La Présidente du COMITE DES REGIONS (CDR) au Maroc déclare: "La régionalisation est essentielle pour une ouverture démocratique et une croissance durable" (13/06/2012)

Quelle est la meilleure façon de soutenir la décentralisation démocratique des pouvoirs dans la région du printemps arabe? Comment renforcer la dimension régionale du partenariat Euromed? Ces questions ont constitué le fil rouge des rencontres de haut niveau avec des ministres marocains et de la réunion du Bureau de l'Arlem le 12 juin à Rabat.

Adopter les règles régissant l'élection directe des présidents et des assemblées des régions et définir les domaines où le volet régional prévaudra sur tous les autres niveaux institutionnels locaux. Répondre à la question vitale des ressources, de la réforme budgétaire et de la péréquation et réfléchir aux relations avec le secteur privé et aux moyens de stimuler de nouveaux investissements. Tous les enjeux et possibilités concrets qui accompagnent le processus de régionalisation en cours ont fait l'objet de vifs débats lors des rencontres entre des représentants de haut niveau des gouvernements national et régionaux du Maroc et la présidente du CdR, Mercedes Bresso, le 11 juin à Rabat.

"Le Maroc fait face au défi majeur de la régionalisation; il s'agit d'investir les collectivités territoriales d'un rôle nouveau et de premier plan", a déclaré Mme Bresso. C'est pourquoi il est "important pour nous d'être ici aujourd'hui", a-t-elle poursuivi, "et d'apporter à nos amis marocains toute l'aide et la coopération du Comité des régions et de l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne" (Arlem). D'après Mme Bresso, "les efforts déployés dans la région du printemps arabe pour décentraliser le cadre institutionnel prouvent que la démocratie est impossible sans la participation effective des communautés locales à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques et des réglementations".

"La régionalisation au Maroc est aujourd'hui un vaste chantier", a déclaré le ministre de l'Intérieur du Maroc, M. Mohand Laenser. "Une commission ad hoc indépendante a obtenu des résultats concluants: désormais, il faut les mettre en pratique et les traduire dans la législation, en associant pleinement les collectivités territoriales." Dans cette perspective, a ajouté M. Laenser, "le partage d'expérience au sein du Comité des régions de l'UE et les possibilités de partenariat offertes par l'Arlem peuvent apporter une contribution précieuse au succès de ce processus". Outre son entrevue avec le ministre Laenser, Mme Bresso s'est entretenue, dans le cadre de rencontres bilatérales, avec différentes personnalités impliquées dans le processus de régionalisation, comme par exemple M. Youssef Amrani, vice-ministre aux affaires étrangères chargé des relations avec l'UE et ancien secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée (UpM), ainsi que M. Essaid Znibe, secrétaire général du ministère de l'urbanisme et de la politique de la ville.

Au cours d'un débat animé sur la régionalisation, M. Eneko Landaburu, chef de la délégation de l'UE au Maroc, a souligné que l'Union européenne a récemment réaffirmé son soutien total à la vague de démocratisation initiée par le printemps arabe et a précisé que l'année dernière l'UE a revu sa politique de voisinage afin de mieux tenir compte des besoins spécifiques de la phase actuelle. Plus le processus d'ouverture avancera, empruntant la voie de la démocratie et du progrès civil et social, plus l'engagement de l'Union européenne sera important en termes de coopération politique et financière. Dans ce contexte, la régionalisation joue un rôle tout à fait pertinent. "Nous menons une collaboration efficace avec le gouvernement du Maroc dans plusieurs domaines", a expliqué M. Landaburu, "mais nous devons aller plus loin et nous devons travailler davantage et de façon plus directe avec les autorités régionales afin de mieux prendre en compte les besoins locaux et de répondre aux attentes des citoyens en termes de démocratie plus directe". Dans cette perspective, une fois le nouveau cadre institutionnel établi, l'UE est prête à soutenir davantage la coopération régionale, notamment grâce à un rôle actif de l'Arlem. Un rôle que reconnaît aussi le secrétariat de l'Union pour la Méditerranée, comme en témoigne l'invitation à la conférence régionale sur la croissance et l'emploi qui aura lieu à Tunis en décembre prochain ainsi que l'élaboration qui est en cours d'un mémorandum d'entente visant à promouvoir l'accès des régions aux appels à propositions de l'UpM.

Les participants à la réunion du Bureau de l'Arlem se sont ensuite penchés sur la préparation de la quatrième session plénière de l'Arlem qui se tiendra à Antalya (Turquie), en janvier 2013, et sur la mise en œuvre du programme de travail 2012, principaux points à l'ordre du jour. C'était aussi l'occasion de procéder à un premier échange de vues concernant le projet de rapport annuel sur l'état de la dimension territoriale de l'Union pour la Méditerranée (UpM) et les rapports de prospective sur la formation professionnelle et le tourisme.

La réunion a été coprésidée par la présidente du CdR, Mme Bresso, et M. Mohamed Boudra, président de la région Taza – Al Hoceima – Taounate (Maroc), qui a déclaré: " Dans ce coté du Sud de la Méditerranée nous vivons un moment historique et l'assemblée de l' Arlem est un allié dans ce processus notamment par la promotion des échanges de bonnes pratiques et par l'établissement de nouvelles synergies au sein du partenariat Euro méditerranéen"  Les futurs coprésidents de l'Arlem, M. Ramón Luis Valcárcel Siso, actuel premier vice-président du CdR et président de la région de Murcie (Espagne), et M. Youssef Ali Abdel Rahman, gouverneur de Gizeh (Égypte), ont également assisté à la réunion.