6 éme Rencontre euromaghrébine des écrivains (19/10/2014)

"La vie est ailleurs"

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Pour Milan Kundera ce slogan, apparu comme tant d'autres sur les murs parisiens en mai 68, incarnait ce que l'écrivain tchèque dénonçait comme "l'illusion lyrique". Il s'agissait selon lui d'une proposition politique dangereuse de changer le monde par un coup de baguette magique, camouflant une nouvelle servitude idéologique ainsi qu'un renoncement à l'esprit critique   et entraînant de nouvelles catastrophes dont l'histoire de l'humanité a le funeste secret.

En 2014, après les fins de l'histoire et des printemps divers mort-nés (illusion lyrique?), qu'en est-il de cet "ailleurs" et de "la réalité", de ces archétypes aussi trompeurs qu'indéboulonnables qui continuent à rythmer nos vies quotidiennes - éveillées, rêvées ou littéraires - malgré toutes les illusions perdues. Entre l'urgence d'ici et maintenant et les promesses d'ailleurs qui chantent, la littérature refuse de trancher, prête aux combats, à la destruction des illusions autant qu'à leur exploration. Si ce n'est à l'exaltation radicale des mondes et des vies plus vraies que la nature.

Une vingtaine d'écrivains, algériens, maghrébins et européens ont accepté notre invitation à se rencontrer à Alger, faire le point et dialoguer entre eux et avec le public algérien.

L'herbe est-elle toujours plus verte ailleurs?

Marek SKOLIL

Ambassadeur/Chef de Délégation de l'UE en Algérie

  

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Michal Ajvaz (CZ)

Né en 1949 à Prague, d’une famille émigrée russe, Michal Ajvaz commence à publier tardivement. Diplômé en Littérature tchèque et en esthétiques de la faculté de philosophie de l’Université Charles en 1974, sa thèse porte sur l’auteur tchèque Richard Weiner. Durant les années 1970 et 1980 Michal Ajvaz a exercé divers métiers : d’ouvrier, à concierge, en passant par veilleur de nuit dans un garage et employé au service des eaux de la ville de Prague. Il ne publiera son premier recueil de poésie, Tueur à l’hôtel intercontinental, qu’en 1989. Il deviendra ensuite éditeur d’un magazine littéraire Nonviny en 1990.

Aujourd’hui, Michal Ajvaz est chercheur au Centre de Prague pour les études théoriques de l’Université Charles et pour l’Académie des Sciences de République tchèque. Il a publié plusieurs nouvelles, et notam­ment The Other City, The Golden Age et Empty Streets. Il compte à son parcours d’auteur plusieurs essais dont un sur Jacques Derrida, une importante méditation sur Jorges Luis Borges intitulée The Dreams of Grammars, the Glow of Letters, ainsi qu’une étude philosophique Jungle of Light : Meditations on Seeing.

Joaquín Pérez Azaústre (ES)

Ecrivain né en 1976 à Cordoba, Joaquín Pérez Azaústre commence sa trajectoire professionnelle en 1994 en publiant des articles d’opinion dans le quotidien Diario Córdoba. Quatre ans après il se rend à Madrid où il obtient sa licence en droit à l’Université Complutense.

De 2000 à 2002 il obtient une bourse de création à la Résidence Universitaire des Etudiants, octroyée par la mairie de Madrid. Pendant ses premiers mois en tant que résidant il obtient le Prix Premios Adonáis pour son livre de poèmes Une interprétation. Il commence alors à rédiger des articles d’opinion dans le quotidien La Razón. En 2001, toujours à la Résidence d’Etudiants, il débute l’écriture d’une colonne quo­tidienne dans le Groupe Joly jusqu’en 2011 et publie son premier livre de nouvelles Lettre à Isadora. C’est à partir de ce moment-là qu’il publie simultanément des nouvelles et des livres de poèmes, avec quelques incursions dans les essais, tout en continuant sa collaboration avec la presse.

Trois de ses romans publiés sont traduits en anglais et prochainement en français; Amérique, Le grand Felton et Les nageurs. Il écrit entre autres essais : La ville des poètes, Lucena sefardita et Le correspondant de Boston. Il publie également des recueils de poèmes parmi lesquels figurent : Delta, L’horloge du soleil et Le pull rouge, qui a reçu le Prix Loewe de la Jeune Création. Il est également l’auteur de Le prix d’un diner chez Maurice, Poésie complète de Robert Felton et Las Ollerías récompensé en 2011 par le XXIIIe Prix International de Poésie de la Fondation Loewe. En décembre 2013, il publie sa dernière oeuvre poétique, jusqu’à ce jour : Vie et légende d’un cavalier électrique.

Coordinateur littéraire du Festival International Cosmopoétique en 2012 et 2013, il collabore avec le journal électronique Diario Abierto tout en publiant des chroniques et articles dans des revues littéraires comme Mercurio, Lettre International ou Turia. Il est, de plus, chroniqueur depuis l’année dernière dans El Páis de Andalucía et est revenu récement au Diario Córdoba avec une chronique intitulée Ciel ouvert.

Fatima Bakhaï (DZ)

Née à Oran en 1949 Fatima Bakhaï, l’auteur quitte l’Algérie à l’âge de deux ans avec ses parents pour s’installer d’abord au Maroc puis en France en 1953. C’est à Saint-Etienne qu’elle a passé toute son enfance et effectué ses études primaires. Rentrée en Algérie après l’indépendance, elle poursuit sa scolarité au lycée français d’Oran jusqu’au baccalauréat, qu’elle obtient en 1967. Parallèlement à ses études de droit à l’Université d’Oran, l’auteur enseigne le français. Entre 1975 et 1981, elle est magistrale auprès du tribunal d’Oran.

Elle publie à partir des années 1990 et marque la scène littéraire algérienne par son analyse pondérée de l’histoire qu’elle raconte en saga romancée. Sans prétention aucune elle déclare : «Il n’y a aucune vérité à rétablir mais une histoire à raconter.» Elle publie de nombreux romans historiques dont La Scalera, Dounia, Un oued pour la mémoire, La femme du caïd, ainsi que la trilogie Izuran composée de : Au pays des hommes libres, Les enfants d’Ayye et Au pas de la Sublime Porte.

Fatima Bakhaï écrit une trentaine d’ouvrages à destination de la jeunesse dont Raconte-moi, Oran. Enfin, elle participe également à des ouvrages collectifsPhilippe Cantraine

Philippe Cantraine (BE)

Philippe Cantraine est né à Renaix en 1954. Ses études de philosophie et de lettres le conduisent de l’Université Libre de Bruxelles à l’Université de Cologne, puis à l’Université de Greiswald (dans l’ancienne RFA) où, collaborateur scientifique de la Chaire de Littérature comparée, il est chargé de cours et contri­bue à diverses collaborations et parutions. Diplomate de la Communauté Wallonie-Bruxelles et de la Région Wallonne de Belgique, il a été en poste à Paris (près l’Unesco et l’OCDE), à Bruxelles (en 2001, sous la Présidence belge de l’Union européenne) et chef de poste à Québec, Rome et Varsovie.

Au nombre de ses ouvrages, citons pour la poésie : Astérion (1982), Le Marcheur et l’eau vive (1985), salué dès sa parution par L. S. Senghor, Gagner du champ sur la nuit (1999) publié aux éditions Caractères, Archer dans le courant des cibles (2003) et L’Heure bivalve (2008). En matière de prose l’auteur n’est pas en reste, puisqu’il publie Nouvelles nègres (2005), Cuentos des coeurs compliqués (2011), Le Gouverneur des coquillages (2009), roman primé par l’Académie royale de Belgique, et Une Symphonie Or, roman paru en 2014. Il écrit aussi pour le théâtre avec Fort de Joux Les derniers jours de Toussaint-Louverture, révélée en 2012.

Philippe Cantraine est actuellement, à Paris, Conseiller du Secrétaire général de la Francophonie. Il est l’auteur des Rapports du Secrétaire général aux Chefs d’Etats et de gouvernements déposés à Kinshasa à l’automne 2012, et à Dakar à l’automne 2014.

Smaïl Ghazali (MO)

Conteur, nouvelliste et romancier, Smaïl Ghazali est né à Meriret au Maroc en 1977. Obnubilé par les jeux et le rêve, il est reconnaissable à son style fantaisiste à l’approche expérimentale. A ce titre, il est l’un des grands maîtres de la nouvelle au Maroc. Ahmed Bozfor décrit ses récits comme «pur plaisir esthétique, comme si ils n’appartenaient pas à la littérature mais à l’art de la musique, cet art que cherche tous les arts à atteindre…»

Smaïl Ghazali a été récompensé par le prix international de la littérature arabe Tyaeb Saleh en 2011 pour sa nouvelle Le miel des cigognes, puis nominé en 2014 par le prestigieux Booker Price pour son dernier roman La saison de chasse des nègres. Traduit en plusieurs langues et notamment en italien, roumain, français et anglais, l’auteur compte par­mi ses publications les plus remarquables : Le jeu de la croisée des chemins, Le jardin de biche confit ainsi qu’un recueil de contes publié en 2012.

Leïla Hamoutene (DZ)

Leïla Hamoutene est née en 1945 à Aïn El Beïda à Constantine où elle fait ses études secondaires avant d’aller vivre et évoluer à Alger. Diplômée de l’Institut de Psychologie Appliquée et licenciée en langue française, elle a été tour à tour psychologue scolaire puis professeure de langue. Très sensible à l’évolution de sa société, Leïla Hamoutene publie en 1992 un recueil de nouvelles intitulé Abîmes, puis des articles et des poèmes parus dans la presse nationale.

En 2001 paraît son premier roman : Sang et jasmin, elle y raconte la vie tourmentée de trois adolescents algériens à Alger et livrés au terrorisme. (Ouvrage présenté au Maghreb des livres à Paris). En 2002, L’Enfant algérien, recueil de poèmes, est publié par l’UNICEF à l’occasion de l’anniversaire de la ratification de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant à New York. Le Sablier, un recueil de nouvelles, sera publié par l’ANEP la même année. Elle a également publié des nouvelles dans différentes éditions - Editions Milan en 2003 et Brèves en 2006. Leïla Hamoutene anime des ateliers d’écriture en partenariat avec Coup de Soleil, Handicap International, la Fondation Friedrich Ebert et le CISP.

Le châle de Zeineb, son dernier roman édité par les éditions Casbah à Alger, commence en 1840, au début de l’histoire coloniale, au village de Ben Salem. Le roman traverse des époques différentes, par des flashback, tantôt en 1840 avec des scènes d’incendies et de massacres, tantôt en 1959 à l’intérieur d’une cellule où se pratique la torture.

Hakim Laalam (DZ)

Enfant de l’indépendance frémissante, né en Algérie en 1962, Redha Belhadjoudja est détenteur d’un magistère en littérature de langue française et linguistique. Il est l’auteur de la première thèse universi­taire sur le roman policier algérien.

Journaliste professionnel depuis 1985, il anime à partir de 1997 une chronique d’humeur et d’humour sous le pseudonyme de Hakim Laalam, d’abord au quotidien Liberté et aujourd’hui au Soir d’Algérie. Il a publié plusieurs recueils de ces billets.

En 2013 est paru aux éditions Koukou son premier roman intitulé Rue Sombre, au 144 bis.

Jerónimo Páez López (ES)

Jeronimo Paez Lopez est né en 1944 à Granada et a étudié au Collège Matistas, puis plus tard à la faculté de droit. Après avoir exercé le métier d’avocat pendant trois ans en Catalogne, il est contraint de revenir dans sa ville natale suite au décès de son père en 1960. Pendant la transition espagnole, il fonde le Club Larra, forum de débats de grande influence politique et culturel à cette époque.

Il est le Directeur de la Fondation El Legado Andalusí depuis sa création, et travaille depuis plusieurs années à la promotion des relations entre l’Espagne et le monde arabo-musulman, qui a été très impor­tant dans l’évolution historique et culturelle espagnole. Dans son travail en tant qu’éditeur figurent des titres historiques tels que Le Voyage d’Ali Bey en Afrique et en Asie, Le Caire, la ville victorieuse, Villes d’Al-Andalus, La Alhambra, Tanger, la ville internationale ; ainsi que d’autres oeuvres plus actuelles telles que Maroc en transition, Islam et Liberté, Le mur de fer ou encore l’Economie Espagne-Maroc.

Actuellement, il collabore avec le quotidien El País, analysant l’actualité politique du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord.

Krisztina Nemes (HU)

Née en 1967 en Hongrie, Krisztina Nemes s’intéresse d’abord à l’histoire médiévale et étudie les sciences politiques à Glasgow en Ecosse. Elle poursuit ses études en histoire médiévales à Barcelone sans pour autant les achever, tout en validant un Master d’anglais et d’histoire à l’Université Janus Pannonius Pecs de Hongrie en 1994.

Ce diplôme lui permet alors d’entamer une carrière de traductrice-interprète tout en continuant ses études en histoire contemporaine et en études hispanique à l’Université de Szeged en Hongrie.

Aujourd’hui en 3e année de doctorat en histoire moderne à l’Université de Szeged, elle entreprend des recherches sur la relation entre la littérature et l’histoire, mettant l’accent sur le travail de Janus Moncada comme miroir de l’histoire contemporaine.

Sandra Petrignani (IT)

Sandra Petrignani est née à Piacenza en 1952 et vit aujourd’hui à Rome. Journaliste et écrivaine ita­lienne, elle est l’auteure dans les années 80 et 90 de romans italiens postmodernes comme Navigazioni di Circe (la navigation de Circé) paru chez Flammarion en 1998 et qui a reçu le prix Morante Opera Prima, Catalogo dei giocattoli (le Catalogue de jouets) paru chez Passeur en 1999, le roman visionnaire Vecchi, ou encore le recueil d’interviews de grandes écrivaines italiennes Le signore della scrittura.

Ses oeuvres les plus récentes sont le roman Dolorose Considerazioni del cuore (2009), le livre de voyage In mezzo il fiume (2010), l’émouvant Addio a Roma (2013) et son tout dernier livre Marguerite (2014), une biographie de l’écrivaine française Marguerite Duras.

Ion Pop (PO)

Ion Pop, est né en 1941, Il est Professeur honoraire à la Faculté des Lettres de l’Université «Babes-Bolyai», Cluj-Napoca et membre de l’Union des Ecrivains Roumains et du PEN Club Roumain. Il est aussi le rédacteur en chef et directeur de la revue «Echinox» de 1969 à 1983. Assistant associé à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle de 1973 à 1976 il sera ensuite directeur du Centre Culturel Roumain à Paris de 1990 à 1993. Ion pop compte de nombreuses publications poétiques telles que; Projets pour une fontaine (1966), Ma pauvre sagesse (1969), Grammaire tardive (1977), Le soleil et l’oubli (1985), L’ajournement général (1990), La découverte de l’oeil (2002), Elégies en offensive (2003), Lettres et abeilles (2010) ainsi que Devant la mer (2011).

L’auteur s’attelle également à la rédaction de livres de critique et d’histoire littéraire avec L’avant-garde poétique roumaine (1969), La poésie d’une génération (1973), Nichita Stanescu – l’espace et les masques de la poésie (1980), Le jeu de la poésie (1985), L’avant-garde dans la littérature roumaine (1990), Ecrire et être. Ilarie Voronca et les métamorphoses de la poésie (1993), Gellu Naum – la poésie contre la littérature (2001), Introduction à l’avant-garde littéraire roumaine (2007), De l’avant-garde à l’avant-garde (2010), L’escalier de la bibliothèque (2013). On lui compte également de nombreuses parutions en français ainsi que d’innombrables traductions de poésies et d’oeuvres du français au roumain et inversement.

Jamil Rahmani (DZ)

Jamil Rahmani, né à Alger, est médecin anesthésiste dans un hôpital de la région parisienne. Passionné de littérature et de voyage, il rencontre Michel Canesi dermatologue avec qui il partage les mêmes pas­sions; celle de l’humain et de la littérature. Ils s’associent pour écrire un premier roman Le syndrome de Lazare, publié en 2006 aux éditions du Ro­cher, dans lequel les deux hommes abordent les thèmes douloureux de la maladie et de la résurrection, et ceux éternels de la jeunesse et de l’amour. Cet ouvrage qui traite de l’émergence du sida à Paris a inspiré le metteur en scène André Téchiné pour son film Les Témoins.

En 2010, les deux amis signent un nouveau roman, plus précisément un roman policier, La douleur du fantôme, publié aux éditions Phébus : «Un thriller français aux accents à la fois baroques et ultra-contem­porains.» Ce livre a pour décor l’Opéra de Paris où une jeune fille, adepte d’internet, mène l’enquête sur une série de crimes dont elle est le témoin involontaire. En 2012, paraît aux éditions Naïve leur troisième roman, Alger sans Mozart qui a pour toile de fond les soixante dernières années de l’Algérie et relate l’histoire d’une pied noire restée en Algérie après l’indépendance. Le roman a été sélectionné par le Jury Goncourt parmi les dix meilleurs romans de l’été 2012.

En 2013, ils publient Siamoises, un roman sur l’ondoyance de l’être, sur son incapacité à s’approprier le réel. Les deux auteurs étudient un cas psychiatrique avec beaucoup de pertinence, ils s’y attardent non pas de l’extérieur par une description objective, mais plutôt de l’intérieur. Ils s’intéressent à la part secrète de nous-mêmes que la société, la médecine, voudraient extirper. Cette part qui nous aide à vivre.

Anja Snellman (FI)

Anja Snellman, née en 1954, compte parmi les auteurs finlandais les plus réputés, notamment grâce à ses romans d’actualité qui ont su à maintes reprises attirer l’attention du lectorat et donner lieu à des débats passionnés. Les lecteurs contemporains raffolent de l’univers aux multiples facettes que l’auteure crée dans ses romans et auquel ils s’identifient, ce qui lui vaut une forte notoriété. Chroniqueuse de la société actuelle et de l’humanité qui la peuple, Anja Snellman se démarque par son utilisation virtuose de la langue, sa sensualité osée, son délectable humour noir, son goût de l’absurde et sa touchante compassion pour ses personnages. Ses ouvrages mêlent le personnel et l’universel, la fiction et le docu­mentaire, tissant des récits urbains habiles au service d’une littérature intransigeante s’adressant à un large public.

Récompensée à de nombreuses reprises, Anja Snellman a écrit plus de vingt romans, trois recueils de poèmes et deux ouvrages documentaires. Ses ouvrages ont été traduits dans plus de vingt langues. Sa vingtaine de romans et ses trois recueils de poèmes publiés à ce jour se sont avérés être à la fois des best-sellers et des valeurs sûres : avec plus de 100 000 exemplaires écoulés, son premier roman Sonja O. kävi täällä, a été le premier roman le plus vendu en Finlande, où il a fait sensation dans le milieu littéraire. Ce classique moderne est vite devenu un ouvrage d’initiation qui se transmet désormais de mère en fille.

Anja Snellman est titulaire d’une licence en Lettres et sciences humaines de l’Université d’Helsinki, où elle a étudié la psychologie appliquée, la philologie anglaise, le français, le russe et la littérature généra­liste et nationale. Egalement formée à l’écriture scénaristique à Los Angeles, elle est aussi une journaliste de renom officiant aussi bien dans la presse traditionnelle qu’à la télévision, où elle a présenté plusieurs talk-shows matinaux. Elle termine actuellement sa quatrième année d’études en psychothérapie orien­tée vers les solutions.

Anja Snellman cherche sans cesse à étendre le domaine de la littérature. C’est avec cet objectif en tête qu’elle a présidé pendant cinq ans le Comité de programmation du Salon du livre d’Helsinki. Comme l’a écrit son auteur préféré, Michael Ondaatje : « Je n’avais qu’un désir, marcher sur une terre privée de cartes.»

Mahmoud Tarchouna (TU)

Né en 1941 à Sfax en Tunisie, Mahmoud Tarchouna est à la fois romancier et chercheur reconnu. Après l’obtention de sa licence en littérature arabe à Tunis, il commence à enseigner tout en continuant ses études. Une fois son agrégation d’Arabe obtenue à l’Université Paris III, il présente à l’Université de La Sorbonne une thèse de littérature comparée sur «Les Marginaux dans les récits arabes et le roman picaresque espagnol», publiée par l’Université de Tunis en 1982, puis traduite en arabe en 2010.

Il occupe diverses responsabilités : assistant, maître-assistant, maître de conférences, puis professeur de l’enseignement supérieur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Tunis, puis de La Man­nouba jusqu’en 2004. Il assure parallèlement un engagement civil sur la scène littéraire ainsi que dans le secteur de l’enseignement supérieur en Tunisie. En effet, Mahmoud Tarchouna est membre fondateur du Syndicat de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, du Conseil Scientifique de la Faculté des Lettres, et est aussi membre du comité directeur de l’Union des Ecrivains Tunisiens et de plusieurs jurys de prix littéraires en Tunisie et en Egypte. De 1993 à 1999 il publie plusieurs romans : Donia, La Statue, et Le Miracle (traduit en français en 2010). De 1978 à 2013 Mahmoud Tarchouna se concentre sur la recherche. Il publie une douzaine de livres de recherche et de critiques littéraires sur le roman tunisien et arabe, les approches méthodologiques, la narratologie, et la littérature comparée appliquée aux Mille et une Nuits. Il est alors également l’auteur d’une étude et d’une édition critique des Cent et une Nuits (livre traduit en portugais, en russe, en allemand et en japonais). Mahmoud Tarchouna s’attelle aussi à la tra­duction de quatre livres dont un roman (La Prière de l’absent de Tahar Ben Jalloune). Il donne également des conférences dans différents pays du Maghreb, du Moyen-Orient (en Egypte, en Syrie et en Irak), d’Europe (en France, en Espagne, en Angleterre, et en Italie), d’Amérique latine (au Brésil), et d’Asie (en Russie, en Ouzbékistan, en Iran et au Japon). Le travail de Mahmoud Tarchouna est récompensé à deux reprises : en 1998 par le Prix National des Lettres et des Sciences Humaines et en 2008 lorsqu’il est nommé Professeur Emérite à l’Université 2008.

Abdelkrim Tazrout (DZ)

Abdelkrim Tazrout, journaliste au long et riche parcours, aurait pu être lui aussi un artiste ! S’il utilise sa plume, son don naturel pour l’écriture, pour retracer des portraits d’artistes renommés, c’est grâce à sa sensibilité pour l’art en général, et au chant et à la musique plus particulièrement.

Abdelkrim Tazrout nous aide à comprendre les vrais talents et le vrai génie. A la lecture de ces biogra­phies on touche du doigt tout le chemin ardu qui mène au succès, pour les femmes plus que pour les hommes, qui, comme il le dit, ont su braver le poids des traditions, surmonter et faire fi des mentalités pour, enfin, s’imposer. C’est au prix de douloureuses trajectoires, d’enfances pour la plupart difficiles, de milieux hostiles, que les chemins se sont tracés, souvent par un passage par l’exil, celui qui forge et exacerbe les détermina­tions. Mais surtout que retient-on ? Qu’un génie tout seul ne suffit pas, seule la magie d’une rencontre peut le faire éclore ; ce genre de rencontre que l’on n’a qu’avec un Guerouabi, un Mahboub Bati, une Seloua, un Missoum ou un Boudjemia Merzak, une Nouara et un Cherif Khedam, une Nadia Benyoucef ou encore un Derriassa.

Une voix qui trouve sa voie ! Des voix extraordinaires révélées par des compositeurs tout aussi géniaux : un bijou qui trouve un écrin à sa taille.

Takis Théodoropoulos (EL)

Romancier et essayiste, actuellement éditorialiste au quotidien d’Athènes Kathimerini, Takis Théodoro­poulos est né à Athènes.

En 1999 il est décoré du prix d’Académie d’Athènes pour son oeuvre La force du dieu obscur, et en 2004 il reçoit le prix du rayonnement de la langue et de la littérature française de l’Académie française. Entre 2010 et 2011 il est Directeur du Centre National du Livre de Grèce. Il écrit plus que 20 romans. Parmi ses oeuvres traduites en français on retrouve Le Paysage Absolu publié chez Actes Sud, ainsi que Le roman de Xénophon et Le va nu pied des nuages, tout deux aux éditions Sabine Wespieser. Son essai Nous sommes tous gréco-latins, écrit directement en français, est paru aux éditions Flammarion.

Samir Toumi (DZ)

Samir Toumi est né à Alger en 1968. Ingénieur de l’Ecole Nationale Polytechnique d’Alger, ingénieur spécialiste de l’Ecole Supérieure des Mines de Nancy, il est également titulaire d’un DEA en Génie des Systèmes Industriels de l’Institut National Polytechnique de Lorraine. En 2004, il fonde à Alger une en­treprise de Conseil en Ressources Humaines, qu’il dirige encore aujourd’hui.

C’est en 1990 qu’il quitte l’Algérie pour poursuivre ses études en France. Il s’y établit à temps plein durant 7 ans, puis la quitte pour la Tunisie. Il partage ainsi son temps professionnel entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Il décide de s’établir de nouveau en Algérie en 2004.

Samir Toumi a produit et animé des émissions de radio sur Alger Chaîne 3 entre 1987 et 1990. A son retour, il y produit et anime une émission pendant un an. Depuis juillet 2013, Samir Toumi compte parmi les chroniqueurs de la revue l’Impossible, fondée par Michel Butel et dirigée par Béatrice Leca. Alger, le Cri est son premier livre. Il est publié aux Editions Barzakh.

Smaïl Yabrir (DZ)

Né le 5 octobre en 1979 à Djelfa, la capitale des tribus des Ouled Naïl, Smaïl Yabrir est un écrivain algé­rien de langue arabe. Il puise dès son plus jeune âge ses connaissances et les qualités de sa plume dans lecture de la littérature arabe encouragée par son père, architecte francophone. Avant d’obtenir sa licence en sciences de l’information et de la communication, il exerçait déjà le métier de journaliste et chroniqueur en assurant la publication de nouvelles et de poésies dans des journaux et magazines nationaux.

En 2008, son premier recueil de poésie Toukousse Oula (premiers rituels) voit le jour, dans la même année il reçoit le prix national du meilleur roman pour Les anges de Laveran, publié en 2009, ainsi que pour son deuxième recueil intitulé Etamrine aou ma yafalouhou echair adaten (l’exercice ou ce que fait le poète habituellement) dans lequel il exerça de nouvelles techniques poétiques. Le succès ne le quitta plus, en 2011 il obtint le prix arabe Sharjah aux Emirats arabes unis pour une pièce de théâtre qu’il a intitulée Le narrateur dans l’histoire. En 2012, il finit son mémoire de Master en journalisme socioculturel portant sur la situation socioécono­mique des journalistes culturels en Algérie, et il obtient le prestigieux prix international Tayeb Saleh au Soudan pour son roman Le testament du débile, le livre des morts contre les vivants, on lui reconnaît dans ce roman un talent inédit de conter et raconter les malheureux et pauvres citoyens oubliés de l’Algérie profonde.

Monica Zak (SE)

Ecrivain journaliste et productrice de documentaires télévisés, Monica Zak écrit son premier livre en 1971. Elle a depuis a publié plus de 47 ouvrages, en majorité des écrits de littérature jeunesse et enfants. Son intérêt porte particulièrement sur les droits de l’enfant à travers le monde. En 1965, elle entreprend un voyage de 7 ans au cours duquel elle traverse la Mer du Nord, l’Atlantique, visite les îles des Caraïbes, et une partie de l’Amérique du Sud et centrale. Grâce à ce voyage, son intérêt et son amour pour l’Amé­rique latine ne font que grandir. Depuis, elle publie de nombreux ouvrages sur le Pérou, le Panama, le Nicaragua, le Costa Rica, le Salvador, le Guatemala, le Mexique et le Honduras.

Monica Zak compte ainsi une bibliographie hispanophone avec : Salve mi selva (1989), Paloma y el secre­to de las pirámides (1991), La hija del puma (1997), Piedra Santa (2004), Alex Dogboy (2005), Colin y los monos (2006), El niño que vivía con avestruces (2006). Ces dernières années elle s’intéresse à la tradition littéraire orale et recueille, à travers différents pays, des contes d’horreur grâce auxquels elle publie trois livres, dont plusieurs se déroulent en Amérique latine. En 2002 elle s’est vue décerner le prix Bokjuryn pour son roman Vampire’s tongue nominé roman de l’année par 16000 lecteurs âgés de 14 à 19 ans.   

 

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