Délégation de l'Union européenne au Bénin

Projet SWAIMS : Atelier sur la piraterie et la criminalité maritime

08/04/2019 - 18:11
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Dans le cadre du projet SWAIMS "Support to the West African Integrated Maritime Strategy", financé par le Fonds européen de Développement, un atelier de formation sur la lutte contre la piraterie et la criminalité maritime a été organisé le 8 avril 2019 à Cotonou. Plusieurs magistrats et officiers de police judiciaire du Bénin étaient présents à l'ouverture, qui a vu la participation du Ministre de la Justice et de la Législation, du Coordonnateur Résident du Système des Nations-Unies au Bénin et de l'Ambassadeur des Pays Bas. Vous trouverez ci-joint, le discours prononcé à cette occasion par Lennart Derrider, Team Leader à la Délégation de l'Union européenne.

 

C’est avec un plaisir particulier et personnel que je prends la parole à l'occasion de l´ouverture de cet important atelier, qui marque le démarrage du projet SWAIMS au Bénin.

Il y a moins de 10 ans les eaux du Bénin étaient le théâtre de nombreux actes de piraterie et de brigandage. C'est grâce à l’appel de ses autorités en juillet 2011 en préparation du sommet de l´Union Africaine, que la communauté régionale et internationale  a compris l'urgence d’intervenir dans l’ensemble du Golfe de Guinée.

Depuis, beaucoup d'efforts ont été faits par les pays de la région, mais hélas beaucoup de défis se présentent encore à nous. La piraterie, la pêche illégale, la pollution marine et les trafics illégaux de toutes sortes restent une réalité trop présente. Il faut donc continuer nos efforts pour renforcer le capital humain et matériel pour faire face à ces menaces.

Depuis 2012, le Bénin  développe sa capacité opérationnelle de lutte contre la criminalité maritime et renforce la confiance des opérateurs maritimes. Le budget de la marine a été quadruplé, des zones de sécurité ont été établies et des règles d’enregistrement des navires mises en œuvre. De plus, des radars côtiers ont été installés grâce à l’aide des partenaires.

Enfin, une stratégie maritime nationale a été adoptée et s'articule autour de la coordination de l'action de l'État en mer. L’Autorité Nationale chargée de l’Action de l’Etat en Mer regroupe les différentes institutions ayant vocation de traiter les affaires maritimes. L’exercice budgétaire de 2019 qui commence au printemps prochain permettra l’application des nouvelles réformes visant à renforcer les compétences de cette institution de coordination. De plus, le Bénin a récemment adopté un nouveau décret visant à ratifier la Charte de Lomé. La proximité géographique du Bénin avec les zones à haut risque du Golfe implique toutefois une menace élevée de piraterie, de brigandage et de kidnapping. La pêche illégale est également un défi majeur dans toute la région et enlève des ressources financières et nutritives bien nécessaires aux populations locales.

L'Union européenne est un partenaire de longue date du Bénin en ce qui concerne le renforcement des capacités en matière de lutte contre la criminalité maritime. Le projet "Support to the West African Integrated Maritime Strategy"  ou SWAIMS témoigne du soutien de l´UE à l'ensemble du système judiciaire, afin que le Bénin et les autres pays bénéficiers soient en mesure de traduire en justice les criminels, et de sécuriser leurs eaux territoriales.

Le projet SWAIMS se concentrera donc sur la lutte contre la criminalité maritime dans le Golfe de Guinée, avec un accent particulier sur les réformes judiciaires concernant la piraterie et le brigandage. Il est donc prévu de renforcer les cadres juridiques nationaux pour les aligner à la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer, et de soutenir les États côtiers dans leur poursuites en matière de piraterie et de criminalité maritime.

L'atelier d´aujourd’hui permettra aux participants d’échanger sur les bonnes pratiques et de développer un savoir-faire adapté au contexte béninois, ainsi que de jeter les bases d’une coordination future des efforts.

SWAIMS n´est qu'un élément dans la stratégie de l´UE en matière de sécurité maritime dans le Golfe de Guinée. Il convient à ce propos de rappeler brièvement deux autres projets en cours dans ce domaine. Il s’agit du :

  1. "Gulf of Guinea Inter-Regional Network (GoGIN)" qui est doté d’un budget de plus de 9 millions d'EURO et qui vise à renforcer cette coopération entre les pays côtiers à travers des exercices concrets et pertinents, avec un focus sur la communication, la planification et la coordination tant au niveau national que régional.
  2. "Projet pour l´Amélioration de la gouvernance régionale des pêches en Afrique de l'Ouest (PESCAO)" pour un montant de plus de 15 millions d'EURO, qui vise à renforcer l'approche régionale de la gestion et le contrôle des pêches et à promouvoir l’intégration et la coordination entre les différentes politiques au niveau de la CEDEAO afin de combattre la pêche illicite et non déclarée.

Je conclue alors mon intervention à souligner la nécessité de compléter l´architecture envisagée dans accords de Yaoundé du 2013. Nous enregistrons toujours un taux important d´attaques contre les navires et les marins en transit dans le Golfe de Guinée qui sans doute à déjà eu un impact sur le commerce entre les continents  et finalement sur la croissance économique de tous. Les partenaires publics et privés européens se sont engagés pour approche maritime coordonnée et pour le renforcement de la  diplomatie navale, et cet atelier en est une conséquence directe.  

En vous souhaitant un atelier très fructueux, je vous remercie de votre attention.

 

 

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