Relations de l'UE avec la République démocratique du Congo

La République démocratique du Congo (RDC) est un vaste pays de plus de 2,3 millions de km². Riche en ressources naturelles (minerais, forêts, pétrole et terres agricoles), il compte plus de 60 millions d'habitants, issus de 200 groupes ethniques. Toutefois, en dépit de ces immenses richesses, la pauvreté règne et la situation économique et sociale du pays, déjà fragilisée, a été lourdement aggravée par l'augmentation du prix des denrées alimentaires et la crise financière. L'indice de développement humain de la RDC est un des plus faibles au monde: 0,361, ce qui place le pays au 177e rang sur 179, selon les données du PNUD. Cette situation est la conséquence des longues années de dictature sous la présidence du général Mobutu, puis des guerres régionales (en1997 et de 1998 à 2002), qui ont fait entre quatre et cinq millions de morts, selon les estimations. Aujourd'hui, la RDC est considérée comme un pays fragile, en situation de post-conflit.

Des progrès notables ont néanmoins été enregistrés depuis la signature de l'accord de paix de Sun City, en 2002. La période de transition post-conflit a débouché sur la mise en place d'institutions légitimes à la suite des élections de 2006, considérées comme libres et régulières par la plupart des observateurs présents sur le terrain (http://www.moeuerdcongo.org/). De plus, une importante dynamique s'est mise en place début 2009 en faveur d'un rapprochement durable entre la RDC et ses voisins de l'est, en particulier avec le Rwanda, ce qui joue un rôle essentiel dans la stabilisation à long terme de la région des Grands Lacs. Les accords de paix d'Ihusi, signés en mars 2009 avec les groupes rebelles congolais, constituent également un pas vers l'instauration d'une paix durable à l'est de la RDC.

Principaux enjeux des relations entre l'UE et la RDC

Le document de stratégie de la Commission européenne consacré à la République démocratique du Congo pour la période 2008-2013 prévoit un budget de 584 millions d'euros (enveloppes A et B) au titre du 10e Fonds européen de développement (FED). La Commission entend ainsi soutenir la reconstruction de la RDC tout en poursuivant les efforts de stabilisation dans certaines régions du pays. À la suite des consultations menées avec le gouvernement et en coordination avec les autres donateurs, la Commission s'est engagée à axer ses interventions futures sur la reconstruction matérielle (infrastructures de transport, notamment) et sur la reconstruction de l'État, grâce au renforcement de la bonne gouvernance. Elle poursuivra également ses actions en faveur de la santé et de la protection de l'environnement. En outre, la RDC devrait continuer à bénéficier de fonds supplémentaires au titre des lignes budgétaires de la Commission, en particulier d'une aide du service d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO), qui s'est élevée à 45 millions d'euros en 2009 et en 2010.

La paix, la sécurité et la stabilisation dominent les relations entre la Commission et la RDC. La Commission participe activement, avec les États membres et la communauté internationale, au rétablissement de la paix et de la stabilité dans l'est du pays et suit le processus avec attention. Elle figure parmi les principaux bailleurs de fonds dans la région. Depuis 2003, elle a consacré 300 millions d'euros à des programmes d'aide humanitaire, de reconstruction et de développement des capacités et elle a récemment renforcé son soutien, notamment par des initiatives européennes et une collaboration étroite avec les Nations unies.

Comme il le déclare dans son contrat de gouvernance, le gouvernement de la RDC considère l'amélioration de la gouvernance comme un facteur essentiel de redressement du pays, notamment en ce qui concerne la réforme du secteur de la sécurité, la décentralisation, les finances publiques, la réforme des entreprises publiques et de l'administration, la gestion des ressources naturelles et les conditions d'investissement. Le contrat de gouvernance a été intégré au programme d'action prioritaire (PAP) du gouvernement.

La Commission et les États membres œuvrent activement à la stabilisation durable de la RDC par la réforme du secteur de la sécurité, qui comprend l’armée, la police et la justice. L'UE est présente sur le terrain dans le cadre de deux missions (EUSEC et EUPOL) déployées depuis 2005, dont le but est d'assister et de conseiller le gouvernement de la RDC dans ses efforts de réforme et de reconstruction de la police et de l'armée. La Commission fournit également un soutien actif aux forces de police (10 millions d'euros) et au secteur de la justice, où elle est un des intervenants essentiels. Elle vient de débloquer 21 millions d'euros en faveur de l'ambitieux plan de réforme de la justice qui doit être mis en place au cours des prochaines années, ce qui portera son aide dans ce domaine à 60 millions d'euros depuis 2003. La Commission a été l'un des principaux donateurs (165 millions d'euros) à soutenir les élections législatives et présidentielles de 2006. En collaboration avec la communauté internationale, elle continuera à soutenir le processus de démocratisation, alors qu'un nouveau cycle électoral est en train d'être mis en place.

République démocratique du Congo (RDC)
Éléments concernant la réaction de l’Europe à la crise (novembre 2008)


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