Delegation of the European Union to the African Union

Lancement du projet du Food and Agricultural Research Extension Institute (FAREI) pour promouvoir une agriculture moderne et adaptée aux aléas climatiques

Mauritius, 11/02/2020 - 06:46, UNIQUE ID: 200211_2
Speeches of the Ambassador

Honourable Maneesh Gobin, Attorney General et Ministre de l'Agro-Industrie et de la Securité alimentaire

Honourable Soobeersingh Dhunoo, Deputy Chief Whip

Monsieur le Directeur et personnel de FAREI

Monsieur Gregory Martin, Représentant de la Région Réunion

Mesdames et messieurs, opérateurs engagés dans le domaine de l'agriculture

Les membres de la presse

Mesdames et messieurs

Distingués invités

 

C'est avek enn gran plaizir ki mo pe adresse zotte azordi à l'okasion lancement sa nouvo projé ki l'Union européenne pé financé avek Farei pou environ 100 million roupies.

Mo extra content pou retrouve moi ici à Wooton au milieu ban plantations di thé.

Ici à maurice, zotte ena boucoup la chance pou ena ene climat approprié pou la plantation pendant tout l'anné .. c'est enn grand atout ki zotte ena ek ki d'ailleurs finne ét à la base de zotte développement.

L'agriculture est un domaine qui intéresse – voire fasciné chacun de nous parce que notre vie, notre croissance, notre existence en dépend – nous bizin manzé pour vivre, manze produits sains pou vivre.

Or l'agriculture a été et reste à la base de la civilisation de l'être humain. L'arrivée de l'agriculture a été à l'origine de la vie 'organisée' telle qu'on la connait aujourd'hui car il a permis la culture de plantes et la domestication d'animaux. Et donc, une meilleure prévisibilité sur la disponibilité de la nourriture, contrairement aux pratiques antérieures de cueillette et de chasse. Ceci remonte déjà à 8000 années avant JC!

 

Face au besoin de s'adapter

Depuis, l'agriculture a forcément et heureusement évolué - voire a connu avec la mécanisation et les nouvelles technologies une véritable révolution. Inévitablement. Durant ces siècles, elle a dû se redéfinir et se réinventer - afin de s'adapter aux besoins de nourrir des populations qui ne cessaient de s'agrandir. Aujourd'hui la population mondiale est à 7 milliard. D'ici 2050, on sera à 10 milliard. On a ainsi vu succéder l'agriculture moderne dès le Moyen Age fondée sur le rendement, suivie de l'agronomie durant le XIX siècle bourgeonnant de la révolution industrielle. C'était une période 'd'expansion' agricole – qui se faisait – hélas – parfois  sans suffisamment d'attention ou par manque de connaissance quant aux risques. On retrouve par exemple l'introduction des premiers engrais chimiques en 1910. Il y a plus de 100 ans.

La prise de conscience de mouvements écologistes est récente – datant de la fin du XXème siècle. Les écologistes prônent un retour vers une agriculture moins intensive et un respect des terres, de l'animal et de l'environnement. Ceci implique entre autre une réduction de l'utilisation des pesticides, herbicides et autres produits chimiques dans la culture agricole. Les consommateurs deviennent eux de plus en plus attentifs et exigeants par rapport à leur santé et la traçabilité des produits.

 

Mesdames et messieurs,

Le XXIème siècle c'est justement aujourd'hui – c'est maintenant - et c'est la conjoncture à laquelle nous nous trouvons:

Nous faisons face au défi de revisiter et d'ajuster plusieurs décennies d'agriculture intense nourrie par des considérations économiques souvent au détriment des considérations écologiques;

Ce défi s'accompagne d'un autre défi – qui s'accroit chaque année. Celui d'adapter notre agriculture aux aléas climatiques – et ce défi se présente immédiatement. Les inondations récentes à Madagascar ainsi que les sècheresses menaçant plus de 45 millions de personnes de famine en Afrique australe nous rappellent cet état d'urgence.

En bref nous faisons face à une des plus grandes problématiques connues de notre temps – celle de nous assurer que nos enfants, et les enfants de nos enfants auront de quoi manger dans le futur.

Y-il une chance de relever simultanément ces défis existentiels?

Un certain nombre de pays – y compris Maurice d'ailleurs – et je tiens à vous en féliciter Monsieur le Ministre –reconnaissent l'importance d'une agriculture plus saine et plus respectueuse de son environnement. Dans le langage courant de nouveaux concepts s'imposent: on entend parler de plus en plus de 'smart-agriculture', d'agriculture raisonnée ou d'agriculture bio.

A titre d'exemple, la contribution nationale de Maurice à la COP 21 (Nationally Determined Contribution) priorise le smart-agriculture comme moyen d'adaptation au changement climatique.

Dans son discours sur le nouvel programme 2020-2024, le gouvernement s'engage d'ailleurs à promouvoir une agriculture moderne basée sur l'organique.

 

Mesdames et messieurs,

Le projet que nous signons et lançons aujourd'hui vient en appui des efforts engagés et s'inscrit parfaitement dans cette dynamique.

Je ne vais pas entrer dans les détails du projet – car Madame la Directrice Adjointe vient de faire une présentation dans ce sens. Je mentionnerai cependant six priorités fondamentales à savoir:

  • Premièrement, stimuler la recherche pour identifier et tester des prototypes de plantes qui s'adapteront mieux aux aléas climatiques – des produits climato-compatibles;
  • Deuxièmement, renforcer les efforts d'atténuation, donc lutter contre les émissions des gaz à effet de serre à travers par exemple la mise au point de différents types d'alimentation pour bétails qui réduiraient l'émission de méthane;
  • Troisièmement, améliorer la productivité dans les pratiques agricoles – c’est-à-dire produire mieux avec les mêmes ressources. Par exemple, les pratiques déjà en cours démontrent que les cultures en hydroponique permet de produire 200 tonnes par hectare, soit avec un rendement qui est environ 20 fois supérieur de la quantité possible dans des terrains à découvert;
  • Quatrièmement, réduire les importations et donc le déficit de la balance commerciale. Actuellement, le pays a recours à l'importation d'oignons et de pomme de terre car ce sont des produits saisonniers. La culture sous serre ce qu'on appelle 'sheltered structures' ne permettrait-elle pas à contourner cette problématique de saisonnalité – avec comme conséquence des revenus pour les agriculteurs mauricien et moins d'importation couteuses (et d'impact carbone)?
  • Cinquièmement, favoriser une utilisation plus soutenable des ressources naturelles, prioritairement bien sûr de l'eau, à travers des moyens d'irrigation adaptés, à la fois plus efficaces et plus économes.
  • Finalement, sixièmement prôner une agriculture plus respectueuse de son environnement avec une évolution déterminée et raisonnée vers le bio et l'organique.

Au-delà du projet, nous devons également engager une réflexion et un dialogue avec les autorités sur les autres aspects tels que la commercialisation des produits agricoles, afin d'explorer comment les entrepreneurs formés par le projet pourraient utiliser des circuits courts plus rémunérateurs ou bénéficier des autres dispositifs européens visant par exemple l'exportation des produits sur le marché régional et européen dans le cadre de l'accord de partenariat économique qui nous relie.

 

Partenariat continu Europe - Maurice

L'Europe se réjouit de cette opportunité d'accompagner le gouvernement dans ce projet.

Ensemble nous avons parcouru plus de 4 décennies de partenariat où la protection des biens naturels a été au centre de nos engagements. En 2018, nous avons d'ailleurs cimenté ce partenariat à travers la signature d'un cadre conjoint, un Joint Monitoring Framework, qui formalise les priorités de ce partenariat dans le domaine de l'environnement et du changement climatique.

A ce jour, l'Europe finance plus de 20 projets qui touchent soit à l'adaptation au changement climatique soit à son atténuation. Nous avons par exemple des projets touchant la smart-agriculture, pour appuyer les planteurs d'oignons et de tomates dans la région de Belle Mare.

Nous lancerons en mars un nouveau programme de 20 million roupies avec l'Université de Maurice pour faciliter la recherche dans des pestes et maladies qui affectent les cultures.

Maurice peut continuer à compter sur l'Europe pour atteindre ses objectifs de sécurité alimentaire et de productions agricoles saines dans le respect de l'environnement.

 

EU Green deal et action climatique

Mesdames et messieurs,

Alors que certains pays ont décidé de ne plus honorer leurs engagements sur le climat, l'Europe s'affirme davantage dans ses ambitions de lutte contre le changement climatique. Nous sommes pleinement conscients vous et nous que nous sommes dans une situation d'urgence climatique. Il faut agir et il faut agir maintenant.

C'est la raison pour laquelle la nouvelle Présidente de la Commission Européenne a - aussitôt après sa prise de fonction – pris l'engagement de faire de l'Europe le premier continent neutre en carbone d'ici 2050.

Comme confirmé lors de la COP 25 en décembre, l'Union Européenne continuera à jouer un rôle de 'leader' au niveau mondial afin d'accélérer l'action climatique. Et nous comptons sur Maurice pour être à nos côtés dans ce combat pour sauver notre planète!

Le projet que nous signons aujourd'hui témoigne de cet engagement commun. C'est du concret.

Permettez-moi de conclure en citant la Présidente de l'Union Européenne – Ursula von der Leyen – de son discours lors de la COP 25 à Madrid:

'If we move together, we will also move faster, and this is in everybody's interest'

[fin de citation].

Ensam anou préserve sa ki plis fondamental pou nou survie – nou l'agriculture!!

Mo remercié zotte pour zotte l'attention.

 

 

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