Delegation of the European Union to Armenia

Address by President of the European Council Michel at the 75th United Nations General Assembly General Debate

New York, 25/09/2020 - 16:15, UNIQUE ID: 200924_18
Statements on behalf of the EU

25 September 2020 – Video address by Charles Michel, President of the European Council on a Stronger and more autonomous European Union powering a fairer world delivered at the 75th United Nations General Assembly General Debate

A stronger and more autonomous European Union powering a fairer world

Une Union européenne plus forte et autonome pour défendre un monde plus équitable

 

- As delivered -

Mister President,

Mister Secretary-General,

Dear Heads of Delegations,

Ladies and Gentlemen,

 

I speak to you today on behalf of the European Union. A Union founded, like the United Nations, on peaceful cooperation, human rights and fundamental freedoms. We are therefore an unwavering supporter of the United Nations.  And of the international organizations to which we join forces for human progress.

This is precisely how we are working with the WHO to defeat Covid-19. Like the whole world, Europe has been hard hit by the pandemic. In the European Union, more than 142,000 people have lost their lives. I salute their memory, and all the Covid-19 victims worldwide. I also pay tribute to all the healthcare professionals that have safeguarded the fabric of our societies.

The crisis caused by the pandemic is unprecedented. It has exacerbated the weaknesses of fragile countries, regions and populations. It has also revealed the fragility of countries that thought they were strong. It has thrown us all into the same sudden battle, against the same common enemy.

The European Union, for its part, has been at the forefront of international cooperation which has raised nearly 16 billion euros to finance the research and the deployment of vaccines, tests and treatments. And we are mobilized, alongside all the players involved, to ensure that these vaccines and treatments are universally accessible and affordable. 

Each nation and each leader has the duty to reflect on the best way to contribute to our common objective. This is true in the fight against the current crisis, as in all global challenges. Kofi Annan said: "To become a good citizen, start in your own community!" It's in this vein that I want to explain why the European Union wants to become stronger and strategically autonomous, alongside an open market. Stronger not only for itself. But also to better contribute to a better world. The crisis has made this goal even more essential. It has awakened a new collective responsibility, to build back better and greener…

Mesdames et Messieurs,

Avant la crise, l'Europe s'était déjà engagée sur la voie de transformations fondamentales. Par exemple en décidant de devenir en 2050 le premier continent neutre sur le plan carbone. Ou encore, en se dotant d'un agenda digital ambitieux, dans le respect de nos valeurs fondamentales.

Cette pandémie, elle a décuplé notre volonté de transformer nos économies et nos sociétés. D'emblée et en urgence, 540 milliards d'euros ont été mobilisés. Ensuite, le Conseil européen a décidé en juillet de dégager des moyens financiers ambitieux et sans précédents: plus de 1.800 milliards d'euros pour les prochaines années, dont 750 milliards qui proviendront d'une émission, inédite par sa nature et par sa taille, d'obligations de l'Union européenne. Avec cette décision historique, nous nous sommes montrés rassemblés, unis, forts, pour mieux assumer nos responsabilités.

La responsabilité, elle commence d'ailleurs par voir les choses comme elles sont, et non comme on voudrait qu'elles soient. Dans le monde d'aujourd'hui, l'abus de la force, militaire mais aussi économique, évince trop souvent l'argumentation et la négociation. Le respect des traités, principe de base du droit international, en vient même à être considéré comme optionnel. Même par ceux qui en étaient il y a peu encore les garants historiques. Tout  cela au nom d'intérêts partisans.

Plus que jamais, l'Union européenne défend le monde fondé sur des règles et la coopération internationale fondée sur les valeurs universelles. L'Union européenne veut être plus forte, plus autonome, plus ferme, pour défendre un monde plus équitable. Et c'est dans cet esprit que  nous sommes, par exemple, à l'avant-garde de la mise en œuvre des accords de Paris. Et que les objectifs de l'Agenda 2030 sont déjà intégrés dans notre système de gouvernance économique.

Ces valeurs et ce modèle ouvert, désormais, nous les développons davantage conscients de notre force, avec davantage de réalisme, et peut-être moins de naïveté. Nous avons foi dans les vertus d'économies libres et ouvertes, jamais dans le protectionnisme. Mais l'accès à notre grand marché - la deuxième zone économique du monde, et la première en matière de commerce international - ne sera plus bradé. Nous ferons désormais mieux respecter les conditions équitables de marché, qui sera ouvert à ceux qui en respecteront les standards. Qu'ils quittent notre Union, ou qu'ils veuillent s'en rapprocher

L'Union européenne est aussi attachée à faire progresser l'équité fiscale, de manière générale, et en particulier dans le secteur numérique. Des activités importantes réalisées dans ce domaine ne peuvent plus échapper à une taxation juste. L'Union européenne est engagée, aux côtés de l'OCDE et du G20, dans la coopération internationale  pour  corriger cette injustice.

Mesdames et Messieurs,

L'Union européenne est un acteur de paix et de progrès, qui veut mobiliser son influence et sa force pour rendre les autres plus robustes aussi.  

Ainsi, nous soutenons les six partenaires des Balkans occidentaux dans leur transformation et leur intégration. Nous avons réaffirmé la perspective européenne. Et nous venons de décider d'ouvrir les négociations d'adhésion avec deux pays de plus parmi eux: l'Albanie et la Macédoine du Nord.

Au travers du Partenariat oriental, nous développons nos relations avec six pays de notre voisinage, en vue notamment d'y fortifier les institutions et l'État de droit. Au Belarus, la dernière élection présidentielle a été falsifiée. Nous n'en acceptons pas les résultats. Et nous condamnons la répression violente de l'opposition et des manifestations pacifiques. La répression et les intimidations doivent cesser, et tous ceux qui en sont responsables doivent rendre des comptes, et être sanctionnés. Nous sommes au côté du peuple bélarusse qui doit être libre, sans la moindre contrainte extérieure, de choisir son propre avenir. Le dialogue national inclusif, avec le soutien de l'OSCE, est le seul chemin réaliste.

Lutter contre l'impunité, c'est aussi exiger une enquête indépendante et crédible lorsque l'opposant russe Navalny est victime d'une tentative d'assassinat à l'arme chimique.

L'Union européenne, elle est aussi au côté du peuple vénézuélien. C'est pourquoi nous travaillons avec le Groupe international de contact en vue d'une solution pacifique et négociée qui doit inclure des élections libres, crédibles et honnêtes.

 

Mesdames et Messieurs,

La relation entre l'Europe et l'Afrique sera, j'en suis sûr,  la colonne vertébrale d’un monde plus juste et plus solide. Ensemble, nous représentons dans cette Assemblée quelque 80 nations et 1 milliard 700 millions de citoyens, dont la grande majorité comptent parmi les plus jeunes de la planète. Nos deux continents n’ont jamais été à ce point interdépendants, pour le meilleur et pour le pire. Le reconnaître, ce n’est ni faire preuve d’un Afro-pessimisme stérile, et encore moins d’un Afro-optimisme naïf. C’est reconnaître que cette interdépendance nous oblige. C’est reconnaître qu’une Europe forte a besoin d’une Afrique forte, et inversement. Le potentiel est gigantesque. Investir, innover, développer les infrastructures, favoriser l'éducation, soutenir les systèmes de santé: c'est la clé pour nouer un partenariat dans l'intérêt mutuel. Et laissons-nous inspirer par la puissance du concept africain d'Ubuntu, ce mode de pensée selon lequel "mon humanité est inextricablement liée à la tienne, nos destins sont liés, nos actes individuels ne réussissent que s'ils ont du sens pour l'intérêt collectif".  Ce principe d'Ubuntu, c'est aussi la raison de l'appel, que je lance encore, à régler la question des dettes des pays les plus pauvres dans un esprit de solidarité qui doit aussi prendre en compte les effets de la pandémie.

L'Union européenne est préoccupée par les tensions en  Méditerranée orientale. Les actions unilatérales et les infractions au droit international doivent absolument cesser. Avec nos États membres, nous engageons d'ailleurs d'intenses efforts diplomatiques pour désamorcer les tensions et privilégier le dialogue. Dans cet esprit, j'ai proposé l'organisation d'une conférence multilatérale sur la Méditerranée orientale, en lien avec l'ONU. De nombreux acteurs déjà ont répondu positivement. Et sont prêts à discuter des modalités, de l'ordre du jour et du calendrier. Les délimitations maritimes, la sécurité, les questions énergétiques, la migration sont quelques-uns des sujets qui devraient, je le crois, y être abordés.

Notre logique c'est aussi d'appuyer les efforts des Nations unies, et le cas échéant des organisations régionales, notamment en Libye et en Syrie.

L'accord sur le nucléaire avec l'Iran reste un élément clé dans un contexte global de non-prolifération et de sécurité régionale. Préserver cet accord est essentiel et toutes les parties doivent continuer de souscrire à sa pleine mise en œuvre. Cet accord sur le nucléaire endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU par la résolution 2231 reste en vigueur. Et il ne fait aucun doute pour nous que les sanctions sur le nucléaire levées lors de la conclusion du Plan d'action global commun restent bien levées. Tout en soutenant fermement la sauvegarde de l'accord avec l'Iran, nous continuerons par ailleurs à évoquer nos différentes préoccupations, qu'il s'agisse de la situation domestique ou régionale.

Nous saluons aussi le début des négociations intra-afghanes, et soutiendrons toute paix durable.

Dans une région tourmentée, la question de la paix entre Palestiniens et Israéliens plus que jamais reste d'actualité. Nous nous devons de continuer à soutenir les aspirations légitimes des deux parties. Et nous restons fermement attachés à la solution à deux États. Nous ne ménagerons pas nos efforts avec nos partenaires internationaux, notamment le Quartet, pour faciliter le retour des Israéliens et des Palestiniens à la table des négociations, afin de trouver une solution négociée conforme aux paramètres internationalement convenus. Car notre attachement au droit international et aux résolutions de l'ONU est sans faille. En même temps, nous saluons le rapprochement d'Israël avec des pays de la région, qui constitue un développement positif pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Ladies and Gentlemen,

Since I became President of the European Council, I have often been asked a question that is both simple and brutal: "In the new rivalry between the United States and China, which side is the European Union on?"

My answer is the following...

We are deeply connected with the United States. We share ideals, values and a mutual affection that have been strengthened through the trials of history. They remain embodied today in a vital transatlantic alliance. This does not prevent us from occasionally having divergent approaches or interests.

We do not share the values on which the political and economic system in China is based. And we will not stop promoting respect for universal human rights. Including those of minorities such as the Uighurs. Or in Hong Kong, where international commitments guaranteeing the rule of law and democracy are being questioned.

China is a crucial partner in addressing common challenges, such as global warming, Covid-19 or debt relief in Africa. And China is also an important trade partner. Yet we are determined to rebalance this relationship towards greater reciprocity and fairer competition. A spirit that we are also cultivating with ASEAN members, with which we will continue to deepen our relationship.

 

Ladies and Gentlemen,

We stand on the side of the fundamental values of democracy, human rights, the rule of law and cooperation. It's our compass to pursue our interests. The European Union is an autonomous force, master of our choices, master of our destiny.

Finally, on behalf of the European Union, I want to reaffirm this essential conviction: there can be no progress without progress in women's empowerment. Discrimination against women remains one of the major obstacles to development.  We must fight this relentlessly. Equality between men and women, as well as the protection of diversity, particularly sexual diversity, remains one of the major challenges of our time.

The European Union will continue to be a driving force for multilateralism and the rules-based international order. Our support for the UN remains as strong as ever, and we will continue to support the implementation of the Secretary General's reforms. Because we need a strengthened and effective multilateral system. This requires an even stronger UN to deliver results that advance world peace. Europe, stronger and more resolute, will be at your side to make the world a better and fairer place to live.

Thank you.

 

Editorial Sections: