Allocution à la cérémonie d’ouverture de la revue sectorielle finances publiques (28/05/2013)

Discours prononcé par SE Mme Françoise Collet, Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union Européenne en République du Bénin

à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la revue sectorielle Finances Publiques.

(Palais des congrès, Cotonou, le 28 mai 2013)

 

Excellence, Monsieur le Ministre de l'Economie et des Finances,

Mesdames et Messieurs les représentants des institutions de la République,

Monsieur le Directeur de Cabinet de SEMonsieur le Ministre de l'Economie et des Finances,

Mesdames et Messieurs les Directeurs généraux et techniques de l'administration centrale et des institutions de la République, 

Mesdames et Messieurs les Chefs de mission et représentants des Partenaires Techniques et Financiers,

Mesdames et Messieurs les Représentants de la société civile et du secteur privé,

Honorables invités,

Mesdames, Messieurs,

Au nom des Partenaires Techniques et Financiers du groupe technique "Gestion des Finances Publiques", je me réjouis de l'organisation de cette quatrième revue sectorielle sur le système de gestion des finances publiques au Bénin. Exercice certes annuel et désormais habituel mais certainement pas routinier.

Loin d'être une simple formalité, la revue sectorielle permet aux partenaires techniques et financiers et au Gouvernement de partager les avancées en matière de réformes de gestion des finances publiques mais aussi et surtout les défis à relever afin de faire de la programmation et de l'exécution du budget un véritable instrument de développement.

En effet, les finances publiques sont indispensables dans la formulation et la conduite de toute politique économique concourant au développement et à la réduction de la pauvreté.

Dans un monde en crise, il importe d'entreprendre des réformes courageuses dans tous les domaines dont les finances publiques afin de répondre au mieux aux aspirations de la population.

Cette préoccupation a été bien notée au niveau régional (UEMOA) avec les Directives financières de seconde génération pour lesquelles j'invite le Bénin à accélérer les processus de transposition dans le droit national. Il importe que toutes les institutions concernées conjuguent leurs efforts pour traduire dans les faits, ces différentes directives. Dans ce contexte, il est souhaitable que le Gouvernement béninois partage avec les partenaires techniques et financiers sa stratégie sur ces transpositions.

L'année 2012 a enregistré d'assez bonnes performances en matière de mobilisation de recettes avec 721,3 milliards FCFA de recettes totales pour un objectif de 710 milliards, dont des recettes douanières qui ont franchi pour la 1ère fois la barre de 300 milliards FCFA. Je ne peux que m'en réjouir. Je me réjouis également des progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations issues de la revue de l’année dernière, notamment la mise en place de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP).

De telles performances sont naturellement à encourager et à poursuivre. Mais, vous conviendrez avec moi que de nombreux défis subsistent. Il s'agit notamment des questions de la transition fiscale avec une politique fiscale qui intègre le secteur informel, de l'exécution efficace du budget, du contrôle du budget et de la transparence budgétaire.

La transparence budgétaire fait de plus en plus l'objet d'attention au niveau sous régional avec la Directive n°01/2009/CM/UEMOA sur le Code de transparence de la Gestion des Finances publiques, mais aussi au niveau international. A ce propos, certains modèles de mesure, dont nous discutons, soulèvent des questions pour le Bénin. Il importe donc pour le Gouvernement d'en prendre acte et de mener plus d'actions en faveur de la transparence budgétaire (élaboration de budget de citoyen, participation du public, etc.) avec une plus forte implication de la société civile et des institutions supérieures de contrôle. Je souligne également, que pour la coopération avec l'UE, cet aspect constitue désormais un quatrième critère d'éligibilité de l'appui budgétaire.

Dans le même contexte, l'actualité de ces derniers jours relative à la SONACOP illustre l'importance de la bonne gouvernance et de la transparence et redevabilité relatives à la gestion des entreprises publiques du Bénin. Il serait important de pouvoir dialoguer sur ce  dossier des réformes relatives à la gestion des entreprises publiques de manière plus systématique et rapprochée.

Au titre de l’exécution budgétaire, nous pensons, qu’une attention particulière doit être accordée à l’amélioration des délais d’exécution des marchés publics. Ces longs délais affectent le niveau  de l’investissement public. La longueur de ces procédures est en partie imputable à la centralisation des procédures. Pour ce faire, nous proposons qu’une réflexion soit conduite par le Ministère de l'Economie et des Finances sur la délégation de pouvoir dans le cadre de l’exécution des marchés publics.

Excellence, Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Au cours des travaux de la présente revue, nous aurons à effectuer le bilan des progrès réalisés depuis l’année dernière en termes d'actions, de réformes et de performance du système de gestion des finances publiques. Ce bilan témoignera de l’engagement du gouvernement dans la mise en œuvre du Plan d'actions pour l'amélioration de la gestion des Finances publiques.

J'exprime le vœu que le gouvernement puisse progressivement lever les contraintes, à travers la mise en application effective du Plan d’actions pour l’amélioration de la gestion des finances publiques qui est soutenu par divers programmes et projets des partenaires techniques et financiers.

 

Excellence, Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Après le PEFA 2007, il importe de disposer de nouveaux repères, de nouveaux éléments de diagnostic. C'est pourquoi, je félicite le Ministère de l'Economie et des Finances d'avoir prévu l'organisation d'une nouvelle évaluation externe du système de gestion des Finances publiques selon la méthodologie PEFA pour la fin de cette année. L'Union européenne et probablement d’autres bailleurs de fonds sont disposés à accompagner cet exercice.

Excellence, Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais finir sur cette note en souhaitant plein succès aux  participants de la présente session.

Je vous remercie de votre attention.