HORIZON 2020 : la recherche et l’innovation pour une Europe forte (13/08/2013)

Les programmes de recherche de l’UE sont un élément essentiel des efforts qui visent à maintenir et à renforcer la compétitivité de l’Europe. Ils encouragent les projets transfrontaliers et permettent l’émergence d’un espace scientifique européen performant et novateur. Le nouveau programme intitulé « Horizon 2020 », qui débute en 2014, sera encore mieux doté financièrement que les précédents. La Suisse est à nouveau invitée à y participer.

En dépit des difficultés économiques et de la crise de la dette ainsi que de coupes dans le budget global, l’UE mettra 80 milliards d’euros à disposition du nouveau programme de recherche « Horizon 2020 », soit environ 50 % de plus que pour le septième programme. Ce dernier, qui porte sur un budget de 53 milliards d’euros, arrive à terme à la fin de 2013. En augmentant substantiellement le montant alloué, l’UE confirme le rôle prioritaire qu’elle accorde à la politique de la recherche et de l’innovation.

Une des nouveautés les plus importantes par rapport aux précédents programmes est que cette fois, la recherche et l’innovation ont été regroupées. L’objectif est que les résultats de la recherche fondamentale puissent plus rapidement déboucher sur de nouveaux produits et services commercialisables. En outre, l’unification des critères et des règles pour obtenir des fonds simplifie la participation de l’industrie au programme ainsi que la collaboration entre chercheurs, universités et entreprises privées.

Une autre nouveauté d’Horizon 2020 et le principe de trois piliers qui repose sur les priorités suivantes : Excellent Sciences, Competitive Industries et Better Society. A l’encouragement des meilleurs talents et au maintien de conditions de recherche de premier plan s’ajoute l’attention accordée à l’attractivité économique. Ainsi, Horizon 2020 encourage les entreprises à investir dans la recherche avec pour objectif déclaré de renforcer le partenariat entre milieux scientifiques et économie privée.

La Suisse et les programmes de recherche de l’UE

Dès 1987, la Suisse a participé au programme de recherche de l’UE sur certains projets. Mais seul l’accord de coopération scientifique entre l’UE et la Suisse de 1999 a permis l’association aux programmes et la participation de plein droit des chercheurs suisses à partir de 2004. Depuis le sixième programme-cadre de recherche de l’UE, les institutions de recherche suisses peuvent lancer elles-mêmes des projets transeuropéens et en assumer la direction.

Dotée de sites de recherche de haut niveau, la Suisse est une partenaire bienvenue. Les scientifiques suisses de leur côté profitent de l’accès aux fonds de l’UE et aux réseaux de chercheurs européens. Notamment les hautes écoles du pays, dont les EPF de Zurich et de Lausanne rencontrent un succès au-dessus de la moyenne en ce qui concerne l’acquisition de fonds de recherche de l’UE. Un projet prestigieux qui sera dirigé par l’EPF de Lausanne dans le cadre des "FET Flagship Initiatives" de l’UE est le Human Brain Project. Le soutien financier à long terme, représentant plus d’un milliard d’euros, bénéficie directement à la haute école de Suisse romande ainsi qu’à d’autres organismes du pays actifs dans la recherche. La concentration sur un nombre limité de projets phares de haute volée permet de travailler dans la durée et d’intensifier la collaboration scientifique et partant, de consolider les réseaux de chercheurs de toute l’Europe.

Mais les chercheurs suisses ne sont pas uniquement impliqués dans les projets phares européens, ils participent également à de nombreux projets moins connus du public. Ainsi, en juin 2012, on dénombrait 2'678 participations suisses à divers projets du programme en cours. Les chercheurs suisses ont particulièrement de succès auprès du Conseil européen de la recherche (ERC) qui encourage les travaux de haut niveau dans la recherche fondamentale. Dans le cadre du programme en cours, ils ont obtenu jusqu’à présent près de 435 millions de francs. Au cours des cinq appels de projets, l’EPF de Zurich s’est classée troisième et celle de Lausanne quatrième parmi tous les instituts de recherche européens en termes de nombre de financements alloués. D’une manière générale, les chercheurs suisses excellent plus particulièrement dans les domaines de la technologie de l’information et de la communication ainsi que des sciences de la vie (Life Sciences, pharma, santé).

Financièrement la participation aux projets de recherche européens vaut certainement la peine. Pour chaque franc versé par la Suisse depuis le début du programme de recherche en 2007, les scientifiques des hautes écoles suisses ont bénéficié de CHF 1.50 provenant de fonds européens. Avec les dotations du Fonds national suisse et la Commission pour la technologie et l’innovation, les subsides de l’UE représentent une source de financement importante pour la recherche en Suisse.