La Guinée et l'UE

Les relations entre l'Europe communautaire et la République de Guinée sont déjà anciennes. La République de Guinée a rejoint le groupe ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) au moment de la signature de la première Convention de Lomé en 1975. Depuis, les relations n'ont pas cessé de s'élargir et de s'approfondir pour aboutir à un réel partenariat.

Un peu d'histoire

Dans sa déclaration du 9 mai 1950, Robert Schuman, Ministre des affaires étrangères de la France, au moment de proposer à la République fédérale d'Allemagne et autres pays européens démocratiques la création d'une Communauté d'intérêts pacifiques, avait déjà fixé comme objectif que l'Europe "pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l'une des tâches essentielles: le développement du continent africain". Le traité de Rome (1958) prévoyait déjà un volet d'appui aux pays et territoires d'outremer des pays fondateurs. A cette fin, un "Fonds européen de développement" (FED) pluriannuel fut créé.

Ce FED s'est bien sur ouvert aux "Etats africains et malgache associés" nouvellement indépendants (convention de Yaoundé) et la coopération s'est graduellement approfondie. Avec l'adhésion de la Grande-Bretagne à la Communauté économique européenne au début des années 70, la zone géographique couverte par le FED s'est élargie pour inclure des pays du Commonwealth pour constituer ainsi le groupe ACP (Afrique Caraïbes Pacifiques). Le groupe ACP s'est formalisé par l'accord de Georgetown (6 juin 1975), lui donnant une structure, y compris un secrétariat basé à Bruxelles, lui permettant de négocier d'une seule voix ses relations avec l'Europe.

C'est à ce moment que la Guinée se joignit au groupe ACP et que fut signé la première Convention de Lomé, le 28 février 1975). Cette Convention était une étape importante vers l'établissement d'un partenariat plus équilibré, en prévoyant une responsabilité accrue des bénéficiaires dans la mise en œuvre de l'aide, l'introduction d'un volet commercial prévoyant un accès préférentiel des produits ACP sur le marché européen et la mise en place d'un système de stabilisation des recettes d'exportation agricoles, STABEX.

Dès la troisième Convention de Lomé, signée le 8 décembre 1984, le concept de dialogue entre partenaires égaux devient le principe de base de la coopération européenne avec les pays ACP. La quatrième Convention de Lomé, signée le 15 décembre 1989 va porter sur 10 ans, confirmant ainsi l'engagement à long terme de la Communauté européenne envers les ACP. Lors de la révision de la quatrième Convention de Lomé en 1995, le respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'Etat de droit deviennent des éléments essentiels de la Convention dont le non-respect peut conduire à la prise de mesures appropriées. Les acteurs non-étatiques font leur apparition comme acteurs de développement, de même que la coopération régionale et l'appui à l'intégration régionale comme facteur de développement.

En 1996, la Commission européenne sort un Livre Vert sur l'avenir des relations entre l'Union européenne et les Etats ACP. La réflexion qui en suit va aboutir à la signature de l'accord de partenariat ACP-UE à Cotonou le 23 juin 2000.

De simple bailleur de fonds intervenant dans les infrastructures, les projets agricoles, les projets, l'Union européenne (UE) au fil des différentes Conventions de Lomé, est devenue un partenaire économique avec une approche globale s'intéressant au dispositif commercial comme aux politiques macro-économiques et sectorielles. Aujourd'hui avec la mise en œuvre de l'Accord de Cotonou pdf - 2 MB [2 MB] , l'UE est aussi un partenaire politique qui s'intéresse aussi bien à la gestion et la prévention des conflits qu'à la démocratie et la bonne gouvernance.