Delegation of the European Union to Armenia

Deuxième session spéciale du Collège des Hautes Etudes de Stratégie et de Défense (CHESD). Mot de clôture du Chargé d’Affaire de l’Union Européenne en RD Congo 25 mai 2019, Kinshasa

Bruxelles, 27/05/2019 - 09:40, UNIQUE ID: 190527_2
Speeches of the Ambassador

La session spéciale du CHESD https://chesd-rdc.org/accueil est l’endroit idéal pour en discuter, car la réponse à ces questions relève d’une responsabilité collective : forces de sécurité certes, mais aussi, et surtout, acteurs politiques, de l’exécutif et du législatif, administrations de tutelle, pouvoir judiciaire, et partenaires internationaux sommes concernés.

Deuxième session spéciale du Collège des Hautes Etudes de Stratégie et de Défense (CHESD)

Mot de clôture du Chargé d’Affaire de l’Union Européenne en RD Congo

25 mai 2019, Kinshasa

 

Je suis très heureux de prendre part à cette cérémonie de clôture de la deuxième session spéciale du CHESD. Je veux pour commencer exprimer notre gratitude aux organisateurs et à Thémis pour avoir mis en avant le rôle de l’Union Européenne comme acteur global de la paix et de la sécurité. C’est une dimensions trop souvent ignorée de notre action extérieure, et je dois même avouer que cette ignorance touche en premier lieu, souvent, les citoyens européens.

Je crois même, vraisemblablement, que notre action extérieure, singulièrement celle en matière de sécurité et de défense, est mieux connue ici en République Démocratique du Congo, qu’elle ne l’est en Europe. Ce ne serait qu’une juste récompense. Car nulle part ailleurs plus qu’en RDC, l’Union européenne a déployé moyens, efforts, outils, homme et femmes, pour soutenir la paix et la sécurité et la restauration des outils régaliens et de souveraineté.

Mission Artémis, en Ituri, sous mandat article 7, mission EUFOR à Kinshasa pour sécuriser les élections de 2006, EUPOL pour accompagner la réforme de la Police à qui nous devons notamment la création du CSRP, EUSEC en appui à la réforme des FARDC, à qui nous devons la réforme de la chaine de paiement, l’identification biométrique, la réhabilitation des écoles, PROGRESS aujourd’hui.

A cela s’ajoute notre soutien aux autres fonctions régaliennes, notamment notre accompagnement de la réforme de la justice et notre appui à la lutte contre l’impunité.

J’en ai été moi-même le témoin et l’acteur, pour avoir entre 2009 et 2012 été l’assistant du Chef de mission EUSEC, les officiers généraux Jean-Paul Michel et Antonio Martins, puis pour avoir mis en œuvre des formations en matière de protection de l’enfance et des droits humains au profit des unités stationnées dans le territoire de Djugu en 2014.

C’est donc en ami des forces de sécurité congolaises que je me présente devant vous aujourd’hui, car je connais vos défis, votre situation, votre réalité de terrain.

En ami, je veux poser un regard sincère sur notre coopération et sur ses réalisations. C’est au titre de cette sincérité que j’ai à plusieurs reprises reconnu le rôle important joué par les forces armées et de police dans la sécurisation et l’atmosphère apaisée lors des dernières élections. Pour avoir connu 2011, je peux témoigner des progrès réalisés, la hiérarchie comme les troupes doivent être félicitées.

C’est aussi au nom de cette sincérité que je peux dire que certaines mesures restrictives posées par l’Union européenne ont pu avoir un effet dissuasif nécessaire pour connaitre une transition pacifiée. Je précise ici que celles-ci n’ont jamais cherché à visé les institutions sécuritaires, elles ont été au contraire destinées à des individus qui ont pu ternir l’image de celles-ci ou qui n’ont pas su, malgré leur autorité et leur rang, exercé le contrôle de leurs subordonnés face à des violations graves.

Car jamais l’Union européenne ne pourra discréditer le rôle important des institutions sécuritaires de ce pays. Au contraire, cet accompagnement depuis 15 ans, à travers les différentes missions et opérations que j’indiquais, s’est construit sur la base d’une confiance. Une confiance en la capacité des FARDC et de la PNC notamment, à être non seulement des outils opérationnels pour assurer la sécurité, mais plus important je crois, à être des vecteurs du rétablissement de la paix, de la cohésion sociale et du progrès. Des succès notables ont été réalisés.

Cela étant, je disais vouloir avoir un dialogue franc et sincère. Pouvons-nous aujourd’hui nous regarder dans les yeux et nous dire que tous ces succès notables ont été pérennisés, que les FARDC et la PNC se sont pleinement approprié les réformes nécessaires à la poursuite de leur modernisation et de leur démocratisation ?

La session spéciale du CHESD https://chesd-rdc.org/accueil est l’endroit idéal pour en discuter, car la réponse à ces questions relève d’une responsabilité collective : forces de sécurité certes, mais aussi, et surtout, acteurs politiques, de l’exécutif et du législatif, administrations de tutelle, pouvoir judiciaire, et partenaires internationaux sommes concernés. Il est aussi indispensable que la société civile soit associée et consultée. Car il n’existe pas de modèle unique d’armée. Le bon modèle est celui qui permet à l’ensemble des composantes de cette société de se sentir associées, protégées et soutenues. La définition de ce modèle doit être inclusive, c’est une condition indispensable à son acceptation et donc sa légitimation.

En effet des difficultés majeures subsistent tant sur le point administratif et opérationnel, et j’ai même parfois le sentiment que nous sommes revenus en arrière sur certains acquis : séparation de la chaine de paiement et de la chaine de commandement, maitrise des effectifs, processus d’intégration, en particulier dans certains Régions militaires.

Je crois néanmoins en l’engagement de la hiérarchie civile et militaire pour relancer la modernisation des forces de sécurité. Son excellence le Président Tshisekedi en a fait une de ses priorités. Le contexte des 5 ans à venir l’exige notamment pour accompagner progressivement la transition graduelle qui s’opèrera en parallèle de la reconfiguration de la MONUSCO. C’est un défi majeur qui attend le gouvernement de la RDC et les forces de sécurité. Il requerra l’implication de tous et une coopération sincère entre tous les acteurs.

Je me réjouis dans ce contexte de voir que nos Etat membres, en premier lieu desquels la France et la Belgique, ont décidé de relancer ou d’accroitre leur coopération militaire. C’est un signal fort qui nous est envoyé à nous Union Européenne à un moment où nous souhaitons réaffirmer notre rôle d’acteur global en nous dotant d’instruments adéquats pour accompagner nos partenaires, notamment en matière de sécurité.

Il m’apparait dès lors important que nous puissions ensemble poursuivre la discussion dans les mois à venir, en conservant toujours cet esprit de sincérité et de franchise, pour que ces nouveaux instruments, et notamment la facilité européenne de paix puisse être mobilisée.

Cela pour identifier ensemble les domaines clé dans lesquels nous pouvons vous soutenir pour finaliser un processus de réforme de secteur de la sécurité que nous avons accompagné avec fierté et sans regret depuis plus de 15 ans et permettre aux FARDC et PNC d’être les acteurs centraux de l’ambitieux programme de réforme porté par les nouvelles autorités et jouer pleinement leur rôle en matière de paix et de réconciliation.

Je vous remercie.

See Also

Editorial Sections: