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Capitaine Evelyne KONATE: « Il n’y a pas d’intelligence spécifiquement féminine ou masculine.»

11/06/2018 - 11:45
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Notre série de Femme en premier plan nous amène à la Garde nationale du Mali à la rencontre du Capitaine Evelyne KONATE. Elle fait partie des premières filles à débarquer dans le prytanée militaire de Kati dans les années 1998 à la suite de la décision du gouvernement malien de rendre l’école mixte. Après le bac, elle se dirige vers la Faculté des Sciences économiques et de Gestion de Bamako et obtient une licence en Gestion d’entreprise.

A la question de savoir pourquoi le choix d’être dans la tenue, Le capitaine Evelyne KONATE répond avec fierté : « j’ai aimé le métier des armes, j’ai fait le choix. J’ai eu la chance d’avoir une maman qui croyait beaucoup à la pro­motion féminine. Pour moi, il n’y a pas d’intelligence spé­cifiquement féminine ou masculine. Nous avons un métier, celui des armes et nos écoles nous donnent des caractères et attitudes à développer. Ce ne sont pas les sentiments qui gèrent les hommes, il faut partir d’une logique qui ne va pas nuire à l’image du service et à l’accomplissement de notre mission. C’est une question de caractère et force d’esprit.»

Issue de la première promotion féminine du prytanée mili­taire, il fallait selon elle s’y adapter : « Nous n’avions pas droit à l’échec pour encourager le gouvernement à œuvrer dans ce sens. »

Arrivée à la Garde Nationale du Mali, la capitaine KONATE a gravi les échelons et a donné le meilleur d’elle à chaque étape. Ainsi, du secrétariat du Chef d’Etat-Major de la Garde, elle passe deux ans à Koulikoro comme formatrice à l’Ecole Militaire Interarmes. Après être passée au grade de capitaine, une demande de sa part va susciter la sur­prise auprès de sa hiérarchie : elle demande à être à la tête d’une unité, comme les hommes avec qui elle a reçu les mêmes formations à l’école des sous-officiers.

« Ils étaient tous surpris, mais comme j’ai montré dans le passé ma motivation et mon savoir-faire, ils m’ont fait confiance et me voilà à la tête de la compagnie mère de la Garde, la Compagnie des Commandements et des Ser­vices composée de 700 éléments. » Elle estime qu’il faut que les hommes comprennent le leadership féminin. Et sur ce point, elle salue le soutien de ses chefs qui croient au leadership féminin et qui lui ont toujours prêté une écoute attentive. Hommes et femmes ont les mêmes opportunités à la Garde, dit-elle.

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