Projet CRIMGO: "Lutte contre les actes de piraterie et les vols à main armée commis en mer dans le Golfe de Guinée" (23/09/2013)

Lancement officiel du Projet CRIMGO: "Lutte contre les actes de piraterie et les vols à main armée commis en mer dans le Golfe de Guinée"

Cotonou, Novotel, le 19 septembre 2013

 

Allocution de SE Mme Françoise Collet, Ambassadeur, Chef de la Délégation de l'Union européenne au Bénin

 

  • Monsieur le Ministre chargé des Relations avec les Institutions, représentant Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de l'Intégration Africaine, de la Francophonie et des Béninois de l'Extérieur,
  • Monsieur le Ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères du Gabon,
  • Messieurs les Secrétaires généraux des Ministères des Affaires étrangères du Togo et de la Guinée équatoriale,
  • Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Etats Membres de l'Union européenne au Bénin,
    • Mesdames et Messieurs les Chefs de mission des organisations internationales,
    • Mesdames et Messieurs les Représentants des pays et institutions partenaires participants au projet CRIMGO,
    • Chers invités, Mesdames et Messieurs,

C’est avec un plaisir particulier que je prends la parole ce jour, à l'occasion de la cérémonie de lancement du projet Routes maritimes critiques du Golfe de Guinée CRIMGO financé par l'Instrument de Stabilité de l'Union Européenne. Je souhaite commencer par saluer la présence parmi nous de Monsieur le Ministre chargé des Relations avec les Institutions et remercier, à travers lui, le Gouvernement du Bénin pour son accueil et le soutien témoigné à l'organisation de cette réunion par le Bénin.

La problématique de l'insécurité maritime dans le Golfe de Guinée a acquis l'attention particulière qu'elle mérite, aussi bien au niveau des régions et Etats directement concernés que de la communauté internationale J'en veux pour preuve les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies à ce sujet ainsi que la Déclaration récemment adoptée par cet organe.

Je souhaite aussi rappeler que dès juillet 2011, le Président de la République du Bénin, le Docteur Boni Yayi, avait saisi le Conseil de Sécurité pour demander que des mesures urgentes soient envisagées pour éradiquer ce fléau qui menaçait et menace toujours la paix, la sécurité et les économies des pays du Golfe de Guinée. 

Après une première résolution du Conseil de Sécurité dès octobre 2011, le Conseil devait se prononcer à nouveau en adoptant la résolution 2039 (2012) du 29 février 2012, soulignant entre autres, la nécessité de convoquer un Sommet conjoint des États du Golfe de Guinée afin d'élaborer une stratégie régionale de lutte contre la piraterie, en coopération avec l’Union africaine.

Dans ce cadre, le Sommet de Yaoundé qui s'est tenu les 24 et 25 juin derniers constitue une étape essentielle pour l'organisation de la réaction collective des pays de la région. Nous félicitons les Autorités Camerounaises de ce succès et vous aussi, Monsieur le Ministre, car nous savons que le Bénin en fut l'un des acteurs-clef, notamment en accueillant à Cotonou la réunion préparatoire des Ministres des Affaires étrangères.

Les résultats de ce Sommet sont très encourageants et témoignent de la volonté politique de répondre à cette menace que constitue la piraterie maritime. Ils permettent à l'Union européenne, ses Etats membres et les Partenaires en général, de mieux identifier les moyens de lutte afin de contribuer à la sécurité maritime et à la lutte contre le crime organisé et pour venir vous appuyer dans cette action.

Mesdames et Messieurs,

L'Union européenne et ses Etats-membres soutiennent fortement les efforts régionaux pour résoudre les problèmes de piraterie et éviter de nouvelles attaques dans le Golfe de Guinée. Au sein de l'Union européenne, nous sommes en train de développer une approche globale qui vise à répondre aux problèmes de sécurité (y inclus toutes formes de crime organisé) mais aussi aux causes sous-jacentes, dont la pauvreté. Il s'agira de développer une stratégie à l'instar de la stratégie Sahel et qui viendra en appui aux organisations régionales (CEEAC, CEDEAO et la CGG). Nous sommes en effet convaincus que cette approche doit être multidimensionnelle.

L'Union européenne est déjà active à travers différentes actions de renforcement des capacités, dont les suivantes:

  • Renforcer la coordination du maintien de l'ordre maritime à travers le projet CRIMGO (Critical Maritime Routes Programme - 4.5MEUR) qui nous réunit aujourd'hui;
  • Favoriser les échanges d'informations, avec notamment des projets  tels que AIRCOP, SEACOP, WAPIS, AMERIPOL, PRELAC… pour lutter contre les réseaux criminels et les trafics en particulier celui de la cocaïne;

L'action de l'UE vise également les éléments de contexte de la piraterie, à travers des projets portant sur le développement, la gouvernance, l'Etat de droit et la lutte contre les trafics.

Ces actions ne pourront développer leurs effets qu'avec, bien sûr, l'engagement effectif, constant et opérationnel des Etats du Golfe de Guinée.

Au Bénin, la validation de  la Stratégie Nationale de Protection, de Sécurité et de Sureté Nationales constituera une étape importante. Par ailleurs et toujours pour le Bénin, ses infrastructures portuaires nécessitent des aménagements afin d'améliorer l'environnement général d'une flotte béninoise cruciale pour lutter efficacement contre la piraterie.

 

Mesdames et Messieurs,

Si vous êtes présents ici aujourd'hui, c'est parce que le pays ou l'Institution que vous représentez a manifesté un intérêt à participer au programme CRIMGO.

Ce projet CRIMGO est donc un projet pilote mis en place dans 7 pays: 3 pays d'Afrique de l'Ouest (Togo, Bénin et Nigeria) et 4 pays d'Afrique Centrale (Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale et Sao Tomé et Principe). Il nécessitera aussi l'implication de plusieurs organisations régionales et internationales (CEDEAO, CEEAC, MOWCA, IMO, UNOCA…).

Le projet CRIMGO a une durée de 3 ans et un budget de MEUR 4.5 (environ 3 Milliards de FCFA). Il privilégie quatre aspects de la gouvernance maritime : la formation maritime, le partage d'informations maritimes, la coopération entre les institutions chargées de l'application de la loi et la coopération opérationnelle au niveau régional.

Les travaux de cette journée permettront j'en suis sûre de renforcer les synergies de l'action entre les différents pays et organisations régionales dans le but d'améliorer la sûreté et la sécurité maritimes dans la région.

Soyez assurés que l'Union européenne prêtera la plus grande attention aux commentaires et suggestions que vous formulerez pour le projet à l'issue de ces travaux.

Vive la coopération entre le Bénin, les pays du Golfe de Guinée et l’Union européenne.

Je vous remercie de votre aimable attention et vous souhaite de fructueux débats.