Relations de l'UE avec le Nigéria

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Une longue histoire, une grande diversité culturelle, des ressources humaines et naturelles considérables, une société civile dynamique et une importante puissance médiatique, militaire et économique, mais aussi des contradictions sociales, des inégalités et des conflits font du Nigeria l'un des pays d'Afrique les plus fascinants et les plus difficiles à aborder. Le Nigeria, pays d'Afrique de l'Ouest, compte plus de 140 millions d'habitants, ce qui en fait le pays le plus peuplé d'Afrique et la neuvième nation la plus peuplée au monde. Malgré ses richesses pétrolières (il est le huitième exportateur mondial de pétrole), le Nigeria est le pays qui compte le plus grand nombre de pauvres après l'Inde et la Chine. Une démographie galopante, de longues périodes de tyrannie militaire, une mauvaise gestion des ressources et une médiocre gouvernance ont entraîné un appauvrissement de la population et une dégradation des indicateurs socio-économiques. Le Nigeria occupe le 158 e rang sur 182 du classement établi par le rapport mondial 2009 sur le développement humain. Le Nigeria n'a jamais été dépendant de l'aide internationale. En 2006, le pays a stabilisé sa lourde dette extérieure et a commencé à accumuler d'importantes réserves de devises étrangères qui servent aujourd'hui à lutter contre les effets de la crise économique mondiale.

Les points clés des relations entre l'UE et le Nigéria

Les ressources financières du Nigeria, qui sont générées par ses exportations de gaz et de pétrole, dépassent de loin celles que peuvent lui octroyer les bailleurs de fonds. Une aide extérieure pourrait toutefois aider les autorités à faire un meilleur usage de leurs propres ressources, notamment en soutenant les mesures prises par l'État pour améliorer la gouvernance.

Les relations entre l'UE et le Nigeria n'ont cessé de se renforcer au cours des dix dernières années.

Le 10ème FED (Fonds européen de développement) couvrant la période 2008-2013 a été lancé en novembre 2009. Préparée conjointement avec la République fédérale du Nigeria, la nouvelle stratégie de coopération au développement prévoit d'allouer 677 millions d'euros au financement de programmes axés sur trois domaines prioritaires: la paix et la sécurité, la gouvernance et les droits de l'homme, le commerce et l'intégration régionale. Une partie de l'enveloppe sera en outre consacrée à des domaines indispensables au développement, comme le changement climatique, la santé et la coopération culturelle, scientifique et technique.

La stratégie commune de coopération accorde une place importante aux problèmes de pauvreté, à la gouvernance et au développement dans le Delta du Niger, manifestant ainsi clairement son soutien au processus de paix. Elle est principalement axée sur les réformes en matière de gouvernance concernant les trois niveaux de pouvoir, ainsi que sur la lutte contre la corruption et la réforme électorale dans la perspective du cycle électoral de 2011-2015. Cette stratégie vise également à encourager la capacité de surveillance et de contrôle des acteurs non étatiques et des médias. L'élan donné au commerce, à l'intégration régionale et à la sécurité énergétique doit permettre au pays d'améliorer sa compétitivité, de participer pleinement et effectivement au commerce et à l'intégration régionale et de s'intégrer dans l'économie mondiale. L'environnement et le changement climatique figurent également parmi les nouveaux domaines de coopération au titre du 10ème FED.

Les fonds du 10ème FED serviront notamment les objectifs suivants :

  • poursuivre certaines activités essentielles du 9 e FED (aide à la réforme des institutions, lutte contre la corruption, aide à la réforme du secteur de la santé, programmes de vaccination, renforcement du développement dans le Delta du Niger);
  • les ressources de l'Union européenne — avec prélèvement sur les ressources nationales — doivent aider les institutions nigérianes à mieux utiliser leurs propres ressources;
  • la concurrence à laquelle se livrent les États pour obtenir l'aide des bailleurs de fonds peut contribuer à la réforme: le financement de l'UE doit encourager et récompenser les performances, la diffusion des bonnes pratiques et le respect du principe de l'État de droit;
  • les conflits violents sont un obstacle au développement. Dans des régions telles que le Delta du Niger, l'aide financière doit contribuer à réduire et à prévenir les conflits. Ces mesures doivent s'accompagner d'un engagement politique visant à favoriser le dialogue entre les parties prenantes, la réconciliation et la paix;
  • l'intégration régionale est indispensable pour que l'avenir du Nigeria repose dans une moindre mesure sur ses ressources pétrolières.

Les initiatives résultant de ces principes pourraient inclure :

  • des projets destinés à renforcer les réformes institutionnelles et la bonne gouvernance;
  • une aide aux institutions afin de protéger les droits individuels et d'assurer le bien-être public;
  • la poursuite des programmes d'éradication de la poliomyélite et de vaccination;
  • des projets menés dans le Delta du Niger et une aide aux initiatives de réconciliation;
  • le soutien aux mandats internationaux pour la prévention des conflits;
  • le soutien des accords de partenariat économique, afin de stimuler une croissance non pétrolière grâce à l'intégration régionale, ainsi que des aides en vue de mieux comprendre et gérer les flux migratoires;

de nouvelles initiatives afin d'améliorer les relations entre le Nigeria et l'UE par le biais d'activités culturelles (concours d'écriture, expositions, théâtre, concerts, etc.). La coopération avec l'industrie en plein essor du cinéma et de la télévision sera également envisagée, notamment pour véhiculer des messages éducatifs sur l'éducation civique et environnementale, la santé (VIH/sida et autres maladies transmissibles, paludisme, etc.), la prévention des conflits, la compréhension et le dialogue interethniques, la migration, le commerce, etc.

Réunion de la troïka ministérielle NIGERIA-UE, Prague, 9 juin 2009, Communiqué conjoint

Réunion de la troïka ministérielle NIGERIA-UE, Ljubljana, Slovénie, 20 mai 2008, Communiqué conjoint