Relations de l'UE avec l'Angola

l'Angolal'Angola

L’Angola est un pays du sud-ouest de l’Afrique, situé le long de l’océan Atlantique. Il a pour voisins la République démocratique du Congo et la Zambie, à l'est, et la Namibie, au sud. Il compte quelque 17,4 millions d’habitants, pour une superficie totale de 1 246 700 km². Le pays connaît un taux de croissance d'environ 3 %, favorisé par le taux de fertilité le plus élevé au monde (sept enfants par femme en moyenne). Le pays, colonie portugaise jusqu'en 1975, a été dévasté par une longue et brutale guerre civile, qui a éclaté au lendemain de l'indépendance et a duré jusqu'en 2002.

Après des élections législatives organisées en septembre 2008 sous la surveillance de la communauté internationale, l'Angola traverse actuellement une période de stabilisation politique. Sur le plan économique, son redressement est impressionnant: le taux de croissance à deux chiffres que le pays a connu depuis 2004 (jusqu'à la crise économique et financière mondiale) était le plus élevé de toute l'Afrique. Deuxième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, l'Angola tire la plupart de ses revenus de l'«or noir». De récentes réformes macroéconomiques ont contribué à renforcer la transparence et la responsabilisation en matière de gestion des finances publiques. Les dépenses publiques, qui ont augmenté de façon spectaculaire, sont axées sur la réhabilitation des infrastructures, tandis que des efforts sont consentis pour favoriser la diversification économique, notamment dans les secteurs minier, agricole et de la pêche, qui étaient les piliers de l'économie du pays avant son indépendance.

Malgré un revenu par habitant plus élevé que celui de la plupart des pays subsahariens, l'Angola affiche encore des indicateurs inférieurs à la moyenne en matière d'espérance de vie à la naissance et d'éducation. La richesse du pays est encore fortement concentrée, et les rares données disponibles font état d'une extrême pauvreté, en particulier dans les zones périurbaines et rurales, où l'insécurité alimentaire atteint des niveaux alarmants. Les carences en matière d'hygiène et de soins de santé sont à l'origine d'une mortalité maternelle et infantile élevée et de maladies endémiques telles que le paludisme et la tuberculose. Les épidémies de poliomyélite, de rougeole, de méningite et de choléra connaissent également une recrudescence, tout comme la maladie du sommeil et le VIH/sida. Cependant, l'Angola a entrepris de surmonter ces handicaps, l'essor économique actuel ayant permis aux autorités de consacrer en moyenne 35 % des ressources budgétaires aux secteurs sociaux.

L'Angola compte parmi les pays africains les plus riches sur le plan de la biodiversité, mais il doit se montrer à la hauteur d'importants défis environnementaux, dont la surexploitation des pâturages, l’érosion des sols, la déforestation due à l'exploitation des industries forestière et minière, la mauvaise utilisation de l'eau douce, le braconnage et la pollution marine par les hydrocarbures.

Points clés des relations entre l'UE et l'Angola

Coopération au développement

L'Angola dispose d'importantes ressources, mais ses faibles capacités institutionnelles et son manque de main-d'œuvre qualifiée comptent parmi les principaux freins au développement du pays. Aussi la coopération entre l'UE et l'Angola a-t-elle pour objectif premier de contribuer à son développement durable grâce au soutien institutionnel et au renforcement des capacités. Le nouveau document de stratégie UE-Angola pour la période 2008-2013, fondé sur la stratégie du gouvernement destinée à lutter contre la pauvreté et à réaliser les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), porte sur un montant total de 214 millions d'euros.

Dans ce cadre, les principaux domaines de coopération UE-Angola sont les suivants:

1. En ce qui concerne la gouvernance, la démocratie, les droits de l'homme et le soutien aux réformes économiques et institutionnelles, l'objectif est de favoriser les réformes en question, de renforcer la gouvernance et les services publics, et d'améliorer la situation en matière de droits de l'homme. Les principaux domaines de coopération sont la modernisation de l'administration publique, l'amélioration de la gestion des finances publiques et la réforme de la justice.

2. Dans le domaine du développement humain et social , l'objectif est d'accélérer les progrès de l'Angola en ce qui concerne la réalisation des OMD en matière de pauvreté, de santé et d'éducation. Les mesures prises à cet effet concernent l'aide aux organisations tant gouvernementales que non gouvernementales, en vue d'améliorer l'accès aux services sociaux de base, ainsi que la qualité de ceux-ci. La coopération dans ces domaines passe par des programmes sectoriels relatifs à l'éducation, la santé, la protection des catégories vulnérables, l'eau et l'assainissement, ainsi que la réhabilitation, la construction et l'équipement des infrastructures sociales, essentiellement au niveau municipal.

3. Étant donné l'insécurité alimentaire élevée et la dépendance vis-à-vis de la production agricole, le développement rural, l'agriculture et la sécurité alimentaire constituent la troisième priorité. Des activités de déminage, liées au développement de l'agriculture, sont également prévues dans ce cadre. Parmi les grands domaines de coopération figurent l'adaptation et la diversification des exploitations agricoles de petite taille, la réinsertion économique et sociale des catégories vulnérables, le déminage et les activités de sécurité qui y sont liées, ainsi que les infrastructures de base aux niveaux rural et municipal.

4. Enfin, des aides sont prévues en ce qui concerne le secteur de l'eau, le développement du commerce, les acteurs non étatiques et la gestion de la biodiversité.

Accord de partenariat économique (APE)

Les progrès réalisés en vue d'un accord de partenariat économique (APE) sont encore limités. L'Angola n'a pas encore signé l'APE intérimaire dans le cadre de la Communauté de développement de l'Afrique australe (CDAA).

Angola-UE : Ensemble en avant

Étant donné le rôle majeur que joue l'Angola en Afrique, la volonté du pays d'occuper une position importante sur la scène internationale, sa participation accrue aux organisations multilatérales, régionales et autres, la poursuite de son processus de démocratisation, ainsi que son potentiel économique, l'UE et l'Angola veulent faire passer leurs relations et leur coopération politique à la vitesse supérieure, grâce au processus «Angola-EU Joint Way Forward» («Angola-UE: Ensemble en avant»). À l'ère de la mondialisation, l'UE et l'Angola mènent un dialogue intensif guidé par les principes fondamentaux que sont l'appropriation et la responsabilité conjointe, ainsi que l'interdépendance entre l'Afrique et l'Europe. Ce processus permanent et inclusif, auquel participent les partenaires publics et privés à différents niveaux de responsabilité, doit permettre aux deux parties de résoudre des problèmes généraux d'intérêt commun, et ainsi de transcender la vision actuelle de l'aide au développement.