Le Burkina Faso et l'UE

LE CADRE GENERAL DE LA COOPERATION

L’Union européenne (UE) possède une longue histoire de coopération avec les pays en développement. La coopération entre l’UE et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) a commencé en 1957 par la signature du traité de Rome, point de départ du marché commun européen. La quatrième partie du traité a prévu la création du Fonds européen de développement (FED), visant à octroyer l'aide technique et financière aux pays toujours gouvernés par les pouvoirs européens à cette époque.

Conseil des ministres UE-ACP établissant la signature de la seconde révision de l'Accord de Cotonou le 22 juin 2010 à Ouagadougou
Conseil des ministres UE-ACP établissant la signature de la seconde révision de l'Accord de Cotonou le 22 juin 2010 à Ouagadougou

Actuellement les relations entre l'UE et les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifiques) sont régies principalement par l’accord de partenariat ACP-UE pdf - 3 MB [3 MB] English (en) , signé à Cotonou le 23 juin 2000 entre les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l'Union européenne avec ses Etats membres. Cet Accord est révisé tous les cinq ans, et il a déjà connu deux révisions, s'adaptant à l'évolution des contextes politiques et économiques : le 25 juin 2005 à Luxembourg et le 22 juin 2010 à Ouagadougou.

L'accord de Cotonou a représenté le début d'une nouvelle phase dans la coopération entre les pays ACP et l’Union européenne (UE), qui a débuté en 1964 avec la signature de la première convention de Yaoundé et s'est poursuivie avec les quatre conventions de Lomé.

L’accord de Cotonou établit ainsi une nouvelle approche qui est basé sur cinq piliers principaux interdépendants :

  • le renforcement de la dimension politique des relations entre les États ACP et l'UE;
  • la promotion des approches participatives, l'ouverture à la société civile, au secteur privé et aux autres acteurs non étatiques;
  • les stratégies de développement et l'objectif de la réduction de la pauvreté;
  • l'établissement d'un nouveau cadre de coopération économique et commerciale;
  • la réforme de la coopération financière.

En chiffres, malgré la crise financière mondiale survenue depuis 2008, qui a  ralenti le flux d'aide en 2009, l'Union européenne (Etats membres et Commission européenne confondus) reste le donateur le plus généreux au monde, puisqu'elle fournit plus de la moitié de l'aide au développement de la planète : les 27 Etats membres de l'UE et les institutions européennes ont consacré 49 milliards d'euros à l'aide publique au développement (APD), ce qui correspond à 0,42 % de leur RNB cumulé, soit 96 euros par citoyen européen.

En effet, en 2005, l'engagement de l'UE pour le développement s'est traduit par la décision de doubler le volume de l’aide publique au développement (APD), en fixant une nouvelle cible intermédiaire collective pour l’APD à 0,56 % en 2010. Il a aussi été décidé qu’au moins la moitié de ces ressources supplémentaires serait consacrée à l’Afrique.

Cet engagement s’est aussi traduit par l’adoption d’un cadre stratégique commun pour la coopération au développement, qui lie à la fois les Etats membres et la Commission européenne. Ce document de stratégie s’intitule le Consensus européen pour le développement pdf - 248 KB [248 KB] . Il a été approuvé conjointement par le Conseil, le Parlement et la Commission européenne en décembre 2005. L’UE y réaffirme son engagement d’éradiquer la pauvreté, de favoriser l’appropriation et le partenariat, de fournir une aide plus importante et plus efficace et de promouvoir la cohérence des politiques pour le développement.

L'Union Européenne a aussi décidé d'améliorer l'efficacité de son aide à travers la complémentarité et la division du travail entre les différents donateurs, au sein de l'Union. Ceci a été matérialisé par un code de conduite adopté par le Conseil en mai 2007.

Au Burkina Faso, l'aide communautaire de l'Union européenne en faveur du développement du pays est en constante progression depuis 1959, date d'installation de la Délégation de l'UE au Burkina Faso, et s'établit  comme suit (hors montants octroyés par la Banque Européenne d'Investissement - BEI) :

  • Traité de Rome (1er FED 1958 - 63): 28 mio d'euros, soit environ 18,37 milliards de FCFA
  • Accord de Yaoundé I (2ème FED 1964 - 69): 31,71 mio d'euros, soit environ 20,8 milliards de FCFA
  • Accord de Yaoundé II (3ème FED 1970 - 74): 65,212 mio d'euros, soit environ 42,78 milliards de FCFA
  • Accord de Lomé I (1975 -1980- 4ème FED): 98,86 mio d'euros, soit environ 64,85 milliards de FCFA
  • Accord de Lomé II (1980 – 1985- 5ème FED): 108,04 mio d'euros, soit environ 70,87 milliards de FCFA
  • Accord de Lomé III (1985 – 1990- 6ème FED): 152,27 mio d'euros, soit environ 99,88 milliards de FCFA
  • Accord de Lomé IV (1990 – 1995- 7ème FED): 359,83 mio d'euros, soit environ 236,04 milliards de FCFA
  • Accord de Lomé IV bis (1995 – 2000- 8ème FED): 178,36 mio d'euros, soit environ 117 milliards de FCFA
  • Accord de Cotonou (2000-2020) - 9ème FED 2001 - 2007: 434,86 mio d'euros, soit plus de 285,25 milliards de FCFA,

Accord de Cotonou (2000-2020) - 10ème FED 2008-2013 : 658,4 millions d'euros, soit 431 milliards FCFA.