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Déclaration du groupe de travail conjoint UA-UE-ONU sur la Libye concernant le bombardement du centre de rétention de Tajoura

Bruxelles, 03/07/2019 - 21:16, UNIQUE ID: 190703_14
Joint Statements

Déclaration du groupe de travail conjoint UA-UE-ONU sur la Libye concernant le bombardement du centre de rétention de Tajoura

Le tragique bombardement du centre de rétention du Tajoura, qui a causé la mort de plus de quarante migrants et réfugiés, vient rappeler le coût humain du conflit qui fait rage en Libye ainsi que la situation désastreuse et les conditions de vulnérabilité dans lesquelles se trouvent les civils, y compris les migrants et les réfugiés, qui sont piégés dans la spirale de violence dont Tripoli et les régions environnantes sont le théâtre.

Les attaques contre les civils, y compris les réfugiés et les migrants, sont totalement inadmissibles, et le groupe de travail conjoint de l'Union africaine, de l'Union européenne et des Nations unies les condamne avec la plus grande fermeté.

Le groupe de travail réitère son appel à respecter le droit international humanitaire et à protéger tous les civils dans le pays.

Depuis le début du conflit, le groupe de travail a intensifié les activités qu'il mène pour assurer la protection des réfugiés et des migrants qui sont bloqués en Libye. Grâce aux interventions de l'OIM et du HCR sur le terrain, nous avons accéléré l'évacuation des réfugiés et des migrants des centres de rétention situés à proximité de la ligne de front. Lorsque cela était possible, nous avons donné la possibilité à certains d'entre eux de se mettre à l'abri hors de Libye, y compris par l'intermédiaire du mécanisme de transit d'urgence au Niger, dans la perspective d'une nouvelle réinstallation.

Malgré les efforts consentis par le groupe de travail, qui ont permis de rapatrier plus de 45 000 migrants dans leur pays d'origine et d'évacuer près de 4 000 personnes ayant besoin d'une protection internationale, bien d'autres sont encore en danger et devraient être relocalisées et/ou évacuées rapidement vers des lieux sûrs afin de recevoir une assistance.

À cet effet, le groupe de travail réitère les appels qu'il a lancés précédemment à l'ensemble des parties prenantes, y compris la communauté internationale, pour qu'elles renforcent l'assistance qu'elles fournissent actuellement dans le cadre de l'intervention humanitaire auprès des migrants et des réfugiés bloqués en Libye et de leur protection, et pour qu'elles redoublent d'efforts afin d'exhorter toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités et à revenir à la table des négociations.

Le groupe de travail appelle à nouveau toutes les parties à permettre un passage en toute sécurité aux intervenants humanitaires sur le terrain.

Le groupe de travail réitère son appel à mettre fin au système actuel de rétention arbitraire des réfugiés et des migrants et à gérer l'asile et la migration en pleine conformité avec la législation en matière de droits de l'homme et l'instrument régional sur les réfugiés auquel la Libye est partie.

Enfin, nous appelons une nouvelle fois toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et demandons qu'une enquête sur cette attaque soit immédiatement ouverte.