Lutte contre le trafic de clandestins en Méditerranée: l'UE décide de mener une opération navale

Federica Mogherini, haute représentante et vice-présidente, au Conseil des ministres des affaires étrangères (et de la défense)Federica Mogherini, haute représentante et vice-présidente, au Conseil des ministres des affaires étrangères (et de la défense)

Le 18 mai, l’UE a décidé de mettre en place une opération navale visant à démanteler les réseaux de passeurs en Méditerranée, dans le cadre d’une stratégie globale destinée à sauver des vies en mer. Lors de leur réunion conjointe, les ministres des affaires étrangères et de la défense ont également discuté des moyens de rendre la politique de sécurité et de défense commune plus robuste et plus efficace pour relever les défis auxquels l’Europe est confrontée dans le domaine de la sécurité, tels que les crises en Syrie et en Ukraine.

Présidant la réunion, Federica Mogherini, haute représentante de l’UE, a déclaré que la décision de mettre en place une opération navale faisait partie d’une approche globale visant à résoudre la crise migratoire en Méditerranée. Elle a ajouté que l’UE coopérerait avec ses partenaires africains et arabes et s’attaquerait aux causes profondes de cette situation, à savoir la pauvreté, la crise et la guerre.

Le Conseil «Affaires étrangères» a également examiné les moyens de relancer le processus de paix au Moyen-Orient et le rôle de l’UE dans les négociations. Cette réunion précède la visite de Mme Mogherini à Jérusalem et Ramallah, dans le courant de la semaine.

L’EUNAVFOR MED pour lutter contre les réseaux de passeurs

L'opération navale de l'UE — EUNAVFOR MED — visera à démanteler le modèle économique des trafiquants et des passeurs. Ayant son siège à Rome et placée sous le commandement du vice-amiral italien Enrico Credendino, elle interviendra dans la partie sud de la Méditerranée centrale, en partenariat avec les autorités libyennes. La première phase consistera à planifier l'opération et à évaluer les réseaux. La fouille, la saisie et la destruction des biens des trafiquants s'effectueront dans un deuxième temps, dans le respect du droit international.

S’adressant à la presse à l’issue de la réunion, Federica Mogherini a déclaré qu’elle espérait que la phase de planification — pratique et politique au sein du Conseil de sécurité des Nations unies — serait terminée avant le Conseil des affaires étrangères de juin. Cette opération de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) est l'une des mesures globales visant à répondre au besoin immédiat de sauver des vies et de faire face aux situations d'urgence, mais aussi de s'attaquer aux causes profondes des migrations clandestines, comme l'avait demandé le Conseil européen le 23 avril 2015.

Une politique de sécurité et de défense plus efficace face aux nouvelles menaces

Lors de la réunion, les ministres des affaires étrangères et de la défense ont également adopté des conclusions visant à renforcer la politique de sécurité et de défense commune de l'UE, et se sont entretenus avec Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN. Ces discussions ont eu lieu dans la perspective du Conseil européen de juin, lors duquel les dirigeants des 28 pays de l'UE aborderont les questions de sécurité et de défense.

Les ministres des 28 pays de l’UE ont adopté la déclaration commune suivante: «L'environnement de sécurité mondial et européen s'est profondément modifié ces dernières années. Cette évolution est telle qu'il faut renforcer l'Europe et la doter d'une politique de sécurité et de défense commune (PSDC) plus robuste et plus efficace. Les conflits, les menaces et l'instabilité dans le voisinage immédiat et plus éloigné de l'UE, qui touchent notamment l'Iraq, la Libye, le Sahel, la Syrie et l'Ukraine, ainsi qu'il ressort du rapport de la haute représentante, auxquels s'ajoutent des défis en matière de sécurité qui existent de longue date ou se font jour, ont une incidence significative sur la sécurité européenne ainsi que sur la paix et la sécurité internationales et ils mettent à mal nos valeurs et principes fondamentaux.»

Les ministres ont ajouté: «Grâce à la PSDC et à d'autres politiques et instruments, l'UE et ses États membres ont un rôle majeur à jouer du fait de l'approche globale sans équivalent adoptée par l'Union pour prévenir et gérer les conflits et s'attaquer à leurs causes.»

Burundi

Le Conseil a condamné la tentative de coup d'État au Burundi et exhorté les acteurs burundais à régler leurs différends par des moyens pacifiques. Il a par ailleurs demandé instamment aux parties concernées de s'abstenir de toute action qui pourrait exacerber les tensions dans le pays.

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