Présentation

La coopération entre le Burkina Faso  et l'Union européenne : Document de stratégie pays et Programme indicatif national 10ème FED 2008-2013

Cette stratégie conjointe entre la Commission européenne et le Burkina prévoit l'allocation de 529 millions d'euros (347 milliards F.CFA) pour la période 2008 – 2013.
Dans le cadre de la programmation du 10ème  FED, la politique d’intervention de la CE continue à s’insérer pleinement à l’intérieur de la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté et répond aux grands principes de la coopération au développement de l’UE. Afin de contribuer à la réduction de la pauvreté et d’assurer une cohérence et une complémentarité avec les interventions des autres bailleurs, les principaux domaines d’intervention choisis sont :

  • le soutien au cadre macroéconomique et à la réduction de la pauvreté par un appui budgétaire direct – environ 60% des ressources.
  • le renforcement des infrastructures de base et de l’inter-connectivité (transports, eau et assainissement, énergie) – environ 26% des ressources;
  • l’appui à la gouvernance politique et locale (justice, décentralisation), et à la gouvernance économique et financière (mesures d’accompagnement de l’appui budgétaire) – environ 10% des ressources;
  • Quelques 4% des ressources sont réservées à des actions hors concentration, notamment pour l’intégration et la coopération régionale (APE, protection de l’environnement) et des appuis institutionnels.

Ces choix ont été faits sur la base de l’analyse de la situation socio-économique du Burkina Faso et de son Cadre Stratégique de la Lutte contre la Pauvreté, les Objectifs du Millénaire pour le Développement, les objectifs de la politique de développement de l’UE, la prise en compte de l’intégration régionale, l’expérience et les avantages comparatifs de la Commission européenne, la division du travail avec les Etats membres de l’UE et les autres partenaires techniques et financiers, permettant d’être plus sélectif dans le choix des domaines d’intervention pour une plus grande efficacité de l’aide.

Domaines d'intervention

Les principaux domaines d’interventions sont les suivants :

  • "Appui à la croissance et la réduction de la pauvreté via une aide budgétaire générale (343,42 millions d’euros soit 225 milliards CFA)" :

L'appui budgétaire général alloué dans le cadre du 10ème  FED est massif (plus de 225 milliards de FCFA) grâce à la mise en œuvre du "Contrat OMD" (Appui budgétaire pour la croissance et la réduction de la pauvreté 2009-2014). Ce contrat appuie la stratégie globale de développement du pays et ses efforts vers l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. D'une durée de 6 ans, ce contrat met l'accent sur la prévisibilité des appuis.

Le dialogue avec le Gouvernement se concentre sur les secteurs sociaux, à savoir la santé et l’éducation de base. Un suivi rapproché des finances publiques est également effectué. Cet appui budgétaire est accompagné par divers appuis institutionnels en matière de finances publiques et de statistiques.

  • "Transports (85 millions d’euros soit 55 milliards F.CFA)" :   

Au titre du 10ème FED, l'Union européenne s'attelle à  renforcer le réseau routier existant pour assurer une meilleure circulation des productions industrielles et alimentaires ainsi que des personnes afin de désenclaver les zones rurales et le pays de manière générale, avec une priorité pour l'axe Bamako-Ouaga-Niamey ainsi que les routes qui le relient aux pays côtiers. L'augmentation des échanges nationaux et internationaux devrait favoriser l'écoulement rapide des marchandises telles le coton et les denrées alimentaires par exemple.

  • "Approvisionnement en eau potable et assainissement (50 millions d’euros soit 33 milliards CFA)" :

Cette intervention répond à l'axe 1 du CSLP : " garantir l'accès des pauvres aux services sociaux de base", à travers l'amélioration durable et équitable de l'accès des populations à l'eau potable et à l'assainissement par la réhabilitation et la mise en place d'infrastructures d'approvisionnement en eau potable et des infrastructures d'assainissement, notamment en appuyant les services techniques nationaux (ONEA) et les collectivités locales à travers le PN-AEPA dans les zones rurales, les zones périurbaines et les communes rurales.

  • "Appui au secteur de l'énergie (5 millions d’euros, soit 3 milliards CFA)":

Cette enveloppe est destinée aux études stratégiques, de la recherche et des actions expérimentales dans les domaines de l’énergie renouvelable et domestique et des mesures visant l'efficacité énergétique lors de la production, le transport, la distribution ainsi que la consommation finale de l'énergie.

  • "Appui à la bonne gouvernance (50 millions d’euros soit 33 milliards CFA)":

Le 10ème FED poursuit ses efforts afin de renforcer la qualité de la gouvernance pour lutter contre la pauvreté à travers : la promotion de la démocratie et de l'état de droit, l'amélioration de l'accès à la justice pour tous, le respect des droits humains, la gestion transparente de l'économie à travers la gouvernance économique et financière, la gouvernance locale et la gouvernance démocratique, le renforcement du rôle des collectivités locales à travers la décentralisation.

  • "Coopération et intégration régionale (11 millions d’euros soit 7 milliards CFA)":

L’agenda régional d’intégration et l’Accord de Partenariat Economique (APE) peuvent se traduire au niveau du Burkina Faso par la transposition et la mise en œuvre des décisions communautaires au niveau national et par l’adoption des mesures d’accompagnement nécessaires pour optimiser les bénéfices du processus d’intégration et de l’APE. Ce dernier est conçu comme une stratégie visant à renforcer le processus d’intégration économique régionale, à construire un marché régional, à renforcer la gouvernance économique, à attirer les investissements vers la région de l’Afrique de l’Ouest et vers le Burkina Faso en particulier et à agir ainsi comme moteur de la croissance.

Pour atteindre ces objectifs, le Burkina Faso doit créer un environnement des affaires favorable, capable d’attirer les investissements. Les interventions pourraient se concentrer sur la bonne gouvernance économique, notamment la création et la consolidation d’un cadre harmonisé des affaires et d’un environnement juridique et judiciaire clair, transparent, fiable et appliqué. Ce domaine d’intervention pourrait compléter les actions dans les autres domaines. Il sera mis en œuvre en prenant en compte la nécessité d'assurer la meilleure complémentarité possible avec les activités qui seront financées dans ce domaine dans le cadre du Programme Indicatif Régional 10ème FED pour l'Afrique de l'Ouest.

Dans le secteur de la protection de l’environnement, il est prévu, en fonction des besoins, de financer des actions en complément au Programme Indicatif Régional Afrique Occidentale du 10e FED pour poursuivre le programme ECOPAS compte tenu de l’importance stratégique du parc W pour la préservation de la biodiversité dans la région et du savoir-faire développé par ce programme en matière de gestion régionale des ressources naturelles. D’autres actions contribuant à une meilleure gestion des ressources naturelles du pays pourront aussi être financées. 

  • "Participation du Burkina Faso dans la stratégie d'appui régional":

Le Burkina Faso bénéficie également du programme indicatif régional Afrique de l'Ouest, qui soutient les efforts d'intégration de la région dans le domaine de l'économie, du commerce, de l'appui à la mise à niveau des industries et des infrastructures. Plus de 250 millions d'Euros ont été alloués à la région dans le cadre du 9ème FED. Dans le cadre du 10ème FED l'enveloppe régionale est d'environ 500 millions d'Euros.

  • "Partenariat avec les acteurs non étatiques":

L'Union européenne, en plus des financements qu'elle octroie au gouvernement burkinabè, a mis en place un plan de financement pour les acteurs non étatiques.

Ainsi, chaque année, des appels à propositions sont lancés, soit localement, directement par la Délégation, soit par le Siège, à Bruxelles. Selon les cas, les conditions de participation à ces appels à propositions varient, et il est donc important de bénéficier d'une information correcte. Pour cela, la Délégation organise régulièrement des séances d'information, et tient son site internet à jour.

Si les montants de ces projets peuvent sembler modestes en comparaison des montants investis en appui budgétaire, ils permettent à des ONG, souvent associées à des associations, groupements de producteurs, associations d'usagers, etc., de mettre en œuvre directement leurs interventions sur le terrain grâce à l'appui de subventions.

Pour l'Union européenne, il s'agit également de "garder le contact" avec les populations, d'atteindre certains groupes qui, dans certains cas, pourraient être laissés quelque peu en marge des grands équilibres macroéconomiques, d'être mieux au fait des préoccupations des Burkinabè.

Concrètement, lors des missions sur le terrain, par exemple, cela permet de mieux comprendre que le prix de l'eau est parfois une contrainte réelle pour les populations, même si celle-ci est mise à disposition par la construction d'une borne-fontaine, que la technologie solaire peut être une technologie très prometteuse, mais que la question de son entretien reste centrale, que pour que des enfants soient encore plus encouragés à aller à  l'école, il faut que celle-ci soit équipée de latrines, etc.

Enfin, ces petits projets permettent d'instiller des innovations, de tester des modes de faire, des technologies qui, demain, permettront peut-être au Burkina Faso d'avoir une "longueur d'avance". 

Au total, en 2007, au travers de 6 canaux de financement, la Commission européenne aura engagé au bénéfice du Burkina Faso ou de la région, un total de 30 nouveaux projets, pour un montant total de 33 861 209,68 euros,  soit plus de 22 milliards FCFA (22 211 497 518).

Au-delà des montants, il est important de noter que ces projets sont mis en œuvre dans des secteurs aussi stratégiques que l'eau, l'énergie, la conservation des sols ou encore la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la réponse aux catastrophes naturelles.

Outre les "guichets" classiques consacrés à la sécurité alimentaire et au cofinancement ONG, les possibilités de financement ont eu comme source les facilités Eau et Energie, ainsi qu'une ligne budgétaire "Fertilisation des Sols" ou encore la Direction-Générale des Affaires Humanitaires, ECHO.

Les sources et modalités de financement de ce type de projets, et possibilités d'obtenir des subventions, varient cependant et il est donc important de se référer, en première démarche, au site web de la Délégation.