 2015 à Bangui. C’est à nous, maintenant, de faire notre part pour contribuer à un avenir meilleur pour tous les Centrafricains.

Monsieur le Président, je voudrais vous remercier pour votre travail et votre présence aujourd'hui avec nous et je suis honorée de vous donner la parole.

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