Relations de l'UE avec Saint-Kitts et Nevis

Saint-Kitts et NevisSaint-Kitts et Nevis

Saint Kitts et Nevis est un très petit Etat indépendant composé de deux îles. Nevis, la plus petite, avec un peu plus de 10.000 habitants, jouit d'une large autonomie mais a été tentée dans le passé par la sécession. L'Etat est situé dans la partie nord de l'arc des Caraïbes, plus près de Puerto Rico que de Trinidad. Il est l'un des plus prospères de la région et occupe le 54ème rang mondial -et 3ème régional- de l'Indice de Développement Humain. Indépendant depuis 1983, il figure aussi comme une démocratie parlementaire (de type Westminster) qui fonctionne bien et respecte pleinement les droits de l'homme, ne présentant pas de problèmes particuliers de gouvernance politique mais comptant tout de même environ un tiers de la population considéré comme pauvre.

Saint Kitts et Nevis est vulnérable par sa taille - 269 km² et environ 50.000 habitants -, son exposition aux ouragans et la dépendance de son économie d'une seule activité: historiquement elle était basée sur la production de sucre et depuis plusieurs décennies elle est très concentrée sur le tourisme, notamment britannique et nord-américain. En 2005, Saint Kitts a cessé la production de la canne à sucre pour l'exportation qui avait perdu toute compétitivité et allait devenir encore plus déficitaire comme conséquence de la réforme de l'OCM sucre. Le défi principal est de promouvoir une plus grande diversification économique, notamment par une transformation de l'agriculture et la promotion d'autres secteurs et le développement des ressources humaines, tout en empêchant une augmentation de la pauvreté comme conséquence de la fin de l'industrie sucrière et en renforçant les mécanismes de coopération et intégration régionale, en vue de l'adaptation du pays aux changements des conditions internationales. La criminalité en hausse est considérée très préoccupante par les autorités nationales.

Points clés des relations entre l'UE et Saint Kitts et Nevis

Saint Kitts et Nevisest un cas compliqué dans la relation UE-Caraïbes orientales du fait de l'importance relativement grande de son secteur sucrier désormais abandonné. Il convient de consolider la base des succès passés en vue d'affronter les défis du présent et du futur d'une économie post-sucrière. Parmi ceux-ci il faut souligner les changements aux niveaux régional et mondial, avec l'Accord de Partenariat Economique signé fin 2007 avec l'UE et les progrès vers la Communauté du bassin des Caraïbes (CARICOM). Les finances publiques souffrent, malgré des progrès récents, d'importants déséquilibres accumulés auparavant dû notamment à l'impact des catastrophes naturelles. Il faut aussi analyser les perspectives du tourisme et des services financiers, dont le développement est vu comme une priorité para les autorités nationales depuis quelque temps mais qui soulève quelques questions en matière de transparence et de possibilités de pratiques dommageables pour les pays tiers. Un autre problème est l'application de la pénalité de mort effectuée dans un cas en décembre 2008 - le premier après un long moratoire, qui a été suivi d'un démarche de l'UE condamnant la pratique.

La stratégie de coopération UE/Saint Kitts et Nevis pour les années 2008-2013 est concentrée sur le soutien aux politiques de promotion du développement des ressources humaines et de diversification de l'économie. Le 10ème FED prévoit dans cette perspective environ € 5 M avec comme secteur de concentration "Sécurité intérieure et extérieure" et les Mesures d'Accompagnement pour les Pays du Protocole du Sucre (AMSP) plus de € 40 M pour la période 2007-2010. L'accent général est mis sur la diversification de la base économique du pays, en particulier par l'assistance ciblée au développement des ressources humaines, mais aussi sur la consolidation des finances publiques toujours marquées par une dette publique très élevée, et la réduction de la pauvreté.