le Tchad
Le Tchad est un pays fragile dans un contexte sous-régional très sensible (crise au Darfour); il est classé au 175ème rang sur 182 pays selon le dernier Indice de Développement Humain. En tant que pays pétrolier depuis 2005 seulement, le Tchad n'a pas encore tiré suffisamment parti du potentiel du pétrole. Le pétrole a cependant permis au pouvoir en place d'entreprendre une gestion des finances publiques marquée par de grands investissements, notamment dans le domaine des infrastructures routières.
Au cours des trois dernières années, l'environnement politique et sécuritaire a été marqué par des périodes de grande instabilité, dont le point culminant a été, en février 2008, une attaque de la rébellion jusque dans la capitale. Il y a eu par la suite des signes d'une accalmie et de l'affaiblissement de la rébellion ainsi qu'un début d'une "normalisation" progressive des relations entre le Tchad et le Soudan. Cette normalisation est la clé de voûte de l'actuel environnement propice à la légitimation électorale du pouvoir en place et à l'ouverture démocratique en cours.
La tenue d'élections législatives crédibles fin 2010 constitue l'un des principaux enjeux dans le cadre de la mise en œuvre de l'Accord politique inter-tchadien du 13 août 2007 et du processus de stabilisation et de consolidation de la démocratisatie au Tchad.
Le programme 10ème FED (Fonds européen de développement 2008-2013) au Tchad prévoit de contribuer à la bonne gestion des affaires publiques et à la sécurité dans le pays afin de favoriser un cycle de croissance économique durable et de réduction de la pauvreté, notamment en renforçant la capacité d’absorption des revenus pétroliers. Le programme indicatif d’un montant de 311 M€ est divisé en deux domaines de concentration :
En outre, un dialogue politique formel et structuré dans le cadre de l'art.8 de l'Accord de Cotonou a été lancé début novembre 2009 en appui au processus de réformes politiques et économiques.
En date du 15 janvier 2010, le gouvernement du Tchad a informé le Secrétaire général des NU de son souhait de voir la MINURCAT se retirer du Tchad à compter du 15 mars 2010, à l'expiration de son mandat. Le 25 mai 2010 – et suite à de très difficiles négociations entre les NU et les autorités tchadiennes ‑ le Conseil de Sécurité a adopté à l'unanimité la résolution 1923 qui organise le retrait en deux temps de la MINURCAT jusqu'au 31 décembre 2010.
L'UE a respecté la décision souveraine prise par les autorités tchadiennes d'un retrait anticipé de la MINURCAT dans un contexte géostratégique différent (rapprochement entre le Tchad et le Soudan). L'UE s'engage, par ailleurs, à aider les autorités tchadiennes pour la pérennisation des acquis de l'EUFOR et de la MINURCAT en matière de stabilisation régionale et locale.
En 2010, l'UE a continué de soutenir les opérations humanitaires à l'Est du Tchad à hauteur de 28 M€. En 2011, ce soutien sera maintenu à condition que la sécurité dans la zone soit suffisante pour en permettre l'accès aux bénéficiaires et aux acteurs humanitaires.