Délégation de l'Union européenne au Burundi

Communiqué conjoint: l’Union européenne et l’Union africaine tiennent le 16e dialogue sur les droits de l’homme

Brussels, 11/12/2020 - 15:55, UNIQUE ID: 201211_14
Joint Press Releases

  1. Le 16e dialogue entre l’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA) sur les droits de l’homme a eu lieu le 8 décembre 2020 par vidéoconférence. Le dialogue était coprésidé par M. Eamon Gilmore, représentant spécial de l’UE pour les droits de l’homme, et Mme Minata Samate Cessouma, commissaire de l’UA chargée des affaires politiques. Parmi les participants de l’UA figuraient également des représentants des organes de l’UA chargés des droits de l’homme: le Juge M. Sylvain Oré, président de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP); M. Solomon Dersso, président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (ACHPR) M. Joseph Ndayisenga, président du comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (ACERWC).
  2. Le dialogue annuel sur les droits de l’homme entre l’UA et l’UE est une plateforme unique permettant aux deux parties de s’informer mutuellement de la situation des droits de l’homme dans leurs régions respectives, de partager leurs expériences, d’échanger des points de vue et de renforcer la coopération sur des questions spécifiques relatives aux droits de l’homme. La pandémie mondiale de COVID-19 a amplifié les problèmes de droits de l’homme anciens et profondément ancrés dans les deux régions et a fortement mis en évidence l’interdépendance des droits de l’homme. Les deux parties sont convenues que les droits de l’homme doivent être au cœur de la réaction à la pandémie de COVID-19 et de la reprise.
  3. L’UE et l’UA ont souligné la nécessité d’approfondir un véritable partenariat stratégique d’égal à égal, fondé sur l’intérêt mutuel et guidé par une vision à long terme qui sera approuvée lors du prochain sommet UE-UA. L’année 2021 marquera le 40e anniversaire de l’adoption de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui constitue le fondement normatif sur lequel repose le système africain. Cet anniversaire offrira à l’UA et à ses États membres une occasion unique de renouveler leur engagement en faveur du système régional des droits de l’homme. Les deux parties sont convenues de trouver des moyens de célébrer le 40e anniversaire de la Charte, notamment au moyen d’une manifestation publique conjointe et d’une campagne d’une année. L’anniversaire prochain rappellera qu’il est essentiel de progresser constamment sur la voie de la ratification, de la transposition et de la mise en œuvre des instruments régionaux africains en matière de droits de l’homme.
  4. En tant que seules organisations régionales dotées d’un cadre stratégique spécifique pour la justice transitionnelle, l’UE et l’UA ont fait le point sur les progrès accomplis dans ce domaine et ont discuté de la manière de garantir la mise en œuvre au niveau national. Conformément à l’initiative de l’UA «Faire taire les armes», les deux parties sont convenues de coopérer afin de lutter contre l’insécurité en Afrique tout en protégeant les droits de l’homme. L’UE et l’UA ont également regretté qu’il n’ait pas été possible d’organiser de séminaire d’experts sur les processus de justice transitionnelle en 2020 en raison de la pandémie en cours, mais ont réaffirmé leur détermination à l’organiser en 2021 et à maintenir cette question au premier rang de leurs priorités. Les deux parties ont souligné l’importance de poursuivre les efforts visant à lutter contre l’impunité et la nécessité d’une complémentarité aux niveaux national, régional et international. Dans ce contexte, les deux parties se félicitent du dialogue en cours entre les États africains parties au statut de Rome et la Cour pénale internationale.
  5. En ce qui concerne l’abolition de la peine de mort, l’UE a salué le discours de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples contre la peine de mort de novembre 2019, ainsi que les efforts déployés par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples pour promouvoir l’adoption du protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples sur l’abolition de la peine de mort en Afrique. Les deux parties ont appelé les pays africains à poursuivre leurs efforts pour abolir la peine de mort.
  6. En ce qui concerne les droits de l’homme et les entreprises, l’UE a salué les efforts déployés par l’UA pour définir une politique de l’UA en matière d’entreprises et de droits de l’homme et a réaffirmé qu’elle était disposée à poursuivre les consultations et à fournir une assistance technique le cas échéant. Les deux parties sont convenues de promouvoir des orientations sur le devoir de diligence pour une conduite responsable des entreprises de la chaîne d’approvisionnement afin de prévenir ou d’atténuer les effets négatifs associés aux activités des entreprises.
  7. L’UE et l’UA sont convenues de la nécessité de veiller à ce que les mesures prises pour lutter contre la COVID-19 ne portent pas atteinte à l’espace dévolu à la société civile, aux défenseurs des droits de l’homme ou à leur travail. Les deux parties ont salué le travail de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme, en particulier dans le contexte de la pandémie, et se sont engagées à continuer de promouvoir et de soutenir leurs activités dans les deux régions.
  8. Les deux parties se sont concentrées sur la nécessité d’une réaction à la pandémie de COVID-19 fondée sur les droits et ont souligné que toute mesure d’urgence introduite pour lutter contre le virus devrait être limitée dans le temps, avoir un champs d’application délimité, être proportionnée et non discriminatoire. L’UE et l’UA sont convenues de la nécessité de protéger l’espace dévolu à la société civile, d’être vigilantes face aux violations de la liberté d’expression, de l’indépendance des médias et de la sécurité des journalistes. Les deux parties sont convenues de trouver des moyens de communiquer et de reproduire les bonnes pratiques en matière de promotion et de protection des droits de l’homme dans le contexte de la pandémie.
  9. En ce qui concerne la garantie de l’intégrité électorale et démocratique pendant la pandémie, l’UE et l’UA ont procédé à un échange de vues sur les bonnes pratiques en matière de protection des électeurs et de garantie de la transparence, de la légitimité et des normes internationales. Plusieurs processus électoraux ont été touchés, ce qui pourrait accroître les tensions politiques et l’instabilité. L’UE salue les efforts déployés par l’UA pour prévenir ces tensions ainsi que la mise en place de plusieurs missions d’experts électoraux ou d’observation, malgré les obstacles posés par la pandémie. Les deux parties sont convenues de la nécessité de poursuivre leur coopération dans ce domaine et de préserver l’intégrité et la protection des droits de l’homme dans les processus électoraux.
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