La Délégation de l'Union européenne au Canada

Groupe de contact international sur le Venezuela: déclaration ministérielle

Brussels, 23/09/2019 - 22:48, UNIQUE ID: 190923_16
Statements by the Spokesperson

New York, le 23 septembre 2019

Le groupe de contact international (GCI) s'est réuni au niveau ministériel à New York le 23 septembre. Le groupe a salué la toute première participation du Panama en qualité de membre à part entière.

Les membres du GCI ont réaffirmé que la seule solution durable à la crise vénézuélienne est une solution politique, pacifique et démocratique, excluant l'usage de la force et passant par la tenue d'élections présidentielles crédibles et transparentes. Ils se sont déclarés préoccupés par la suspension temporaire des pourparlers entamés à Oslo et ont exhorté les parties à revenir à des négociations inclusives, crédibles et sérieuses sur la base de l'ordre du jour défini précédemment.

Pour être crédibles, les négociations doivent être représentatives et offrir une véritable perspective de retour à la démocratie et à l'État de droit au Venezuela. L'Assemblée nationale, en tant qu'organe démocratiquement élu, doit être un acteur central de ce processus. La "table nationale" récemment créée entre les autorités et certaines forces politiques minoritaires n'offre pas les garanties nécessaires en vue d'un processus participatif et inclusif.

La situation qui règne dans le pays ne permet pas de nouveaux atermoiements. Une transition négociée débouchant sur des élections présidentielles crédibles et transparentes sous contrôle international, le rétablissement des prérogatives de puissance publique et la mise en place d'un ensemble de garanties permettant la coexistence politique sont autant d'éléments essentiels pour surmonter la crise, parvenir à la réconciliation nationale et relancer l'économie. Toute autre voie ne peut mener qu'à une plus grande polarisation, à une nouvelle détérioration de la situation humanitaire et à une montée des tensions régionales, avec de graves risques d'erreurs d'appréciation.

La gravité des conclusions de la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme sur la situation dans le pays ne peut être ignorée. Le groupe demande instamment une coopération pleine et entière avec le Haut‑Commissariat et avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, notamment pour ce qui est de faciliter un accès sans entrave au pays. Le groupe soutient les mesures prises pour ouvrir un bureau à part entière du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) au Venezuela. Les recommandations contenues dans le rapport de la Haute-Commissaire devraient être pleinement mises en œuvre dans leur totalité, en particulier s'agissant de celles axées sur la prévention, les enquêtes, l'obligation de rendre des comptes, les réparations et les garanties de non‑répétition. Le GCI est disposé à aider la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme dans les efforts qu'elle déploie en vue de garantir la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales au Venezuela.

Le GCI prend acte de la libération conditionnelle accordée au vice-président de l'Assemblée nationale, Edgar Zambrano, mais insiste sur le fait que tous les autres prisonniers politiques détenus arbitrairement devraient être libérés immédiatement.

Le GCI réaffirme sa vive inquiétude face à la détérioration rapide de la situation humanitaire au Venezuela. Le manque d'accès aux services de base et à l'alimentation, les pénuries d'eau, d'électricité et de carburant ainsi que l'augmentation des niveaux de violence ont engendré des besoins de grande ampleur et poussé les citoyens à quitter le pays.

Le GCI prend acte de la reconnaissance officielle de l'état de crise humanitaire et se félicite des améliorations considérables qui ont été apportées à la mise en place et à la coordination du système humanitaire. Il salue les efforts déployés par les Nations unies et tous les acteurs travaillant au sein de l'équipe de pays pour l'action humanitaire pour recueillir des informations et publier le premier plan de réponse humanitaire visant à apporter et à accélérer la réponse aux multiples besoins de la population.

Les capacités de mise en œuvre restent toutefois faibles par rapport aux besoins. Il subsiste de multiples contraintes en ce qui concerne les conditions d'accès et de fonctionnement des organisations humanitaires, en particulier des ONG. Le GCI souligne la nécessité d'assurer des conditions adéquates pour le déploiement des organisations humanitaires nationales et internationales spécialisées. Il est essentiel que les organisations humanitaires aient un accès sans entrave aux personnes en situation de vulnérabilité afin de pouvoir fonctionner de manière indépendante et fournir une assistance rapide, sans contraintes et à l'abri de toute ingérence politique. Apporter une aide d'urgence aux personnes qui en ont besoin est un impératif humanitaire, et celui-ci ne devrait pas être soumis à conditions ni utilisé dans le cadre de négociations politiques.

Conscient de la nécessité urgente de renforcer rapidement l'assistance, le GCI demande aux donateurs d'accroître considérablement le financement de l'aide humanitaire et de coordonner les interventions afin de faire en sorte que les fonds soient utilisés de la manière la plus efficace possible.

La crise des migrants et des réfugiés vénézuéliens est en passe de devenir l'une des crises humanitaires les plus importantes de notre époque et son ampleur constitue un problème majeur pour la région. On estime que 4,3 millions de Vénézuéliens ont fui le pays à ce jour, généralement vers les pays voisins, qui supportent la majeure partie de la charge de cette crise. La communauté internationale doit en faire davantage pour aider les pays d'accueil à assurer l'enregistrement et fournir une aide d'urgence, notamment sous forme d'abris, de soins de santé et de denrées alimentaires, mais aussi un soutien plus structurel visant à offrir des perspectives économiques et à assurer l'accès à l'éducation pour les enfants et l'intégration dans les communautés d'accueil. À cet égard, le GCI s'est félicité que l'UE ait annoncé une prochaine conférence internationale de solidarité sur la crise des réfugiés et des migrants vénézuéliens, qui se tiendra à Bruxelles à la fin du mois d'octobre. Cette initiative sera organisée conjointement avec le HCR et l'OIM, en étroite coordination avec le processus de Quito.

Le Venezuela a besoin, plus que jamais, du soutien d'une communauté internationale qui conjugue ses efforts et œuvre en complémentarité. Des efforts internationaux coordonnés sont essentiels pour aider les Vénézuéliens à rétablir la démocratie et l'ordre constitutionnel. Le groupe est convenu de poursuivre son action auprès de tous les acteurs internationaux concernés et s'est félicité de la tenue de réunions avec la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et le groupe de Lima. Des contacts étroits avec les parties prenantes nationales se poursuivront également; le conseiller spécial pour le Venezuela, Enrique Iglesias, se rendra notamment une nouvelle fois à Caracas.

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