La Croatie - 28e membre de l’UE (28/06/2013)

La Croatie devient formellement membre de l’UE le 1er juillet 2013. Bienvenue au club! Cette adhésion marque le premier pas de l’intégration des Balkans occidentaux dans l’UE et atteste du pouvoir de transformation du mouvement de construction européenne dans une région en guerre il y a à peine une demi-génération. Même en une période où l’UE fait elle-même face à des enjeux de taille, sa politique d’élargissement contribue à une poursuite de la stabilisation politique et économique du continent européen.

 

Le chemin parcouru par la Croatie jusqu’à son adhésion à l’UE fut long, puisqu’il dura quasi vingt ans. Tout pays qui souhaite rejoindre l’UE doit en effet respecter des critères précis ‒ les fameux «critères de Copenhague» ‒, qui visent notamment à garantir un régime d’état de droit et démocratique ainsi qu’une économie de marché viable. Tout pays candidat doit donc remplir des obligations strictes mais équitables, seules garantes d’une paix durable sur le continent européen. La perspective d’une adhésion à l’UE stimule ainsi les changements sociaux et politiques, consolide l’état de droit et ouvre de nouvelles opportunités aux citoyens ainsi qu’aux entreprises du pays candidat. Dès le 1er juillet 2013, les entreprises croates jouiront d’un accès libre et complet au plus grand marché intérieur du monde et à ses plus de 500 millions de consommateurs. Ce qui générera à son tour plus de croissance, plus d’emplois et, plus généralement, une augmentation du niveau de vie. Grâce aux réformes entreprises, la Croatie dispose aujourd’hui d’un meilleur système de justice ainsi que d’une administration publique plus transparente et plus efficiente. Ses citoyens jouissent de la sécurité du droit, tant dans la vie économique qu’en relation avec les droits de l’homme et les libertés civiles. De même, les frontières deviennent plus sûres et la lutte contre le crime organisé et la corruption gagne en efficacité.

L’adhésion est bénéfique pour la Croatie mais aussi largement pour l’UE, puisque l’extension de son marché intérieur ouvre de nouvelles possibilités d’investissement, qui favorisent la croissance économique des Etats déjà membres. L’entrée de la Croatie dans l’UE consolide la démocratie ainsi que la stabilité politique et économique dans une région encore proie à la guerre il y a peu de temps. Sans compter que chaque nouveau pays membre enrichit la diversité culturelle de l’UE, un aspect pour ainsi dire inscrit dans ses «gènes».

Le chemin de la Croatie vers l’UE

Après des années de domination socialiste au sein de la République socialiste de Yougoslavie, l’accession à l’indépendance en 1991 marqua le début d’une nouvelle ère pour la Croatie. La population croate s’est de tout temps sentie européenne et aspirait dès lors à appartenir à cette communauté de valeurs. Les relations avec la Communauté européenne (CE), qui précéda l’Union européenne, étaient toutefois tendues après l’éruption du conflit armé en Bosnie-Herzégovine entre Bosniaques et Croates de Bosnie au printemps 1993. Elles se détériorèrent encore après la reconquête par les forces croates durant l’été 1995 dans le cadre de l’opération militaire Oluja (tempête) des territoires précédemment occupés par les Serbes de la République serbe autoproclamée de Krajina. Suite à cet événement, l’intégration déjà décidée du pays dans le programme PHARE de la CE pour soutenir le processus d’adhésion fut suspendue, et les négociations sur un accord commercial et de coopération entre la CE et la Croatie furent interrompues.

La perspective d’une adhésion s’est alors sérieusement éloignée. Même après la fin de la guerre, la CE n’a cessé de relever des manquements au respect de la démocratie, de l’état de droit ainsi que des droits de l’homme et des minorités, autant de critères impératifs pour pouvoir ouvrir des négociations d’adhésion. Ce n’est qu’en 2003 que la Croatie fut en mesure de déposer une demande d’adhésion, avant d’obtenir le statut officiel de pays candidat à une adhésion pleine et entière en 2004. Dans le rapport y relatif, l’UE salua les progrès accomplis en matière de séparation des pouvoirs ainsi que de stabilité politique et économique.

Tout pays qui veut adhérer à l’UE doit satisfaire aux critères d’adhésion, dits critères de Copenhague:

  • critère politique: la présence d’institutions stables garantissant la démocratie, l’état de droit, les droits de l’homme, le respect des minorités et leur protection;
  • critère économique: l’existence d’une économie de marché viable et la capacité de faire face aux forces du marché et à la pression concurrentielle à l’intérieur de l’Union;
  • critère de l’acquis communautaire: l’aptitude à assumer les obligations découlant de l’adhésion, et notamment à souscrire aux objectifs de l’Union politique, économique et monétaire (reprise de l’acquis communautaire, c’est-à-dire du droit européen)

Pour que le Conseil de l’UE puisse décider de l’ouverture de négociations d’adhésion, le critère politique doit être rempli. Pour une adhésion pleine et entière à l’UE, les deux autres critères doivent ensuite également être remplis de manière suffisante.

Les négociations d’adhésion à proprement parler ont débuté en 2005, après que le pays a garanti sa coopération sans réserve avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Dans les années qui suivirent, la Croatie entreprit toutes les réformes nécessaires et adapta, au besoin, sa législation au droit européen. La phase de négociation prit fin en 2011, et début 2012, le peuple croate se prononça en faveur d’une adhésion à l’UE.

L’adhésion de la Croatie et la reconnaissance du statut de pays candidat à la République de Serbie témoignent de la ferme volonté de l’UE de stabiliser cette région clé d’Europe. La politique d’élargissement de l’UE tient ainsi compte de l’aspiration légitime des peuples du continent européen à participer à la construction européenne, tout en constituant un investissement dans une démocratie viable. L’intégration pleine et entière de la Croatie dans l’UE incitera les autres pays des Balkans occidentaux à intensifier leurs préparatifs en vue d’une adhésion à l’Union.