Relations de l'UE avec la Mauritanie

la Mauritaniela Mauritanie

La Mauritanie est un pays d’Afrique situé à l’ouest du désert du Sahara et bordé sur 754 km par l’océan Atlantique. S'étendant sur une vaste superficie de plus d'un million de km², le pays compte près de 3,3 millions d'habitants. La population se concentre dans la capitale, Nouakchott, et ses alentours.

Depuis son indépendance en 1960, le pays a connu de profonds changements sociaux, notamment un mouvement de sédentarisation de sa population essentiellement nomade. L'économie de la Mauritanie repose principalement sur les exportations de minerai de fer et les gisements de pétrole de l’océan Atlantique, dont l’exploitation demeure toutefois très inférieure aux prévisions, en raison de difficultés techniques. Ses eaux côtières comptent parmi les zones de pêche les plus poissonneuses au monde, même si certaines espèces sont aujourd’hui menacées par la surpêche. La majorité des Mauritaniens vit encore d’une économie de subsistance et les erreurs commises par le passé dans la gestion des finances publiques ont aggravé l’endettement, relativement élevé, du pays. Après un coup d'État survenu en 2005, la Mauritanie est parvenue à rétablir la démocratie à la suite d’élections libres et transparentes, organisées en 2006 et 2007 grâce à un important soutien financier et politique de la communauté internationale, et en particulier de l'Union européenne. Le nouveau gouvernement élu a alors proposé un plan triennal de développement solide, favorablement accueilli par l'ensemble des bailleurs de fonds.

Cette évolution a été interrompue par une crise politique opposant le président élu Sidi Ould Cheick Abdallahi à une majorité de parlementaires (indépendants) et au pouvoir militaire. Il s'en est suivi un second coup d'État militaire, organisé en août 2008 par le général Ould Abdel Aziz, l'un des protagonistes du coup d'État de 2005. Après s’être emparé du pouvoir présidentiel avec l'appui d’une junte militaire, ce dernier a mis en place un gouvernement de transition, en dépit de la vigoureuse opposition de certains partis politiques réclamant le rétablissement du président déchu.

Ce coup d’État a été condamné par l'Union européenne, l'Union africaine et une grande partie de la communauté internationale. Sous l’égide de l'Union africaine, plusieurs grands partenaires économiques du pays ont mis en place un Groupe de contact international sur la Mauritanie pour tenter de mettre fin à la crise en encourageant le dialogue entre les principaux groupes politiques du pays, afin de parvenir à un consensus devant rétablir l'ordre constitutionnel.

En réponse au coup d'État, l'UE a suspendu une grande partie de sa coopération au développement avec la Mauritanie (à l'exception de l’aide humanitaire) et ouvert des consultations avec les dirigeants du pays, conformément à l'Accord de Cotonou liant les pays de l'ACP à l'UE. Le Conseil européen a clôturé les consultations le 6 avril 2009 et décidé de conditionner le rétablissement progressif de la coopération au développement à l'élaboration et à la mise en œuvre d'un accord entre les parties au conflit devant garantir le retour à un État de droit. Après d'intenses efforts de médiation menés par le Sénégal sous l'égide de l'Union africaine, un accord a été signé le 4 juin 2009. Une fois mis en œuvre les principaux volets de cet accord, dit «accord de Dakar», des élections présidentielles ont été organisées en juillet 2009. Elles ont été remportées par M. Mohammed Ould Abdel Aziz, qui avait préalablement renoncé à sa fonction de dirigeant de la junte militaire et démissionné de l'armée. La mise en œuvre de l’accord a été rendue possible par la décision prise par le président en place, M. Abdallahi, de former un gouvernement de transition consensuel et de renoncer à son mandat. Le rétablissement de l’ordre constitutionnel a permis la reprise de la coopération internationale, notamment avec l’UE. Toutefois, la situation politique et sociale en Mauritanie demeure fragile, alors que le dialogue politique prévu par l'accord de Dakar n’a pas encore vu le jour.

Les autres sources d’insécurité sont l’intensification des activités terroristes menées par des groupes proches d’Al-Qaïda, ainsi que la criminalité organisée liée au trafic de drogue et de personnes (la Mauritanie est un pays de transit pour l'immigration clandestine et l'acheminement de la drogue vers l’Europe). Comme dans toute la région du Sahel et du Sahara, les activités terroristes ciblent de plus en plus les intérêts de l’UE. Ces activités prennent notamment la forme d’enlèvements de ressortissants européens.

Membre du groupe des pays ACP, la Mauritanie adhère au partenariat Euromed (Union pour la Méditerranée) depuis 2007. Le pays fait en outre partie de l'UMA (Union du Maghreb arabe) et a rejoint en 1973 la Ligue des États arabes.

Points clés des relations entre l'UE et la Mauritanie

L'Union européenne soutient les objectifs de développement de la Mauritanie, en accordant une attention particulière au secteur des transports, en vue d’améliorer l’intégration du territoire national et les liaisons avec l’arrière-pays. Ses priorités sont la réduction des coûts et le renforcement de la sécurité, afin d’améliorer les infrastructures générales de transports et de combattre la pauvreté. L’UE entend également répondre aux besoins humanitaires, résultant notamment du retour des réfugiés mauritaniens, et limiter les effets de l’insécurité alimentaire. L’autre grand domaine d‘intervention de la Commission européenne, avec une contribution de 156 millions d’euros accordée au titre du 10 e FED, est l’appui à l'amélioration de la gouvernance, en particulier dans le domaine de la décentralisation, du développement local, de la modernisation de l'État, de la justice et de la société civile.

Cette aide pourrait être complétée par un appui budgétaire direct destiné à combattre la pauvreté. La coopération, gelée après le coup d’État de 2008, a en grande partie repris depuis la fin du mois d’août 2009.

La Banque européenne d’investissement fournit un important soutien financier au pays, en particulier pour le développement du secteur minier (minerai de fer).

Le secteur de la pêche bénéficie également d'un soutien à grande échelle. En 2006, la Mauritanie et la Commission européenne ont signé un accord de pêche pour la période 2006-2012. Le dernier protocole de cet accord prévoit l'octroi d’une aide de 305 millions d’euros sur quatre ans au secteur de la pêche, en contrepartie d'un accès aux zones de pêche mauritaniennes. Il vise également à améliorer la gestion des ressources halieutiques du pays et à réduire l'impact environnemental des pratiques de pêche.

(02/06/09) Lire l'accord cadre de Dakar entre les trois poles politiques mauritaniens

(06/04/09) Lire la décision du Conseil relative à la conclusion de la procédure de consultation